⚡ Points Clés

L'Instruction n° 06-2025 de la Banque d'Algérie, publiée le 17 août 2025, a créé le premier cadre formel pour les prestataires de services de paiement — autorisant les portefeuilles numériques selon un modèle KYC à trois niveaux plafonnés à 740 $, 3 700 $ et 7 400 $. Ce régime PSP, combiné à l'adhésion 2025 à PAPSS et à la Stratégie Fintech 2024-2030, pose les bases d'un bac à sable réglementaire, étape la plus attendue par les fondateurs et investisseurs.

En résumé : Les fondateurs fintech algériens devraient aligner dès maintenant leur architecture produit sur le modèle de portefeuille à trois niveaux et documenter le cas pilote qu'ils soumettraient lorsque la Banque d'Algérie annoncera un bac à sable dans la fenêtre 2026-2027.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l'AlgérieÉlevé
Le licensing fintech détermine qui peut construire légalement des produits de paiement, et un bac à sable est le prochain levier pour faire entrer des modèles innovants dans un périmètre supervisé.
Calendrier d'action6-12 mois
L'Instruction 06-2025 est déjà en vigueur ; les fondateurs doivent engager leur parcours de licence cette année, tandis qu'une annonce de bac à sable est plausible dans la fenêtre 2026-2027.
Parties prenantes clésFondateurs fintech, banques, superviseurs de la Banque d'Algérie, avocats services de paiement, VCs
Type de décisionStratégique
Le positionnement réglementaire détermine quels produits sont constructibles en Algérie et à quelle échelle — décision fondatrice, pas opérationnelle.
Niveau de prioritéÉlevé
La fintech est le segment le plus capital-intensif de l'écosystème startup algérien ; rater la fenêtre réglementaire pénalise la vitesse de mise en marché et érode la confiance des investisseurs.

En bref : Les fondateurs fintech algériens devraient lire l'Instruction 06-2025 de bout en bout, concevoir leurs parcours KYC selon l'architecture à trois niveaux et commencer à documenter le cas pilote qu'ils soumettraient à un futur bac à sable. Les juristes et directeurs financiers doivent suivre les communications de la Banque d'Algérie pour détecter l'annonce du bac à sable, prochain jalon logique de la feuille de route 2024-2030.

Ce qu'a réellement instauré l'Instruction 06-2025

Avant août 2025, l'Algérie ne disposait d'aucun parcours de licence clair pour les opérateurs fintech non bancaires. Les fondateurs souhaitant bâtir un portefeuille numérique, un réseau d'agents ou un produit d'acquisition marchands devaient naviguer dans une zone grise réglementaire combinant droit bancaire, règles télécoms et orientations improvisées de la Banque d'Algérie. L'Instruction n° 06-2025, publiée le 17 août 2025, a mis fin à cette zone grise en établissant formellement les règles applicables aux prestataires de services de paiement (PSP).

L'instruction autorise les PSP à exploiter des portefeuilles numériques, à bâtir des réseaux d'agents et à traiter des paiements — à condition que tous les services soient libellés exclusivement en dinars algériens et que le prestataire valide un dossier de licence examiné par la Banque d'Algérie. La disposition la plus significative sur le plan commercial est l'architecture à trois niveaux des portefeuilles numériques : le Niveau 1 autorise des soldes jusqu'à environ 740 $ avec une identification de base ; le Niveau 2 permet jusqu'à 3 700 $ avec preuve de revenus et pièce d'identité officielle ; le Niveau 3 supporte jusqu'à 7 400 $ mais exige des contrôles plus stricts, dont un entretien vidéo. Cette approche KYC étagée reprend des modèles qui ont fonctionné en Égypte et au Kenya, et ouvre explicitement le marché aux startups plutôt que de le réserver aux banques en place.

Le contexte stratégique : la Stratégie Fintech 2024-2030

L'Instruction 06-2025 n'est pas apparue isolément. Elle matérialise un engagement pris dans la Stratégie Fintech nationale 2024-2030, une feuille de route pluriannuelle conçue pour stimuler les paiements numériques, l'innovation financière et l'entrepreneuriat technologique dans les services financiers du pays. Le séquençage de la stratégie est intentionnel : établir d'abord le licensing PSP, puis superposer les rails de paiements instantanés, puis déployer un bac à sable réglementaire, puis aborder la finance intégrée et l'open banking.

En 2025, la Banque d'Algérie a adhéré au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) — un mouvement visant à simplifier les paiements transfrontaliers en Afrique et à soutenir une intégration financière plus profonde dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Ensemble, ces deux jalons 2025 (licensing PSP au niveau domestique, adhésion à PAPSS au niveau régional) ont fait passer l'Algérie d'une juridiction sans cadre fintech clair à une juridiction dont le cadre se connecte activement à l'infrastructure panafricaine.

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Pourquoi le bac à sable est le jalon le plus attendu

Un bac à sable réglementaire est un espace supervisé où des startups fintech peuvent piloter des produits innovants sous contraintes réglementaires assouplies pendant une période déterminée, avec une surveillance rapprochée de la banque centrale. Les grands pôles fintech — la FCA britannique, la MAS singapourienne, la SAMA saoudienne — ont utilisé des bacs à sable pour identifier les règles à mettre à jour avant de les figer dans la loi.

L'analyse académique a plaidé à plusieurs reprises pour que l'Algérie instaure des bacs à sable réglementaires, en notant que leur absence rend plus difficile le pilotage d'idées susceptibles de fonctionner dans un cas d'usage précis. Pour les fondateurs, l'écart pratique apparaît dans la conception produit : sans bac à sable, une équipe qui bâtit un service de transfert d'argent à base d'agents ne peut pas tester légalement à grande échelle la tarification, les parcours d'onboarding ou les contrôles anti-fraude avant de passer par le dossier complet de licence PSP — un engagement qui s'étale sur plusieurs trimestres. Un bac à sable permettrait à la Banque d'Algérie d'observer le modèle en conditions contrôlées et de calibrer les règles sur la base de données réelles plutôt que de risques spéculatifs.

La Banque d'Algérie ne s'est pas encore publiquement engagée sur une date de lancement précise du bac à sable. Mais l'architecture de la Stratégie Fintech, la rapidité avec laquelle l'Instruction 06-2025 a été publiée une fois en consultation, et la cohorte grandissante de startups fintech labellisées dans le cadre du Label Startup national pointent toutes vers un bac à sable comme prochain jalon réglementaire logique — vraisemblablement dans la fenêtre 2026-2027.

Ce que les fondateurs peuvent faire dès maintenant

Les fondateurs ciblant le marché fintech algérien émergent disposent de trois actions concrètes en 2026, quel que soit le calendrier du bac à sable.

D'abord, aligner l'architecture produit sur le modèle à trois niveaux de l'Instruction 06-2025, même sans licence acquise. Construire des parcours KYC capables de passer du Niveau 1 au Niveau 3 est nettement plus simple avant le lancement qu'après. Ensuite, engager les équipes de supervision de la Banque d'Algérie via les canaux de consultation existants et les organismes professionnels (Association des Banques Algériennes, portail Startup Algeria) — les régulateurs conçoivent historiquement leurs bacs à sable sur la base des retours des firmes qui prévoient de les utiliser. Enfin, documenter clairement son cas d'usage : les premières fintechs admises dans un futur bac à sable sont presque toujours celles ayant un problème bien défini, un profil de risque mesurable et un design pilote crédible. Ce travail documentaire peut commencer dès aujourd'hui.

La vue d'ensemble

Le régime PSP, l'adhésion à PAPSS et la feuille de route vers un bac à sable refont ensemble passer le secteur fintech algérien de « non régulé et donc non investissable » à « émergent, supervisé et de plus en plus lisible pour les investisseurs internationaux ». Pour les fintechs panafricaines envisageant l'Algérie comme marché d'entrée, l'Instruction 06-2025 est la porte de licence qui manquait. Pour les fondateurs algériens, le cadre réglementaire commence à suivre le rythme du produit — ce n'était pas acquis il y a deux ans. Et pour la Banque d'Algérie, le bilan qui se construit autour de la supervision PSP déterminera l'audace possible du futur bac à sable.

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Questions Fréquemment Posées

L'Algérie dispose-t-elle d'un bac à sable réglementaire fintech en 2026 ?

Pas encore en tant que programme formel. Toutefois, la Stratégie Fintech 2024-2030 de la Banque d'Algérie et le séquençage des réformes récentes — notamment l'Instruction n° 06-2025 sur les prestataires de services de paiement — pointent vers le bac à sable comme prochain jalon logique. Les fondateurs devraient préparer dès maintenant leur documentation de cas pilote pour pouvoir candidater rapidement dès qu'un cadre de bac à sable sera annoncé.

Que permet l'Instruction 06-2025 de la Banque d'Algérie aux fintechs ?

L'Instruction n° 06-2025, publiée le 17 août 2025, autorise les prestataires de services de paiement à exploiter des portefeuilles numériques (selon un modèle KYC à trois niveaux), à exploiter des réseaux d'agents et à traiter des paiements — à condition que tous les services soient libellés en dinars algériens et que le prestataire valide un dossier de licence. Le système à trois niveaux plafonne les soldes à environ 740 $ (Niveau 1, ID basique), 3 700 $ (Niveau 2, preuve de revenus) et 7 400 $ (Niveau 3, entretien vidéo et contrôles plus stricts).

Comment l'adhésion à PAPSS change-t-elle la donne pour les fintechs algériennes ?

En rejoignant le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) en 2025, la Banque d'Algérie a intégré les rails de paiement du pays à une infrastructure de règlement à l'échelle continentale. Pour les fintechs algériennes, cela ouvre une voie plus directe pour offrir des produits transfrontaliers en Afrique sous le cadre ZLECAf, en réduisant les frictions de change et de banque correspondante qui limitaient auparavant l'expansion régionale.

Sources et lectures complémentaires