⚡ Points Clés

La loi algérienne 18-05 (mai 2018) exige que tous les marchands en ligne s’inscrivent au CNRC sous le code 607.074, intègrent des passerelles de paiement certifiées Satim et hébergent leur site sur des serveurs algériens avec un domaine .dz. Un second parcours — le régime Auto-Entrepreneur via anae.dz à 0,5 % (IFU) — est disponible pour les prestataires de services numériques depuis 2024.

En résumé: Choisissez votre parcours d’abord : CNRC (code 607.074) pour les marchands de biens, Auto-Entrepreneur (anae.dz) pour les services numériques — puis intégrez une passerelle Satim avant le lancement, pas après.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevée
Calendrier d’action
Immédiat
Parties prenantes clés
Marchands en ligne, freelances de services numériques, opérateurs de plateformes e-commerce, agents CNRC, conseillers ANAE, autorités fiscales (DGI)
Type de décision
Tactique
Niveau de priorité
Élevé

En bref: Tout marchand algérien vendant des produits en ligne doit s’inscrire sous le code d’activité CNRC 607.074 et intégrer des passerelles de paiement certifiées Satim ; tout freelance de services numériques devrait évaluer la voie Auto-Entrepreneur (IFU 0,5% sur le chiffre d’affaires, activation en ligne en 30 jours) comme le chemin de moindre friction vers la conformité légale.

Le Cadre Juridique : Ce que la Loi 18-05 Exige Réellement des Vendeurs Algériens

La loi n° 18-05 du 10 mai 2018 est la loi principale de l’Algérie sur le commerce électronique. Elle définit le commerce électronique comme toute transaction commerciale réalisée par voie électronique — couvrant les biens, les services et le contenu numérique — et établit les droits et obligations des marchands en ligne comme des consommateurs.

Pour toute personne ou entreprise vendant en ligne à des résidents algériens, la loi impose des obligations qui couvrent l’inscription, l’infrastructure technique, la transparence des transactions et le traitement des paiements. Ces obligations s’appliquent qu’il s’agisse d’un freelance individuel, d’un petit marchand utilisant un réseau social ou d’un grand distributeur avec une plateforme e-commerce dédiée.

L’environnement réglementaire a évolué depuis 2018 grâce à des décrets d’application, des circulaires du ministère du Commerce et du ministère des Postes et des Télécommunications, et l’introduction du régime Auto-Entrepreneur en 2023-2024 — créant un second parcours d’inscription allégé spécifiquement pour les prestataires de services numériques. Comprendre quel parcours s’applique à un modèle commercial donné est la première décision de conformité que tout vendeur en ligne en Algérie doit prendre.

Les Deux Parcours d’Inscription en Vertu du Droit Algérien

Parcours 1 — Inscription au CNRC pour les Biens Physiques et les Sociétés de Services

Pour toute société ou entreprise enregistrée vendant des biens physiques en ligne, ou fournissant des services en tant qu’entité juridique formelle (SARL, EURL, etc.), l’inscription au Centre National du Registre du Commerce (CNRC) est obligatoire avant le lancement de toute opération e-commerce. Le CNRC a désigné le code d’activité 607.074 spécifiquement pour la « vente au détail via le commerce électronique ».

Une entreprise physique existante souhaitant ajouter des ventes en ligne doit simplement demander une modification de son inscription au registre du commerce en ajoutant le code 607.074. Les marchands déclarant et payant leurs taxes sont soumis aux déclarations « G50 » — mensuelles ou trimestrielles selon leur régime fiscal — et à l’impôt sur les bénéfices des sociétés. La TVA s’applique au taux standard de 19 % sur le chiffre d’affaires imposable au-delà des seuils applicables.

Parcours 2 — Auto-Entrepreneur pour les Services Numériques

Introduit progressivement à partir de 2023 et élargi en 2024-2026, le régime Auto-Entrepreneur offre une alternative simplifiée aux personnes fournissant des services numériques : programmation, développement logiciel, design graphique, marketing digital, conseil, création de contenu. L’inscription s’effectue via la plateforme anae.dz.

Paramètres clés du régime Auto-Entrepreneur :

  • Taux d’imposition unifié : 0,5 % du chiffre d’affaires annuel (IFU — Impôt Forfaitaire Unique)
  • Couverture sociale : Cotisations CASNOS à des seuils réduits
  • Périmètre : Services numériques et certains artisanats. La revente de biens physiques est exclue.

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Obligations Techniques Applicables à Tous les Marchands en Ligne

Exigences de Domaine et d’Hébergement

La loi 18-05 et ses textes d’application exigent que les sites commerciaux vendant à des résidents algériens utilisent des noms de domaine enregistrés en Algérie — généralement l’extension .dz ou .com.dz — et hébergent leur infrastructure web sur des serveurs situés en Algérie.

Traitement des Paiements — L’Exigence Satim

Tous les paiements électroniques pour des biens et services vendus en ligne à des résidents algériens doivent être traités par des passerelles de paiement certifiées par Satim (Société d’Automatisation des Transactions Interbancaires et de Monétique). Cela signifie que les marchands ne peuvent pas utiliser des processeurs de paiement internationaux (Stripe, PayPal) comme solution principale pour les porteurs de cartes algériennes.

Obligations de Divulgation Préalable à la Transaction

Avant qu’un consommateur finalise tout achat, la loi 18-05 exige du marchand qu’il divulgue : son numéro d’identification fiscale (NIF), son adresse physique et ses coordonnées électroniques, une description complète du produit ou service, le prix total toutes taxes comprises et les conditions d’échange, de retour et de remboursement applicables.

Ce que Cela Signifie pour les Marchands et Entrepreneurs Numériques Algériens

1. Déterminez Votre Parcours Correct Avant Toute Inscription

La décision de conformité la plus déterminante est le choix entre le parcours CNRC et le parcours Auto-Entrepreneur. La règle est simple : les biens physiques passent par le CNRC (code 607.074). Les services numériques peuvent passer par l’Auto-Entrepreneur (anae.dz). Les entreprises mixtes — un designer qui vend aussi des produits imprimés — nécessitent une inscription au CNRC pour la dimension biens, qui couvre alors l’ensemble de l’activité.

2. Intégrez une Passerelle Certifiée Satim Avant le Lancement — Pas Après

Lancer une activité e-commerce et accepter des paiements informels n’est pas un manquement de conformité qui peut être corrigé discrètement ultérieurement. L’intégration d’une passerelle prend 4 à 8 semaines selon le fournisseur, nécessite une documentation bancaire et implique des tests techniques. Planifiez cela dans le calendrier de lancement du produit.

3. Enregistrez Votre Domaine et Migrez l’Hébergement vers l’Algérie

Pour les marchands opérant sur un hébergement international avec un domaine .com, l’exigence d’hébergement et de domaine crée une tâche de migration technique. L’enregistrement des domaines algériens est géré par l’ANIC (Agence Nationale de l’Internet). L’hébergement peut être migré vers des fournisseurs algériens comme Djaweb ou Algérie Télécom Entreprises.

4. Intégrez Vos Obligations de Divulgation dans le Flux de Paiement

Les exigences de divulgation de la loi 18-05 ne sont pas satisfaites par une page de conditions générales accessible depuis le pied de page. Les informations requises — NIF, adresse, détails du produit, ventilation du prix, conditions de retour — doivent être présentées sur ou avant la page de confirmation de paiement. La plupart des plateformes e-commerce (WooCommerce, Shopify adapté pour l’Algérie) prennent en charge cela comme ensemble de champs de paiement configurables.

5. Comprenez la Structure des Sanctions Avant de Prendre des Raccourcis

L’exploitation d’une activité en ligne sans inscription au CNRC expose les marchands à des amendes financières et à la saisie des marchandises dans le cadre des pouvoirs d’application du ministère du Commerce. Ces risques ne sont pas théoriques : le ministère a été actif dans l’application du commerce numérique dans le cadre des efforts plus larges de formalisation de l’économie informelle.

La Vue d’Ensemble : Le E-Commerce Algérien Est un Marché Réglementé

Le marché algérien du commerce électronique dépassait 7 milliards de DZD de volume de transactions annuelles selon les estimations 2025, et le cadre réglementaire arrive à maturité pour suivre. Le système Auto-Entrepreneur, introduit progressivement à partir de 2023, représente un choix délibéré du gouvernement pour faire entrer les acteurs de l’économie numérique dans le système formel via un parcours à faible friction.

Pour les marchands et entrepreneurs numériques, cette maturité réglementaire est un développement positif : le statut formel ouvre l’accès aux produits bancaires, à la protection sociale et à la crédibilité qui accompagne une entreprise enregistrée. Il crée également des conditions équitables là où les entreprises qui respectent la loi 18-05 ne sont pas sous-coupées par des concurrents informels qui évitent la TVA et les coûts d’inscription.

Le ministère des Postes et des Télécommunications publie un Guide de l’E-Commerce régulièrement mis à jour (disponible sur mpt.gov.dz) qui consolide les orientations d’application de la loi 18-05. Tout marchand n’ayant pas lu l’édition de janvier 2024 opère avec des informations incomplètes sur ses obligations actuelles.

Sources et Lectures Complémentaires

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Foire aux Questions

Quelle est la différence pratique entre l’inscription sous le code CNRC 607.074 et le régime Auto-Entrepreneur ?

Le code CNRC 607.074 concerne les marchands qui vendent des biens physiques en ligne — il nécessite une inscription commerciale complète (RC), est soumis à la fiscalité des entreprises standard (IBS/IRG), et impose l’intégration d’une passerelle de paiement certifiée Satim. Le régime Auto-Entrepreneur concerne les prestataires de services numériques (développeurs, designers, consultants, créateurs de contenu) — il n’exige qu’une inscription ANAE, applique une taxe IFU forfaitaire de 0,5% sur le chiffre d’affaires, et est disponible en 30 jours en ligne.

Que requiert exactement l’intégration de la passerelle de paiement Satim pour un site marchand ?

Satim certifie les fournisseurs de passerelles de paiement — pas directement les sites marchands individuels. Les marchands doivent utiliser une solution de paiement construite sur l’infrastructure certifiée Satim. L’intégration nécessite : un compte marchand auprès d’une banque CCP ou CIB ; un accord marchand avec la banque ; l’intégration API du module de paiement certifié Satim. Le processus prend généralement 4-8 semaines de la demande bancaire à l’intégration de paiement active.

Un marchand opérant sur un domaine .com (pas .dz) peut-il se conformer à la loi 18-05 ?

La loi 18-05 exige que les sites e-commerce vendant aux consommateurs algériens soient hébergés sur des serveurs algériens avec un enregistrement de domaine .dz. L’application a historiquement porté sur la conformité aux paiements (intégration Satim) plutôt que sur l’application des domaines. L’approche la plus sûre est un déploiement dual : maintenir le domaine .dz comme présence légale principale pour les ventes aux consommateurs algériens.