⚡ Points Clés

Sonelgaz dessert plus de 12,5 millions d'abonnés à travers le plus grand pays d'Afrique avec une couverture électrique de 99 %, mais les pertes techniques et commerciales combinées atteignent 12-15 % contre 6-8 % dans les réseaux européens bien gérés. La demande de pointe a atteint un record de 20 628 MW en juillet 2025 et l'entreprise a engagé un plan d'investissement de 656 milliards de DZD (4,94 milliards de dollars) pour 2025, incluant une refonte complète du SCADA prévue en 2026. L'Algérie vise 15 GW de capacité renouvelable d'ici 2035.

En résumé : Les professionnels de la technologie devraient se positionner sur les compétences IoT, science des données et télécommunications que le programme de réseau intelligent de Sonelgaz exigera au cours de la prochaine décennie.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’AlgérieÉlevée
la modernisation du réseau est essentielle pour la réduction des pertes, l’intégration des renouvelables et la qualité de service
Calendrier d’action12-24 mois
refonte SCADA en 2026, déploiement national des compteurs intelligents pluriannuel
Parties prenantes clésGroupe Sonelgaz, CREG, Ministère de l’Énergie, fournisseurs technologiques internationaux, institutions de financement du développement
Type de décisionStratégique
Nécessite des décisions stratégiques organisationnelles qui façonneront le positionnement à long terme dans le domaine de les ambitions de réseau intelligent en Algérie
Niveau de prioritéCritique
Tout retard risque de créer un désavantage compétitif significatif — une action rapide sur les ambitions de réseau intelligent en Algérie est essentielle

En bref : Le programme de modernisation de Sonelgaz s’articule directement avec l’objectif algérien de 15 GW d’énergie renouvelable dans le cadre de la stratégie SNTN-2030, faisant de la numérisation du réseau un prérequis pour la transition énergétique du pays. L’ENST et les programmes d’ingénierie de l’Université d’Oran devraient accélérer les cursus IoT et systèmes embarqués pour alimenter ce pipeline. Le backbone fibre de 140 000 km donne à l’Algérie l’infrastructure de connectivité pour supporter un déploiement national de compteurs intelligents, un avantage que la plupart des marchés énergétiques africains n’ont pas.

L’ampleur du défi du réseau algérien

Sonelgaz n’est pas qu’un simple service public d’électricité algérien — c’est l’une des plus grandes entreprises énergétiques d’Afrique, responsable de la production, du transport et de la distribution d’électricité à plus de 12,5 millions d’abonnés à travers le plus grand pays du continent. Avec 99 % de couverture électrique atteinte en 2025, le réseau s’étend sur 2,38 millions de kilomètres carrés. Gérer cette infrastructure avec des systèmes analogiques hérités n’est plus viable.

La consommation d’électricité en Algérie a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie — selon certaines estimations, elle a triplé depuis 2011 — portée par la croissance démographique, l’urbanisation et la demande croissante de climatisation. Le réseau subit régulièrement un stress aigu durant les canicules de juillet et août, avec un pic de demande atteignant un record de 20 628 MW en juillet 2025. La capacité installée de Sonelgaz dépasse 26 GW, mais les goulots d’étranglement de transport et de distribution font que la capacité n’atteint pas toujours là où elle est nécessaire.

Le moteur financier le plus urgent de la modernisation est les pertes. Les pertes techniques et commerciales combinées de l’Algérie sont estimées dans la fourchette de 12 à 15 %, contre 6 à 8 % dans les réseaux européens bien gérés. Sonelgaz a fait de la modernisation une priorité stratégique, avec un plan d’investissement de 656 milliards de DZD (4,94 milliards de dollars) pour 2025, incluant la modernisation de l’infrastructure réseau et environ 10 000 km de nouvelles lignes de transport haute tension.

Compteurs intelligents : la couche fondamentale

L’épine dorsale de tout réseau intelligent est l’Infrastructure de Mesure Avancée (AMI). Le programme de modernisation de Sonelgaz envisage un déploiement de compteurs intelligents ciblant d’abord les grands centres urbains, dans le cadre de la refonte globale du SCADA et de la distribution lancée en 2026. L’échelle du déploiement complet est vertigineuse : remplacer ou mettre à niveau plus de 12 millions de compteurs analogiques.

Les compteurs intelligents font bien plus que numériser la facturation. Ils permettent la tarification horaire, où l’électricité coûte plus cher aux heures de pointe et moins la nuit — un outil de gestion de la demande qui peut déplacer 10 à 15 % de la charge de pointe sans construire de nouvelle capacité de production. Ils détectent la fraude et les connexions non autorisées en temps réel. Ils fournissent des données de consommation granulaires permettant à Sonelgaz d’identifier les transformateurs surchargés et de prédire les pannes d’équipement.

Le défi de connectivité est significatif. Les compteurs urbains peuvent communiquer via les réseaux cellulaires (4G/LTE) ou la communication par courant porteur (CPL), mais les installations rurales et sahariennes font face à des lacunes de couverture. Une architecture de communication hybride est la solution la plus probable : réseaux maillés RF pour les clusters urbains denses, cellulaire pour les zones périurbaines, et technologies LPWAN (Low-Power Wide-Area Network) comme LoRaWAN ou NB-IoT pour les sites isolés.

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SCADA et automatisation du réseau : la couche d’intelligence

Au-dessus de la couche de mesure se trouve le système SCADA — le système nerveux du réseau électrique. Sonelgaz exploite des systèmes SCADA sur son réseau de transport, mais une grande partie du réseau de distribution repose encore sur la surveillance manuelle.

Dans une avancée significative, le ministère de l’Énergie algérien a confirmé fin 2025 qu’une refonte complète du système SCADA sera lancée en 2026, avec un calendrier de mise en œuvre de cinq ans. Le prestataire a déjà été sélectionné, et la première phase commencera dans les grandes villes. Ce projet vise à améliorer la surveillance en temps réel, le contrôle et la régulation des flux d’électricité. GE Vernova a déjà obtenu une commande majeure pour des équipements et solutions de réseau en Algérie.

L’opportunité analytique est substantielle. Les systèmes modernes de gestion de la distribution (DMS) utilisent l’apprentissage automatique pour prédire les pannes d’équipement, optimiser la tension et la puissance réactive, et coordonner les ressources énergétiques distribuées comme le solaire sur toiture.

Intégration des renouvelables : la complexité à venir

La modernisation du réseau intelligent de l’Algérie intervient dans le contexte d’un objectif d’énergie renouvelable en évolution. Le programme gouvernemental cible 15 GW de capacité renouvelable installée d’ici 2035. La capacité renouvelable installée actuelle s’élève à environ 437-450 MW (principalement PV solaire), mais 3,2 GW de nouvelle capacité solaire ont été provisoirement attribués par appels d’offres.

La production solaire est intrinsèquement variable. La production augmente rapidement le matin, culmine à midi et tombe à zéro au coucher du soleil — précisément quand la demande résidentielle culmine. Cela crée la « courbe en canard » que les opérateurs de réseau du monde entier affrontent. Un réseau intelligent répond par les programmes de réponse à la demande, le stockage d’énergie par batteries (BESS) et les contrôles avancés d’onduleurs sur les installations solaires.

Main-d’œuvre et réalités de mise en œuvre

La technologie existe et est éprouvée mondialement. Le défi le plus difficile pour l’Algérie est la mise en œuvre à grande échelle. Exploiter un réseau intelligent moderne nécessite des compétences fondamentalement différentes : data scientists, spécialistes en cybersécurité, ingénieurs en télécommunications et développeurs logiciels.

Sonelgaz emploie plus de 90 000 personnes. L’expertise en ingénierie électrique traditionnelle est profonde, mais le déficit de compétences smart grid est réel. Les programmes de formation et les partenariats avec les fournisseurs internationaux — Schneider Electric (qui exploite une installation en Algérie), Siemens, ABB et GE Vernova — sont nécessaires.

Le modèle financier compte aussi. Le déploiement italien Telegestore d’Enel a coûté environ 2 milliards d’euros mais a généré des économies d’environ 500 millions d’euros annuellement. Pour Sonelgaz, le cas d’affaires est convaincant. La Banque africaine de développement a approuvé une nouvelle stratégie pays 2025-2030 pour l’Algérie, tandis que la Banque mondiale a engagé 30 milliards de dollars de 2024 à 2030 pour les programmes d’accès à l’énergie en Afrique.

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Questions Fréquemment Posées

En quoi consiste algeria’s smart grid ambitions ?

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Pourquoi ce sujet est-il important pour l’Algérie ?

Ce sujet est particulièrement pertinent pour l’Algérie car il est directement lié aux objectifs de transformation numérique du pays, à sa stratégie de diversification économique et à son écosystème technologique en pleine croissance.

Quels sont les points clés à retenir de cet article ?

L’article analyse les mécanismes clés, les cadres de référence et les exemples concrets qui permettent de comprendre le fonctionnement de ce domaine, en s’appuyant sur des données actuelles et des études de cas.

Sources et lectures complémentaires