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La loi algérienne sur l économie numérique : ce que les entreprises tech et les startups doivent savoir

février 18, 2026

Algeria Digital Economy Law book and tablet with legal document

L’environnement réglementaire numérique algérien évolue rapidement — et pour les fondateurs, DSI et équipes juridiques, comprendre le texte réel des lois compte plus que les résumés généraux. Le cadre juridique numérique algérien repose sur quatre instruments principaux publiés au Journal Officiel : la loi sur le commerce électronique (18-05), la loi sur la protection des données (18-07), la loi sur la signature électronique (15-04), leurs amendements 2025 — plus un décret présidentiel de janvier 2026 qui ajoute des obligations de cybersécurité pour les acheteurs du secteur public.

Loi 18-05 sur le commerce électronique : ce qu’elle dit vraiment

La loi 18-05 (mai 2018) établit des obligations d’information obligatoires pour les fournisseurs d’e-commerce : conditions contractuelles, modalités de retour, gestion des réclamations et règles de formation des transactions. Deux points critiques souvent mal représentés :

  • La règle des « 7 jours de retour » n’est pas universelle : La loi 18-05 n’établit pas un délai de retour général de 7 jours. Les délais de retour dans la loi sont liés à des situations spécifiques de non-conformité — délais de livraison non respectés ou marchandises non conformes — où le consommateur réexpédie dans un délai maximum de quatre jours ouvrables. Tout opérateur d’e-commerce affirmant que 7 jours de retour est un droit statutaire général interprète mal le texte.
  • Les paiements doivent utiliser des rails réglementés : La loi stipule explicitement que le paiement électronique doit être effectué via des plateformes dédiées établies et exploitées exclusivement par des banques agréées par la Banque d’Algérie et par Algérie Poste, sous le contrôle de la banque centrale pour les exigences de sécurité et d’interopérabilité. C’est pourquoi les passerelles internationales comme Stripe et PayPal restent juridiquement complexes à intégrer sans autorisation explicite — pas une limitation technique, mais une décision d’architecture juridique.

Protection des données : loi 18-07 et l’amendement 2025

La loi 18-07 (juin 2018) est le cadre principal de protection des données algérien, partiellement inspiré du RGPD. Ses règles sur les transferts transfrontaliers sont explicites et strictes : les données personnelles ne peuvent être transférées vers un État étranger sans autorisation de l’ANPDP (autorité nationale de protection des données personnelles), et seulement si l’État destinataire garantit un niveau de protection adéquat. Les transferts susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou aux intérêts vitaux sont interdits quelle que soit l’autorisation.

L’amendement 2025 — loi 25-11 (juillet 2025) — a significativement renforcé le cadre. Les principaux ajouts incluent :

  • Définitions élargies couvrant les données biométriques et le profilage
  • Un rôle formel de « délégué à la protection des données » (type DPO) avec tenue de registres obligatoire
  • Pôles régionaux d’audit et de contrôle pour l’autorité nationale
  • Exigences de journaux de traitement applicables aux sous-traitants tiers

Pour les startups utilisant tout outil SaaS hébergé à l’étranger — CRM, plateformes analytiques, outils de support client — ces obligations ne sont pas théoriques. Chaque sous-traitant qui touche des données personnelles algériennes doit être évalué dans ce cadre.

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Signature électronique : loi 15-04

La loi 15-04 (février 2015) établit qu’une signature électronique qualifiée est légalement équivalente à une signature manuscrite, et qu’aucune signature électronique ne peut se voir refuser tout effet juridique au seul motif qu’elle est sous forme électronique. La loi crée une autorité nationale de certification électronique sous la tutelle du Premier Ministre, avec des structures de confiance et de certification définies. Contrairement à certaines simplifications, ce cadre est régulé par une autorité nationale de certification — pas par l’ARPCE (le régulateur des télécommunications).

Le Label Startup et l’architecture fiscale

Le système de Label Startup algérien, administré par le Ministère de l’Économie de la Connaissance, est la principale passerelle vers le soutien de l’État. Les startups labellisées bénéficient de :

  • Accès au fonds Algérie Télécom : Un véhicule de 1,5 milliard de dinars (11 millions USD) spécifiquement pour les startups IA, cybersécurité et robotique
  • Exonérations fiscales : Exonérations totales d’impôts pour les entreprises labellisées pendant la période 2026–2028
  • Incitations boursières : Une dispense de frais de trois ans à la Bourse d’Alger pour encourager la préparation à l’introduction en bourse
  • Préférence dans les marchés publics : Statut favorisé dans les appels d’offres publics en vertu de la loi révisée sur les marchés publics

Ce qui vient : la Loi Numérique

Le Haut-Commissariat à la Numérisation (HCN) élabore une « Loi Numérique » exhaustive dans le cadre de la stratégie 2025–2030. La loi devrait unifier les réglementations numériques fragmentées, formaliser la reconnaissance des entreprises de plateforme, et fournir un cadre plus clair pour les systèmes algorithmiques et les services numériques. Calendrier : adoption prévue en 2026–2027. Les startups déjà conformes aux obligations existantes auront un avantage structurel à son entrée en vigueur.

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Radar de Décision

Dimension Assessment
Pertinence pour l’Algérie Élevée
Horizon d’action Immédiat pour la conformité ; 12–24 mois pour surveiller la Loi Numérique
Parties prenantes Fondateurs de startups, équipes juridiques, responsables conformité, opérateurs fintech, vendeurs B2G
Type de décision Conformité / Stratégique
Niveau de priorité Élevé
Conclusion Cartographiez vos flux de données selon la loi 18-07 et la loi 25-11 maintenant. Confirmez que votre architecture de paiement est alignée avec les exigences des rails bancaires/postaux. Demandez le Label Startup si ce n’est pas encore fait — c’est la passerelle vers les exonérations fiscales, l’accès aux financements et la préférence dans les marchés publics. N’attendez pas la Loi Numérique pour assainir votre posture de conformité.

Sources

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