⚡ Points Clés

L’Algérie compte 54,8 millions de connexions mobiles mais seulement 16 % des adultes utilisent les paiements numériques, avec 57 % de la population non bancarisée. Le cadre PSP de la Banque d’Algérie (Instruction No. 06-2025) et la Stratégie Fintech 2024-2030 ciblant 50 % de transactions sans espèces d’ici 2030 ont ouvert une voie réglementaire pour que Djezzy, Mobilis et Ooredoo lancent des produits de mobile money.

En résumé: Les fondateurs de fintechs algériens et les directeurs financiers d’entreprises devraient engager des conversations de partenariat avec les MNO maintenant — avant le lancement de la mobile money — pour influencer les normes d’interopérabilité qui régiront le marché pendant la prochaine décennie.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

Le taux de non-bancarisation de 57 % et les 54,8 millions de connexions mobiles font de la mobile money portée par les MNO la voie d’inclusion financière la plus évolutive disponible. Le cadre PSP 2025 de la Banque d’Algérie ouvre directement la porte réglementaire.
Calendrier d’action
6-12 mois

L’engagement du bac à sable dans la Stratégie Fintech 2024-2030 cible 2026. Les MNO doivent soumettre leurs candidatures maintenant pour être prêts à l’ouverture du bac à sable.
Parties prenantes clés
Banque d’Algérie, Djezzy, Mobilis, Ooredoo, startups fintech, directeurs financiers d’entreprises

Assessment: Banque d’Algérie, Djezzy, Mobilis, Ooredoo, startups fintech, directeurs financiers d’entreprises. Review the full article for detailed context and recommendations.
Type de décision
Stratégique

Cela nécessite des décisions de plateforme pluriannuelles — licences, conception de réseaux d’agents, partenariats bancaires — et non des ajouts de fonctionnalités tactiques.
Niveau de priorité
Élevé

L’entrée fintech des MNO restructurera le marché des paiements algérien dans un délai de 3 à 5 ans. Les premiers entrants fixent les normes que les suivants devront respecter.

En bref: Les directeurs financiers d’entreprises et les fondateurs de startups fintech algériens devraient engager des conversations avec Djezzy, Mobilis et Ooredoo maintenant — avant le lancement des produits de mobile money — pour influencer l’interopérabilité des portefeuilles MNO avec l’infrastructure bancaire. Le cadre PSP de la Banque d’Algérie est le signal de départ ; attendre un produit entièrement lancé pour réagir signifie céder les conditions du marché à celui qui agit en premier.

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L’écart d’inclusion financière que la 5G seule ne peut pas combler

L’Algérie compte 54,8 millions de connexions mobiles actives — plus de 116 % de sa population — pourtant seulement 16 % des adultes utilisent activement les paiements numériques. L’arithmétique est saisissante : un pays avec une couverture mobile quasi universelle ne parvient pas à faire payer la majorité de ses citoyens de façon numérique. Le goulot d’étranglement n’est pas la connectivité, c’est l’infrastructure financière, la confiance et l’absence d’un produit de mobile money adapté aux habitudes locales.

La population non bancarisée s’élève à environ 57 % des adultes algériens, selon le guide de l’économie numérique de trade.gov pour l’Algérie. Ce chiffre représente environ 23 millions d’adultes sans compte bancaire formel, mais presque tous possèdent un téléphone mobile. Au premier trimestre 2024, les paiements mobiles ont bondi de 71 % en glissement annuel — 12,5 millions de transactions enregistrées en un seul trimestre — suggérant que lorsque le produit est adapté, l’adoption s’accélère rapidement. L’application BaridiMob d’Algérie Poste dépassant 5 millions de téléchargements sur Android en est la preuve la plus tangible.

La question pour 2026 est de savoir si les MNO — Djezzy, Mobilis et Ooredoo — seront ceux qui combleront cet écart, ou s’ils resteront des fournisseurs d’infrastructure pendant que les fintechs et les institutions postales s’approprient la relation client.

Pourquoi les MNO ont un avantage structurel qu’aucune fintech ne peut reproduire

Les opérateurs de télécommunications possèdent trois actifs qu’aucune startup fintech ne peut acheter : une distribution nationale, une relation de facturation existante avec chaque abonné, et une vérification d’identité au niveau SIM qui satisfait au premier niveau des exigences KYC. Dans les marchés où la mobile money portée par les MNO s’est imposée — M-Pesa au Kenya, Orange Money au Sénégal, MTN MoMo en Afrique de l’Ouest — la formule gagnante consistait à déployer les services financiers via la SIM, et non via une application distincte.

Les trois MNO algériens ont collectivement investi près de 492 millions de dollars dans des licences 5G fin 2025, selon le rapport d’Ecofin Agency : Mobilis a payé environ 170,7 millions de dollars, Ooredoo 161,6 millions de dollars et Djezzy 159,2 millions de dollars. C’est un pari massif sur l’infrastructure, mais la 5G seule ne se traduit pas en revenus fintech. Si 12 à 15 % des revenus des MNO se déplaçaient vers des services fintech — portefeuilles numériques, paiements B2B — les analystes estiment cela à 350–440 millions de dollars par an d’ici 2030, sous réserve d’une ouverture réglementaire.

Cette ouverture réglementaire a commencé. L’Instruction No. 06-2025 de la Banque d’Algérie, publiée le 17 août 2025, a établi le premier cadre dédié aux Prestataires de Services de Paiement (PSP) — 36 articles couvrant les portefeuilles numériques, les réseaux d’agents et la protection des fonds des consommateurs. Pour les MNO souhaitant formaliser des produits de mobile money, c’est le document réglementaire le plus important de la décennie.

La Stratégie Fintech 2024-2030 de l’Algérie fixe un objectif ambitieux : 50 % de toutes les transactions sans espèces d’ici 2030, avec un bac à sable réglementaire ouvert à au moins 20 startups fintech par an d’ici 2026.

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Le paysage concurrentiel : startups contre MNO contre Algérie Poste

L’écosystème fintech algérien compte actuellement environ 30 à 35 startups actives, dont Banxy (la première plateforme bancaire entièrement mobile du pays), ESREF Pay, UbexPay et Yassir. Ces entreprises avancent vite, mais se heurtent à un plafond de distribution : elles acquièrent des utilisateurs un téléchargement à la fois, sans relation de facturation préexistante.

Algérie Poste opère le réseau de distribution le plus profond du pays — des bureaux de poste dans chaque commune — et les 5 millions de téléchargements de BaridiMob en font la plus grande base d’utilisateurs de paiements numériques du pays. Le projet d’interopérabilité des paiements mobiles « Switch Mobile », désormais opérationnel, permet des virements interbancaires instantanés et des paiements par QR code entre toutes les banques algériennes et Algérie Poste. C’est l’infrastructure à laquelle la mobile money des MNO devrait se connecter.

Si les MNO obtiennent des licences PSP dans le cadre de la réglementation 2025 de la Banque d’Algérie, ils entrent sur un marché déjà animé mais sous-desservi. La différenciation ne viendra pas de la technologie — elle viendra de la manière dont les opérateurs structurent leurs réseaux d’agents, s’ils s’associent ou s’affrontent aux banques, et de l’agressivité avec laquelle ils fixent leurs prix pour le segment non bancarisé.

Ce que les parties prenantes algériennes devraient faire face à la fintech des MNO

1. Les régulateurs : finaliser la voie de licences PSP pour les MNO avant 2027

L’Instruction No. 06-2025 de la Banque d’Algérie a créé une base légale pour les PSP, mais n’a pas explicitement désigné les MNO comme éligibles à une catégorie de licence de mobile money autonome. L’action politique la plus urgente est de clarifier — dans une circulaire ultérieure ou un décret présidentiel — si les MNO peuvent détenir une licence PSP autonome ou doivent s’associer à une banque agréée. Laisser cette question ambiguë poussera les opérateurs vers des partenariats bancaires qui ralentissent l’innovation produit et maintiennent les prix élevés.

2. Les MNO : tester des portefeuilles mobiles dans le bac à sable PSP, pas lancer directement

Plutôt que d’attendre un cadre complet de licences de mobile money, Djezzy, Mobilis et Ooredoo devraient chacun postuler pour participer au bac à sable réglementaire que la Stratégie Fintech 2024-2030 s’engage à ouvrir d’ici 2026. Un pilote en bac à sable — géographie limitée, volumes de transactions plafonnés, surveillé par la Banque d’Algérie — accomplit trois choses simultanément : il génère l’apprentissage réglementaire dont la Banque a besoin pour rédiger un cadre permanent, il permet aux opérateurs d’affiner le produit pour le comportement algérien dominé par le cash, et il envoie un signal concurrentiel aux startups fintech que la voie MNO est ouverte.

3. Les directeurs financiers d’entreprises : intégrer l’acceptation des portefeuilles MNO dans les plans d’infrastructure de paiement 2027

Les entreprises qui paient des salaires, des factures fournisseurs ou des frais de livraison en espèces aujourd’hui doivent agir avant que la mobile money ne soit généralisée. La fenêtre pour influencer l’interopérabilité de la mobile money des MNO avec les systèmes bancaires d’entreprise est les 18 prochains mois. Les entreprises avec de grandes équipes non bancarisées (construction, agriculture, distribution) devraient approcher les MNO maintenant, avant le lancement des produits, pour négocier des partenariats de versement de salaires B2B.

4. Les startups fintech : se positionner pour le partenariat, pas pour la concurrence

Les 30 à 35 startups fintech actives en Algérie ne peuvent pas surpasser la distribution des MNO. La réponse stratégique n’est pas la concurrence mais le positionnement vertical : construire la couche d’identité (eKYC), la couche de scoring de crédit (utilisant les données de transactions) ou la couche d’acceptation marchande (terminaux POS, QR codes) dont les portefeuilles de mobile money des MNO auront besoin. Les startups qui essaient de reproduire le modèle de distribution MNO échoueront. Celles qui construisent une infrastructure complémentaire deviendront des cibles d’acquisition ou des partenaires de plateforme.

Où cela s’inscrit dans le pivot numérique algérien de 2026

L’entrée des MNO dans la fintech n’est pas un événement isolé — c’est l’étape suivante prévisible après une séquence de mouvements fondateurs : l’adhésion de la Banque d’Algérie au PAPSS pour les règlements transfrontaliers en 2025, la mise en service de la plateforme d’interopérabilité Switch Mobile, et le cadre PSP codifiant qui peut offrir des portefeuilles numériques.

La hausse de 71 % des transactions de paiement mobile au premier trimestre 2024 s’est produite sans produits de mobile money MNO sur le marché. Elle s’est produite parce que BaridiMob, les améliorations de l’infrastructure de SATIM et les premières startups fintech ont collectivement réduit les frictions suffisamment pour que les premiers adoptants changent de comportement. Si les MNO entrent avec tout le poids de leurs réseaux de distribution, la trajectoire d’adoption passe de graduelle à rapide.

Pour les objectifs de l’économie numérique algérienne — 50 % de transactions sans espèces d’ici 2030 — la participation des MNO n’est pas optionnelle. C’est le mécanisme par lequel la majorité non bancarisée, et pas seulement la minorité propriétaire de smartphones et de téléchargeurs d’applications, entre dans le système financier numérique.

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Questions Fréquemment Posées

Qu’est-ce qui empêche les MNO algériens de lancer la mobile money aujourd’hui ?

La principale barrière est la clarté réglementaire, pas la technologie. Bien que l’Instruction No. 06-2025 de la Banque d’Algérie ait créé un cadre de licences PSP pour les portefeuilles numériques, elle n’a pas explicitement désigné les MNO comme éligibles à des licences de mobile money autonomes en dehors d’un partenariat bancaire. Jusqu’à ce que la Banque d’Algérie émette une directive complémentaire clarifiant l’éligibilité des MNO, les opérateurs doivent soit s’associer à une banque agréée, soit attendre que le cadre du bac à sable offre une voie de test. La Stratégie Fintech 2024-2030 s’engage à ouvrir ce bac à sable d’ici 2026.

En quoi la mobile money MNO diffère-t-elle du BaridiMob d’Algérie Poste ?

BaridiMob est un portefeuille numérique adossé à une banque, exploité par Algérie Poste, qui détient déjà une licence bancaire et se distribue via des bureaux de poste dans tout le pays. La mobile money MNO fonctionnerait via des portefeuilles basés sur la SIM liés aux numéros de mobile plutôt qu’à des comptes bancaires, et atteindrait les utilisateurs via les propres réseaux d’agents, menus USSD et interfaces d’applications des MNO. La différence structurelle clé est que la mobile money MNO ne nécessite pas de compte bancaire — elle utilise la SIM comme compte. C’est ce qui la rend potentiellement plus puissante pour les 57 % non bancarisés qui n’ont pas non plus de compte d’épargne postal.

Que signifie l’adhésion de la Banque d’Algérie au PAPSS pour la mobile money MNO ?

L’adhésion de l’Algérie au Système de Paiement et de Règlement Panafricain (PAPSS) en 2025 permet des règlements transfrontaliers numériques en monnaies locales sans passer par des banques correspondantes en USD. Pour les produits de mobile money MNO, l’adhésion au PAPSS importe parce qu’elle étend l’infrastructure de règlement aux envois de fonds intra-africains — un cas d’usage massif pour les travailleurs algériens recevant de l’argent de la diaspora et pour les commerçants payant des fournisseurs à travers les frontières. Si les portefeuilles MNO peuvent se connecter au PAPSS, ils deviennent des outils transfrontaliers, ce qui élargit considérablement le cas commercial pour les opérateurs.

Sources et lectures complémentaires