⚡ Points Clés

L'Algerie a genere environ 309 000 tonnes de dechets electroniques en 2019 — le quatrieme volume le plus eleve en Afrique — avec moins de 1 % formellement collectes et recycles. Une loi de janvier 2025 a introduit la responsabilite elargie des producteurs et les principes d'economie circulaire, mais aucune installation certifiee de recyclage ne fonctionne a grande echelle. Le flux de dechets contient des centaines de millions de dollars en materiaux recuperables actuellement perdus.

En résumé : Les reglements d'application de l'amendement de janvier 2025 doivent definir d'urgence les objectifs de collecte, les normes de recyclage et les redevances REP au point d'importation.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’AlgérieÉlevée
les volumes de déchets électroniques doubleront sous 5-7 ans avec l’adoption accélérée des appareils ; la législation REP de janvier 2025 nécessite des réglementations d’application
Calendrier d’actionImmédiat
les réglementations d’application sous l’amendement de janvier 2025 doivent définir les objectifs de collecte et normes de recyclage
Parties prenantes clésMinistère de l’Environnement, Ministère de la Poste et des Télécommunications, Direction Générale des Douanes, importateurs, recycleurs informels
Type de décisionStratégique
Nécessite des décisions stratégiques organisationnelles qui façonneront le positionnement à long terme dans le domaine de déchets Électroniques en Algérie
Niveau de prioritéÉlevé
Devrait être priorisé dans la planification à court terme — important pour maintenir la compétitivité

En bref : L’amendement de janvier 2025 sur la gestion des déchets fournit le fondement juridique pour la gestion des déchets électroniques, mais la mise en oeuvre exige la définition d’objectifs de collecte, la construction d’infrastructures de recyclage et l’établissement de redevances REP au point d’importation. Le secteur informel démontre à la fois la valeur économique dans le flux de déchets et les coûts sanitaires du traitement non réglementé.

L’ampleur d’un problème que personne ne mesure

L’Algérie a généré environ 309 000 tonnes (309 kilotonnes) de déchets électroniques en 2019, selon le Regional E-waste Monitor for the Arab States 2021, publié par UNITAR, l’UIT et SCYCLE. Ce chiffre fait de l’Algérie le quatrième producteur de déchets électroniques en Afrique, derrière l’Égypte (586 kt), le Nigeria (461 kt) et l’Afrique du Sud (416 kt). Par habitant, les Algériens génèrent environ 7 kg de déchets électroniques par personne par an — proche de la moyenne mondiale de 7,8 kg. Ces volumes augmentent avec l’expansion de la connectivité mobile (plus de 55 millions de connexions cellulaires actives fin 2025), la croissance de la possession d’ordinateurs portables parmi les quelque 1,8 million d’étudiants universitaires et les programmes gouvernementaux de numérisation.

Le fait marquant n’est pas le volume — c’est l’absence de tout système significatif pour le gérer. Jusqu’en janvier 2025, l’Algérie n’avait pas de législation dédiée aux déchets électroniques ni de schéma de responsabilité élargie du producteur (REP). Il n’existe pas d’installations de recyclage certifiées opérant à échelle significative. Moins de 1 % des déchets électroniques générés en Afrique sont formellement collectés et recyclés, selon le Global E-waste Monitor 2024, et l’Algérie ne fait pas exception.

Que se passe-t-il avec les centaines de milliers de tonnes de téléphones, ordinateurs, téléviseurs, imprimantes, câbles et batteries mis au rebut ? La réponse implique une combinaison de stockage domestique, de flux de déchets informels où les déchets électroniques entrent dans les décharges municipales sans tri, et d’un secteur informel de recyclage qui récupère les métaux précieux par des méthodes posant de graves risques sanitaires et environnementaux.

Ce que dit la loi — et ce qu’elle ne dit pas

Le cadre réglementaire environnemental de l’Algérie est ancré par la loi 03-10 du 19 juillet 2003 sur la protection de l’environnement dans le cadre du développement durable. La loi 01-19 du 12 décembre 2001 sur la gestion des déchets fournit un cadre plus détaillé. Le décret exécutif 06-104 du 28 février 2006 a établi une nomenclature des déchets dangereux incluant plusieurs catégories pertinentes pour les déchets électroniques. Sur le papier, les déchets électroniques ne sont pas entièrement non réglementés — ils sont classés comme déchets dangereux soumis à déclaration et élimination contrôlée.

L’écart entre texte législatif et réalité a été immense. Les exigences de déclaration supposaient une infrastructure de collecteurs, transporteurs et installations de traitement autorisés qui n’existait pas pour les déchets électroniques.

Un changement législatif significatif est arrivé le 23 janvier 2025, quand le Conseil de la Nation algérien a adopté une nouvelle loi amendant et complétant la loi 01-19. Cet amendement introduit plusieurs dispositions directement pertinentes : responsabilité élargie du producteur (REP), exigences d’éco-conception, un système numérique de gestion des déchets, une hiérarchie de traitement priorisant la prévention et le recyclage, et des sanctions plus strictes. Sur le papier, l’Algérie dispose désormais du fondement juridique d’un système moderne de gestion des déchets. La question critique est la mise en oeuvre.

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Le secteur informel : innovation, exploitation et toxicité

En l’absence d’infrastructure formelle, une économie informelle des déchets électroniques a émergé dans les grandes villes algériennes. À Alger, Oran, Constantine et Sétif, des grappes de petits ateliers opèrent où des travailleurs — souvent sans équipement de protection — désassemblent manuellement les appareils pour récupérer cuivre, aluminium, circuits imprimés et parfois métaux précieux.

Les coûts sanitaires et environnementaux sont significatifs et bien documentés mondialement. Le désassemblage manuel de circuits imprimés par des pistolets thermiques ou brûlage à ciel ouvert libère des fumées toxiques contenant plomb, dioxines et furanes. L’OMS dans son rapport 2021 sur les enfants et les déchets électroniques a documenté des taux élevés de maladies respiratoires, de dommages neurodéveloppementaux et de dommages à l’ADN dans les populations vivant près des opérations de recyclage informel.

Le secteur informel met aussi en lumière la valeur économique piégée dans le flux de déchets électroniques algérien. Une tonne de circuits imprimés contient environ 150-250 grammes d’or, 1-2 kg d’argent et 80-100 kg de cuivre. Avec l’or au-dessus de 5 100 $ l’once début 2026, le flux annuel de déchets électroniques algérien contient des centaines de millions de dollars en matériaux potentiellement récupérables — dont la grande majorité est actuellement perdue en décharge, traitement informel ou stockage domestique indéfini. Ce n’est pas seulement un problème environnemental — c’est un gaspillage économique de ressources qu’une industrie de recyclage formelle pourrait capturer.

De la politique à la pratique : ce que nécessite la mise en oeuvre

L’amendement de janvier 2025 sur la gestion des déchets en Algérie marque une véritable percée politique. Mais les modèles éprouvés d’autres pays montrent que la distance entre législation et systèmes de gestion des déchets électroniques fonctionnels se mesure en années d’investissement soutenu.

La directive DEEE de l’UE fournit le modèle le plus complet. Les règles de gestion des déchets électroniques de l’Inde, notifiées en novembre 2022, ont étendu la couverture à plus de 130 catégories de produits. Au Rwanda, une politique e-waste a été approuvée en 2016 avec une installation de recyclage via partenariat public-privé avec EnviroServe. Le programme REP du Nigeria, opérationnalisé via EPRON avec le soutien de HP, Dell, Philips et Microsoft, offre un modèle pour engager les producteurs multinationaux.

Pour l’Algérie, quatre priorités de mise en oeuvre se distinguent. Premièrement, les réglementations d’application doivent définir des objectifs de collecte spécifiques, des taux de recyclage et des obligations pour les producteurs. Deuxièmement, l’infrastructure de collecte nécessite des points de dépôt désignés et des obligations de reprise par les détaillants. Troisièmement, des normes de traitement doivent définir des exigences minimales pour le démontage et la récupération des matériaux. Quatrièmement, l’infrastructure douanière existante, qui traite déjà des codes tarifaires spécifiques à l’électronique, fournit un mécanisme prêt à l’emploi pour collecter les redevances REP au point d’importation. L’Algérie important pratiquement toute son électronique — le marché des smartphones seul était évalué à environ 1,9 milliard de dollars en 2025 — même des redevances modestes pourraient générer un financement substantiel.

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Questions Fréquemment Posées

En quoi consiste e-waste and environmental compliance in algeria’s tech sector ?

Cet article couvre les aspects essentiels de ce sujet, en examinant les tendances actuelles, les acteurs clés et les implications pratiques pour les professionnels et les organisations en 2026.

Pourquoi ce sujet est-il important pour l’Algérie ?

Ce sujet est particulièrement pertinent pour l’Algérie car il est directement lié aux objectifs de transformation numérique du pays, à sa stratégie de diversification économique et à son écosystème technologique en pleine croissance.

Quels sont les points clés à retenir de cet article ?

L’article analyse les mécanismes clés, les cadres de référence et les exemples concrets qui permettent de comprendre le fonctionnement de ce domaine, en s’appuyant sur des données actuelles et des études de cas.

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