⚡ Points Clés

L’ANPDP algérienne a publié la Délibération n° 02 le 4 mars 2026, fixant les règles de vidéosurveillance au travail au titre de la loi 18-07 : une durée de conservation maximale d’un an, une signalétique obligatoire, un accès restreint, l’interdiction des caméras dans les espaces privés et l’interdiction de connecter les systèmes du secteur public à Internet.

En résumé : Les entreprises algériennes devraient auditer leurs caméras dès maintenant, installer une signalétique et adopter une politique documentée de conservation d’un an et d’accès — et envisager les prestataires locaux de privacy-tech pour la mise en conformité.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

La vidéosurveillance est déployée dans presque tous les lieux de travail algériens ; cette délibération touche donc usines, commerces, banques, écoles et bureaux à l’échelle nationale.
Calendrier d’action
Immédiat

La délibération est déjà en vigueur ; les organisations devraient auditer leurs caméras, poser une signalétique et documenter leurs politiques de conservation dès maintenant plutôt qu’attendre le renforcement de l’application.
Parties prenantes clés
Directeurs RH, équipes juridiques, responsables des installations, prestataires tech

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Type de décision
Tactique

Cela exige des étapes opérationnelles concrètes — un audit des caméras, le déploiement d’une signalétique et une politique écrite de conservation et d’accès — plutôt qu’un virage stratégique de long terme.
Niveau de priorité
Élevé

Une surveillance non conforme expose la vie privée des employés et fait courir un risque juridique, et les obligations sont assez précises pour agir immédiatement.

En bref : Les entreprises algériennes devraient inventorier chaque caméra, retirer celles pointant vers des zones privées, poser une signalétique claire et verrouiller une politique documentée de conservation d’un an et d’accès. Les petites structures sans capacité juridique interne peuvent externaliser l’audit et les démarches auprès de consultants locaux en conformité et de prestataires privacy-tech — transformant l’obligation en un livrable prévisible.

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Un cadre concret pour une technologie du quotidien

La vidéosurveillance est l’une des technologies les plus répandues dans les lieux de travail algériens — présente dans les usines, les commerces, les banques, les entrepôts, les écoles et les bureaux à travers le pays. Jusqu’à récemment, les entreprises installaient des caméras avec peu de directives formelles sur la manière de le faire en respectant la vie privée des employés et des visiteurs. Cela a changé le 4 mars 2026, lorsque l’Autorité Nationale de Protection des Données à caractère Personnel (ANPDP) — l’autorité nationale algérienne de protection des données — a publié la Délibération n° 02 sur la vidéosurveillance au travail.

La délibération traduit les principes généraux de la loi 18-07 — la loi de protection des données personnelles adoptée le 10 juin 2018 — en obligations spécifiques et applicables. Plutôt que de laisser les entreprises deviner ce que signifie une « surveillance licite », l’ANPDP a désormais tracé des lignes claires. Pour les organisations soucieuses de conformité, cette clarté est un atout : elle remplace l’ambiguïté par une liste de contrôle.

Le cadrage compte ici. Il ne s’agit pas d’une restriction à l’activité économique — c’est une feuille de route qui permet aux entreprises de déployer des caméras en toute confiance, en sachant exactement à quoi ressemble une exploitation conforme. Et parce que la conformité a désormais une forme définie, elle crée aussi une demande pour les produits et services qui aident les entreprises à s’y conformer.

Ce que la délibération exige réellement

Selon le compte rendu de TSA sur les nouvelles règles et la couverture d’Algérie Éco, la délibération énonce un ensemble clair d’obligations que toute organisation exploitant des caméras devrait anticiper.

Transparence et information. Les organisations doivent informer clairement les employés, les visiteurs et les partenaires de la présence de caméras. Cela passe par une signalétique visible ou des communications internes précisant l’emplacement des caméras et la raison de leur installation. La finalité de la surveillance se limite à sécuriser les personnes et les biens — non à surveiller les employés au-delà de cet objectif légitime.

Zones interdites. Les caméras ne peuvent pas être installées dans des espaces à forte dimension privée — toilettes, vestiaires et tout lieu destiné à préserver l’intimité des personnes sont exclus. C’est l’une des règles les plus claires et les plus faciles à auditer de toute la délibération.

Limites de conservation. Les enregistrements peuvent être conservés pendant un an au maximum, après quoi ils doivent être supprimés. Les images doivent également être stockées de manière sécurisée contre tout accès non autorisé ou tout usage abusif.

Contrôle d’accès. Seul le personnel spécifiquement désigné par le responsable du traitement — le responsable de la structure — peut accéder aux images enregistrées. Cela restreint le cercle des personnes autorisées à consulter des contenus sensibles.

Restriction Internet. Les administrations publiques et les entreprises d’État ont l’interdiction de connecter leurs systèmes de surveillance à Internet, une mesure qu’Algérie Éco présente comme une protection contre les fuites de données et le piratage des informations enregistrées.

Autorisation. L’installation de systèmes sans vision nocturne nécessite une autorisation préalable du wali territorialement compétent, accordée après consultation de la commission de sécurité de la wilaya. Les services de la défense et du ministère de l’Intérieur sont exemptés de cette étape.

Au fondement de tout cela, les articles 32, 34, 35 et 36 de la loi 18-07 préservent les droits des personnes à l’information, à l’accès, à la rectification et à l’opposition concernant leurs données personnelles enregistrées — des droits que les organisations doivent être prêtes à honorer.

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Ce que les entreprises devraient faire

La délibération est en vigueur dès maintenant ; la question pratique pour les directeurs des ressources humaines, les équipes juridiques et les responsables des installations est donc de savoir comment progresser rapidement vers une conformité démontrable. La bonne nouvelle, c’est que les obligations sont suffisamment concrètes pour être traduites en plan de projet.

1. Auditer vos systèmes de caméras existants au regard des nouvelles règles

Commencez par un inventaire. Cartographiez chaque caméra de vos installations : son emplacement, son champ de vision, la présence ou non de vision nocturne, son éventuelle orientation vers une zone interdite et le lieu de stockage de ses images. Signalez toute caméra couvrant des toilettes, des vestiaires ou des espaces de pause à forte attente de confidentialité pour un retrait ou un repositionnement immédiat. Pour les systèmes du secteur public et des entreprises d’État, vérifiez qu’aucun flux de caméra ne touche Internet. Cet audit est la base de tout le reste — sans lui, impossible de prouver la conformité — et il fait généralement émerger deux ou trois gains rapides (une caméra mal placée, un enregistreur non sécurisé) dès le premier après-midi.

2. Mettre à jour vos procédures d’information et de signalétique pour les employés

La conformité ne concerne pas seulement la technologie — elle concerne la communication. Installez une signalétique visible dans chaque zone surveillée et diffusez une communication interne qui indique aux employés, visiteurs et partenaires où se trouvent les caméras, pourquoi elles existent et que les images se limitent à sécuriser les personnes et les biens. Intégrez cette information à votre dossier d’intégration afin que chaque nouvelle recrue soit informée dès le premier jour. Documentez la date à laquelle vous avez posé la signalétique et diffusé l’information ; cette traçabilité transforme un « nous avons informé les gens » en une preuve qu’un inspecteur peut vérifier.

3. Mettre en place une politique documentée de conservation et d’accès aux données

Rédigez une politique courte et formelle qui fixe une durée de conservation inférieure ou égale au maximum d’un an, prévoit une suppression automatique après cette période et nomme les personnes précises autorisées à consulter les enregistrements. Associez-y des contrôles techniques : journaux d’accès, enregistreurs protégés par mot de passe et stockage chiffré lorsque c’est possible. Désignez un responsable comme responsable du traitement, garant du système, et assurez-vous que votre équipe peut réagir lorsqu’un employé exerce son droit, au titre de la loi 18-07, d’accéder aux images le concernant, de les rectifier ou de s’y opposer. Une politique qui n’existe que sur le papier sans être appliquée n’offre aucune protection — intégrez le calendrier de suppression directement dans le système.

4. Préparer votre déclaration et solliciter une expertise de conformité au besoin

Les organisations sont tenues de déclarer leur traitement de données à l’autorité nationale et, le cas échéant, d’obtenir l’autorisation du wali pour les installations sans vision nocturne. Traitez cela comme une étape administrative standard, non comme un obstacle. Les petites entreprises sans capacité juridique interne peuvent s’appuyer sur un vivier croissant de consultants locaux, de cabinets d’avocats et de prestataires privacy-tech capables de mener l’audit, de rédiger la politique et de gérer les démarches — transformant une obligation réglementaire en un livrable externalisé et prévisible.

Le tableau d’ensemble : l’opportunité d’une activité conforme à la protection de la vie privée en Algérie

La Délibération n° 02 fait plus que mettre de l’ordre dans les pratiques de vidéosurveillance — elle signale que la protection des données en Algérie passe du principe à la pratique. La loi 18-07 a posé le cadre en 2018 ; l’ANPDP l’opérationnalise désormais secteur par secteur, et la vidéosurveillance au travail en est un premier cas d’usage précoce et très visible. Les entreprises qui développent dès maintenant leur muscle de conformité auront bien plus de facilité à gérer la prochaine vague de directives sur la protection des données, quel qu’en soit le domaine.

Cette évolution comporte une dimension commerciale évidente. Chaque obligation de la délibération — l’audit, la signalétique, la politique de conservation, les contrôles d’accès, le stockage sécurisé — est un service ou un produit que quelqu’un peut fournir. L’Algérie dispose d’un vivier jeune et compétent de développeurs, d’ingénieurs en sécurité et de juristes bien placés pour bâtir des outils de gestion de la confidentialité, proposer de la conformité en tant que service et conseiller les milliers d’organisations qui exploitent des caméras. À mesure que l’application se renforce, la demande pour ces services croît avec elle.

Pour l’économie au sens large, un régime crédible de protection des données est aussi un signal de confiance. Les entreprises qui traitent les données des employés et des clients de manière responsable sont des partenaires plus attractifs pour les clients et investisseurs internationaux qui attendent de plus en plus des garanties de confidentialité comme exigence de base. Considérer la Délibération n° 02 comme la première étape d’un parcours de conformité plus long — plutôt que comme une corvée ponctuelle — positionne les entreprises algériennes pour rivaliser précisément sur les standards que le marché mondial récompense aujourd’hui.

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Questions Fréquemment Posées

Qu’est-ce que la Délibération n° 02 de l’ANPDP et quand entre-t-elle en vigueur ?

C’est une délibération publiée par l’Autorité Nationale de Protection des Données à caractère Personnel le 4 mars 2026, fixant les règles de vidéosurveillance au travail au titre de la loi 18-07. Elle est en vigueur dès maintenant ; les organisations exploitant des caméras devraient donc commencer à aligner leurs pratiques immédiatement — audit des systèmes, pose de signalétique et documentation des politiques de conservation et d’accès.

Combien de temps les entreprises algériennes peuvent-elles conserver les images de surveillance selon les nouvelles règles ?

La durée de conservation maximale est d’un an. Passé ce délai, les enregistrements doivent être supprimés, et pendant leur stockage, ils doivent être sécurisés contre tout accès non autorisé ou usage abusif. Les entreprises devraient configurer leurs systèmes pour supprimer automatiquement les images une fois la limite atteinte et documenter la mise en place de ce contrôle.

Où les caméras sont-elles interdites, et qui peut accéder aux enregistrements ?

Les caméras sont interdites dans les espaces à forte dimension privée — toilettes, vestiaires et tout lieu destiné à préserver l’intimité des personnes. L’accès aux images enregistrées est restreint au personnel spécifiquement désigné par le responsable du traitement, le responsable de la structure, ce qui restreint le cercle des personnes autorisées à consulter des contenus sensibles.

Sources et lectures complémentaires