⚡ Points Clés

L’Algérie a dépassé 21,9 millions de cartes de paiement interbancaires en circulation fin 2025, réparties 81 % Edahabia et 19 % CIB, avec des paiements internet en hausse de 179 % sur un an. Mais seuls ~80 000 TPE actifs desservent plus d’un million de commerçants — un taux d’acceptation de 8 % qui plafonne l’adoption réelle du sans cash.

En résumé : Les banques et fintech algériennes doivent basculer leur attention de l’émission de cartes vers l’acceptation marchande en 2026, en déployant soft POS et tap-to-phone pour convertir la base de 21,9 millions de cartes en volume transactionnel réel.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

L’émission de cartes, la densité TPE et l’économie d’acceptation déterminent directement si les objectifs sans cash et d’inclusion de la Stratégie Fintech 2024-2030 sont atteints ou glissent.
Calendrier d’action
Immédiat

Les décisions de déploiement TPE et d’acceptation marchande prises en 2026 fixent la trajectoire pour la pénétration sans cash de 2028-2030 ; attendre un an signifie perdre un cycle complet de déploiement.
Parties prenantes clés
Banques de détail, fondateurs fintech,
Type de décision
Tactique

Il s’agit d’une décision d’exécution et de déploiement sur les terminaux, la tarification et l’onboarding marchand, pas d’un pivot stratégique.
Niveau de priorité
Élevé

Combler l’écart d’acceptation est le plus grand déblocage pour les ambitions d’économie numérique de l’Algérie et toute catégorie — fintech, e-commerce, crédit PME — en dépend.

En bref : Les banques de détail algériennes devraient traiter 2026 comme l’année pour déployer soft POS et tap-to-phone à l’échelle plutôt que de dépendre uniquement des TPE physiques. Les fondateurs fintech devraient bâtir un outillage marchand — rapprochement, scoring crédit PME, agrégation QR — qui se pose sur la base de 21,9 millions de cartes, pas à côté.

Un Chiffre qui Veut Enfin Dire Quelque Chose

Pendant des années, les statistiques algériennes sur les cartes de paiement ressemblaient à une affiche aspirationnelle. Les cartes étaient émises, empilées dans un tiroir, utilisées une fois pour un retrait de salaire, puis ignorées. Ce cadrage n’est plus exact. Selon les chiffres compilés par GIE Monétique et relayés par la presse financière algérienne, le pays a terminé 2025 avec environ 21,9 millions de cartes interbancaires en circulation — un véritable doublement par rapport aux niveaux de 2022.

Le mix est révélateur : 81 % Edahabia (émises par Algérie Poste, environ 17,8 millions de cartes) et 19 % CIB (émises par le secteur bancaire, environ 4,1 millions de cartes). TSA-Algérie et Algerie Eco confirment tous deux la répartition 80/20 qui s’est maintenue sur plusieurs rapports trimestriels.

Croissance en Volume, pas Seulement en Émission

Le chiffre le plus intéressant se cache sous le décompte des cartes. El Watan rapporte que les paiements internet ont progressé de 179 % en 2025. Ce ne sont pas des retraits de salaire ou des rotations ATM — ce sont des règlements e-commerce, des factures d’utilités, des recharges mobiles, et une part croissante de transactions multi-commerçants. Le taux de croissance compte plus que le volume absolu car il traduit un changement comportemental, pas seulement un déploiement d’infrastructure.

Les paiements mobiles sont l’autre point positif. Baridi Pay, lancé par Algérie Poste, a atteint une adoption significative au second semestre 2025 avec l’expansion de l’acceptation QR chez les commerçants à Alger, Oran et Constantine. Pour la première fois, les consommateurs algériens ont un choix entre plastique et téléphone au point de vente.

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L’Écart d’Acceptation Reste le Sujet

L’émission est facile. L’acceptation est difficile. TSA-Algérie rapporte environ 80 000 terminaux de paiement électronique (TPE) actifs fin 2025, desservant une base commerciale de plus d’1 million de commerçants enregistrés. Soit environ 8 % de couverture — un chiffre qui explique pourquoi la plupart des cartes restent cantonnées au retrait cash.

Algerie Eco a rapporté un état antérieur en 2025 à 77 000 TPE actifs, montrant une tendance positive mais lente. Le goulot n’est pas la disposition du consommateur — c’est le coût du terminal, la vitesse d’onboarding marchand, et l’économie du MDR (taux de commission marchand) qui dissuade les petits détaillants d’absorber les frais de traitement.

Ce que Débloque le Chiffre — et ce qu’il Masque

Plus de 20 millions de cartes est un vrai jalon pour trois raisons :

1. Identité financière. Chaque carte Edahabia ou CIB est adossée à un compte. Même si ce compte dort comme véhicule d’épargne, le détenteur est désormais dans le système financier formel et peut être ciblé par des produits de crédit, d’assurance ou d’épargne — la prochaine phase de la poussée d’inclusion financière.

2. Règlement des factures numériques. Les compagnies d’utilités, Algérie Télécom, Mobilis, Djezzy, Ooredoo, et les autorités fiscales routent désormais des volumes significatifs via les rails carte. C’est le cas d’usage « collant » qui convertit les cartes d’ID en outils de transaction.

3. Activation du e-commerce. Les plateformes nationales — Yassir, Jumia, checkout Ouedkniss, Temtem — reposent toutes sur le règlement en ligne CIB/Edahabia. Sans 20+ millions de cartes, l’estimation du marché e-commerce à 7 milliards de dollars serait structurellement plafonnée.

Ce que le chiffre masque : le taux d’activation, la fréquence de transaction et l’économie marchande. Une carte utilisée six fois par an à un DAB n’est pas un instrument de paiement sans cash — c’est un outil de retrait sans reçu. La prochaine divulgation que GIE Monétique devrait publier est le taux de cartes actives (transactions par carte par mois) plutôt que le simple décompte en circulation.

Ce qui se Passe en 2026-2027

Le jalon est nécessaire mais pas suffisant. Pour convertir 20 millions de cartes en 50 % de transactions sans cash d’ici 2030, l’Algérie a besoin d’une densité TPE franchissant 20 % de couverture marchande (environ 200 000 terminaux actifs), d’une interopérabilité portefeuille mobile via un standard QR unifié, et d’une économie MDR qui fasse que les petits commerçants désirent — et non évitent — l’acceptation électronique.

Pour les banques, la question concurrentielle n’est plus « qui émet le plus de cartes ? » mais « qui construit le côté acceptation ? » Pour les fintech, l’opportunité se trouve dans l’outillage marchand : soft POS, tap-to-phone, tableaux de bord de rapprochement QR, et crédit PME bâti sur les données transactionnelles des cartes.

Le jalon des 20 millions est réel. Le prochain — 20 millions de cartes réellement transactives — est celui qui remodèle le commerce de détail algérien.

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Questions Fréquemment Posées

Combien de cartes de paiement sont en circulation en Algérie ?

GIE Monétique rapporte environ 21,9 millions de cartes interbancaires en circulation fin 2025, réparties 81 % Edahabia (environ 17,8 millions, émises par Algérie Poste) et 19 % CIB (environ 4,1 millions, émises par le secteur bancaire). Cela représente plus du double de la base de 2022, qui tournait autour de 10 millions de cartes.

Pourquoi cela ne s’est-il pas traduit en adoption sans cash ?

L’écart se trouve côté acceptation. L’Algérie compte environ 80 000 TPE actifs pour plus d’1 million de commerçants enregistrés — environ 8 % de couverture. La détention de cartes est largement répartie mais la plupart des petits commerçants n’ont pas d’infrastructure d’acceptation électronique, ce qui maintient les transactions en cash même lorsque le consommateur a une carte en poche.

Que doivent faire commerçants et fintech maintenant ?

Les commerçants devraient évaluer les solutions soft POS et tap-to-phone, qui coûtent une fraction d’un TPE traditionnel et réduisent l’onboarding à quelques jours. Les fondateurs fintech devraient bâtir un outillage PME — tableaux de bord de rapprochement, scoring crédit basé sur les flux de cartes, agrégation QR sur Baridi Pay, Chinaâ Pay et portefeuilles bancaires — qui monétise la base de 21,9 millions de cartes plutôt que concurrencer sur l’émission.

Sources et lectures complémentaires