⚡ Points Clés

Les décrets présidentiels 26-104 et 26-105 ont créé EPIC-EC (fabrication de fibre optique à Réghaïa) et EPIC-EPMTIC (production d’équipements TIC à El-Harrach) sous l’ANP, donnant suite à une directive présidentielle de mai 2024. Le déploiement FTTH algérien a atteint 3 millions de foyers en février 2026 — en hausse de 60 fois depuis 2020 — créant la demande domestique qui rend viable la fabrication souveraine de composants pour la prochaine phase.

En résumé: Les équipes d’approvisionnement en infrastructure algériennes et les fournisseurs technologiques doivent ouvrir un dialogue précoce avec EPIC-EC et EPIC-EPMTIC pour comprendre les délais de capacité d’approvisionnement avant que les exigences de contenu local ne s’appliquent aux futurs contrats d’Algérie Télécom.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

Les décrets 26-104 et 26-105 affectent directement le pipeline d’approvisionnement en infrastructure de l’Algérie, la posture de sécurité nationale et la capacité industrielle disponible pour la prochaine phase d’expansion FTTH vers l’objectif 2030.
Calendrier d’action
6-12 mois

EPIC-EC et EPIC-EPMTIC viennent d’être créés — les planificateurs des marchés publics et les partenaires technologiques devraient s’engager dès maintenant pour comprendre les délais d’approvisionnement et la montée en puissance de la capacité avant le lancement de la prochaine phase de déploiement.
Parties prenantes clés
Approvisionnement d’Algérie Télécom, équipes d’infrastructure MPTIC, ingénieurs diplômés algériens, fournisseurs TIC nationaux
Type de décision
Stratégique

Comprendre cette évolution industrielle est essentiel pour toute organisation planifiant des investissements d’infrastructure pluriannuels ou des relations avec des fournisseurs dans le secteur numérique algérien.
Niveau de priorité
Élevé

C’est le fondement institutionnel de l’infrastructure numérique souveraine de l’Algérie — les organisations dans la chaîne d’approvisionnement et de déploiement devraient suivre de près les étapes de capacité d’EPIC-EC et EPIC-EPMTIC.

En bref: Les planificateurs d’infrastructure algériens et les équipes d’approvisionnement TIC devraient ouvrir un dialogue précoce avec EPIC-EC et EPIC-EPMTIC pour comprendre les délais de livraison, les normes de qualification et les exigences de contenu local qui pourraient s’appliquer aux futurs contrats d’Algérie Télécom et de réseau du secteur public. Un engagement précoce positionne fournisseurs et acheteurs pour bénéficier de la transition vers l’approvisionnement domestique avant qu’elle ne devienne une obligation contractuelle.

La logique industrielle derrière deux décrets présidentiels

Pendant la majeure partie de l’ère du déploiement de la fibre optique, l’Algérie s’approvisionnait en câbles, connecteurs et composants connexes auprès de fournisseurs internationaux — principalement chinois et européens. Cette approche était efficace à court terme, mais elle créait une dépendance structurelle que toute stratégie d’infrastructure souveraine doit inévitablement adresser. Lorsque l’Algérie a accéléré son déploiement FTTH pour atteindre 3 millions de foyers connectés en février 2026 — contre 53 000 en 2020 — l’ampleur des achats de composants importés est devenue une vulnérabilité reconnue.

Le décret 26-104 répond directement à ce manque. Il crée l’Établissement de Fabrication de Câbles, désigné EPIC (Établissement Public Industriel et Commercial), dont le siège est à Réghaïa, à l’est d’Alger. La mission de l’institution est la conception, la production et le développement de fibres optiques, de câbles à fibres optiques et de tous les composants et accessoires associés. Le décret 26-105 crée une institution parallèle, l’Établissement de Production de Moyens TIC (EPIC-EPMTIC), basé à El-Harrach, couvrant la conception, la production et le développement d’équipements de technologie de l’information et de la communication au sens large.

Les deux entités opèrent sous le secteur économique de l’Armée Nationale Populaire. Ce choix organisationnel n’est pas fortuit. Le fait de placer la production d’infrastructure numérique critique sous l’égide industrielle de l’ANP reflète la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025–2029, qui cadre explicitement l’infrastructure numérique comme un actif de sécurité nationale plutôt que comme un domaine purement commercial. Le précédent existe dans le complexe industriel de défense algérien, qui gère depuis longtemps des capacités à double usage via des EPIC affiliés à l’armée. L’extension de ce modèle à la production de fibre et de TIC est une application délibérée d’un schéma de gouvernance établi à un nouveau domaine stratégique.

L’initiative remonte à une directive présidentielle du 22 mai 2024 ordonnant l’engagement de l’Algérie dans la production locale de fibre optique, parallèlement à la généralisation et au financement du déploiement FTTH. Le délai entre la directive et les institutions constituées a été de moins de deux ans — une réponse institutionnelle rapide selon les standards industriels algériens.

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Ce que cela signifie pour l’écosystème d’infrastructure numérique algérien

1. Réduction de la dépendance aux importations sur l’ensemble de la chaîne de déploiement

Le déploiement FTTH algérien a consommé des volumes substantiels de câble importé lors de sa première phase. À 3 millions de foyers connectés, le programme représente des centaines de milliers de kilomètres de fibre déployée. La prochaine phase — vers l’objectif 2030 de connexion des deux tiers des foyers — nécessitera des volumes comparables à nouveau. Si EPIC-EC atteint sa capacité de production avant la prochaine vague majeure de déploiement, l’Algérie pourra s’approvisionner localement à un coût et dans des délais qui ne sont plus soumis à la logistique d’expédition internationale, aux droits d’importation ni aux délais de livraison des fournisseurs. Pour les planificateurs d’infrastructure chez Algérie Télécom et le MPTIC, l’approvisionnement domestique change le modèle de financement du projet : le capital qui s’écoulait vers des fournisseurs étrangers reste dans l’économie algérienne et renforce la capacité industrielle locale.

2. La production d’équipements TIC modifie le profil de dépendance des réseaux d’État

La portée d’EPIC-EPMTIC — les moyens TIC au sens large — la positionne pour alimenter en équipements la propre infrastructure numérique du gouvernement : les centres de données des ministères, les nœuds réseau du secteur public, et potentiellement les couches critiques du réseau national algérien en matière de sécurité. Dépendre d’équipements TIC d’origine étrangère pour une infrastructure d’État sensible est un risque reconnu dans les cadres de souveraineté numérique mondiaux ; la France, l’Allemagne et Singapore ont chacun articulé des politiques explicites concernant l’équipement domestique ou de partenaire de confiance dans les systèmes gouvernementaux critiques. La création par l’Algérie d’un fabricant domestique d’équipements TIC dédié sous la tutelle de l’ANP aborde explicitement cette catégorie de risque.

3. Un ancrage industriel pour un secteur naissant de fabrication technologique domestique

L’Algérie a investi de manière significative dans les logiciels et les services (agences numériques, plateformes e-gov, incubateurs de startups) mais a historiquement manqué d’institutions d’ancrage dans la fabrication de matériel et de technologie physique. EPIC-EC et EPIC-EPMTIC créent deux tels ancrages. Les recherches en politique industrielle montrent systématiquement que les institutions d’ancrage — grands acheteurs et producteurs stables avec des horizons d’investissement à long terme — catalysent les écosystèmes de fournisseurs autour d’elles. Un fabricant domestique de fibre optique crée une demande pour l’outillage local, les services de contrôle qualité, les équipements de test et, à terme, l’expertise en maintenance et réparation. Pour les diplômés ingénieurs algériens s’intéressant à la photonique, l’électrotechnique ou la fabrication, ces institutions représentent une nouvelle catégorie d’employeur qui n’existait pas auparavant.

La dimension effectifs est significative. L’Algérie forme environ 50 000 ingénieurs par an dans ses universités. Une part importante de ces diplômés se trouve actuellement face au choix entre l’emploi dans les services logiciels, l’administration publique ou l’émigration vers les marchés du travail européens. Un établissement de fabrication de fibre optique domestique à Réghaïa et une installation de production TIC à El-Harrach créent des postes d’ingénieur qui appliquent des compétences en ingénierie physique et des systèmes dans un contexte industriel local — un parcours professionnel qui n’existait pas de manière significative dans le secteur technologique algérien à grande échelle.

4. Un modèle pour la dimension industrielle de la stratégie 2025–2029

La Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025–2029 engage l’Algérie à réduire les dépendances externes dans l’ensemble de sa pile numérique. Les décrets 26-104 et 26-105 en sont les premières mises en œuvre industrielles — traduisant un document stratégique en institutions opérationnelles. Cela crée un modèle pour une capacité industrielle souveraine supplémentaire : les décideurs politiques et les planificateurs des marchés publics algériens disposent désormais d’un modèle institutionnel fonctionnel pour appliquer les structures EPIC administrées par l’ANP à d’autres domaines d’infrastructure numérique. La performance des deux institutions au cours des deux à trois prochaines années validera ou contraindra la réutilisation de ce modèle.

Où cela s’inscrit dans l’écosystème d’infrastructure algérien en 2026

La création d’EPIC-EC et d’EPIC-EPMTIC n’existe pas en isolation. Elle intervient à un moment où l’infrastructure numérique algérienne franchit plusieurs seuils simultanés : 3 millions de foyers FTTH, une mise à niveau gratuite à 100 Mbps, 300 000 km de fibre nationale déployée, trois atterrissages de câbles sous-marins actifs, et le Sommet TIC Afrique 2026 organisé à Alger — chacun de ces jalons représente une étape de maturité qui rend la capacité de production domestique plus précieuse.

La logique industrielle est simple : la production d’infrastructure souveraine est la plus précieuse quand il existe une infrastructure souveraine à approvisionner. Le déploiement FTTH algérien a créé la base de demande qui justifie l’investissement en capital dans la fabrication locale. La synchronisation de ces deux processus — développement du déploiement tout en construisant la capacité de production domestique — est le modèle que les économies à infrastructure mature ont appliqué lors de la construction de leurs propres industries numériques. L’Algérie l’applique plus tard dans le cycle de déploiement mondial, mais ce calendrier comporte un avantage : les techniques de production, les conceptions d’équipements et les normes de qualité pour les câbles à fibre optique sont désormais bien établis, réduisant le risque technique de l’initiative de fabrication domestique.

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Questions Fréquemment Posées

Que sont EPIC-EC et EPIC-EPMTIC, et qui les contrôle ?

EPIC-EC (Établissement de Fabrication de Câbles) et EPIC-EPMTIC (Établissement de Production de Moyens TIC) sont des Établissements Publics Industriels et Commerciaux — des entreprises industrielles étatiques — créés par les décrets présidentiels 26-104 et 26-105 respectivement. Les deux opèrent sous le secteur économique de l’Armée Nationale Populaire (ANP), les plaçant dans le même cadre de gouvernance que les entités industrielles existantes de l’ANP. EPIC-EC a son siège à Réghaïa, Alger ; EPIC-EPMTIC à El-Harrach.

Pourquoi l’ANP est-elle impliquée dans la fabrication de fibre optique et d’équipements TIC ?

La Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025–2029 de l’Algérie classe l’infrastructure numérique comme un actif de sécurité nationale. Placer sa production sous la tutelle de l’ANP suit un schéma institutionnel algérien établi d’utilisation d’EPIC affiliés à l’armée pour des capacités industrielles à double usage. Le cadre donne accès aux canaux d’approvisionnement du secteur de la défense, à la stabilité du financement et aux protocoles d’habilitation de sécurité nécessaires pour les équipements destinés aux réseaux d’État sensibles.

Comment cela change-t-il l’économie du déploiement de fibre optique en Algérie ?

La production domestique de câbles à fibre optique et d’équipements TIC réduit la dépendance de l’Algérie aux composants importés pour l’expansion FTTH. Lorsqu’EPIC-EC atteindra son échelle de production, l’approvisionnement pour les phases futures de déploiement pourra se faire localement, éliminant les droits d’importation, réduisant les délais et maintenant les dépenses en capital dans l’économie algérienne. Pour l’objectif 2030 de connexion des deux tiers des foyers algériens, ce changement dans la chaîne d’approvisionnement pourrait affecter matériellement tant le coût que le risque d’exécution.

Sources et lectures complémentaires