Une nouvelle dorsale méditerranéenne
Medusa est le projet de câble sous-marin le plus ambitieux en Méditerranée depuis une décennie. Opéré par AFR-IX Telecom en tant qu'opérateur d'infrastructure neutre et indépendant, le système s'étend sur plus de 8 700 km de câble sous-marin avec 24 paires de fibres, chacune transportant 20 Tbps, pour une capacité totale de conception de 480 Tbps. Le projet de 342 millions d'euros (~400 M$) est cofinancé par AFR-IX, Orange et des programmes européens dont le Connecting Europe Facility (CEF) – Digital, NextGenerationEU et DG NEAR, ce qui lui confère un poids financier et politique rare.
Les atterrissements se sont enchaînés rapidement : Marseille (France) en octobre 2025, Bizerte (Tunisie) en novembre 2025 et Nador (Maroc) en décembre 2025. L'Algérie figure parmi les 21 points d'atterrissement confirmés, aux côtés du Portugal, de l'Espagne, du Maroc, de la Tunisie, de Malte, de la Libye, de la Grèce, de Chypre, de l'Égypte et de la Jordanie. D'autres atterrissements se poursuivent en 2026 selon la feuille de route publiée par l'opérateur.
Ce que 480 Tbps apporte réellement à l'Algérie
La connectivité internationale de l'Algérie repose historiquement sur une poignée de systèmes méditerranéens plus anciens (SEA-ME-WE 4, ORVAL, les routes legacy d'Algérie Télécom). Medusa est une mise à niveau d'un ordre de grandeur en capacité globale et en diversité de routes. La durée de vie de conception de 25 ans signifie que le câble est pensé comme un actif structurel jusque dans les années 2040.
Pour les FAI et les entreprises algériens, trois choses changent concrètement. Premièrement, les prix de transit IP de gros dans le bassin méditerranéen devraient baisser sur 24 mois à mesure que la capacité Medusa se met en service — c'est le schéma standard après l'activation de tout nouveau système. Deuxièmement, la latence vers les points d'interconnexion européens et les régions cloud publiques s'améliore : une paire de fibres directe d'un atterrissement algérien vers Marseille place le trafic entreprise à deux ou trois sauts de la plupart des points d'échange internet d'Europe de l'Ouest. Troisièmement, la diversité des routes réduit le risque de système unique qui a répétitivement touché la connectivité nord-africaine (coups d'ancre, délais de réparation) quand le trafic s'empile sur un ou deux câbles vieillissants.
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Le modèle open-access compte
Medusa est structuré comme une infrastructure neutre à accès ouvert — AFR-IX vend de la capacité en services de paires de fibres complètes ou demi-paires plutôt que d'opérer comme un transporteur verticalement intégré. Cela compte pour l'Algérie en particulier. La capacité en accès ouvert est plus facile à acheter pour les FAI compétitifs et les fournisseurs cloud indépendants que la capacité contrôlée par un opérateur historique unique. Le résultat, sur les marchés où des modèles similaires ont été utilisés, est un peering plus dense, davantage d'hébergement de contenu local, et des prix plus bas pour les clients finaux.
Cela ne se produit pas automatiquement. Cela dépend de l'ARPCE et d'Algérie Télécom qui autorisent les acheteurs non-historiques (FAI privés, fournisseurs cloud locaux, CDN internationaux) à acquérir et terminer la capacité Medusa à des conditions équitables. Les 12-18 prochains mois montreront si la mise à niveau de la dorsale se traduit effectivement en baisse des prix de gros et de détail.
Ce que les décideurs algériens devraient faire
Les responsables IT entreprise devraient revisiter les contrats de connectivité internationale qui arrivent à renouvellement en 2026. Demandez explicitement aux opérateurs actuels si leur chemin de transit exploite la capacité Medusa et exigez des benchmarks tarifaires contre les nouveaux fournisseurs utilisant Medusa. Les architectes cloud devraient réévaluer s'il faut garder les charges principales dans des régions européennes, maintenant que la latence et les coûts de bande passante vers Francfort, Marseille ou Madrid devraient s'améliorer. Et les opérateurs de data centers domestiques devraient considérer Medusa comme un intrant matériel pour leur proposition de valeur — le même câble qui rend le cloud européen moins cher rend aussi l'hébergement algérien plus attractif pour les clients servant des utilisateurs européens.
Questions Fréquemment Posées
Qu'est-ce que le câble Medusa et pourquoi est-il important pour l'Algérie ?
Medusa est un système de câble sous-marin de 8 760 km traversant la Méditerranée, conçu avec 24 paires de fibres à 20 Tbps chacune pour 480 Tbps de capacité totale. L'Algérie est l'un des 21 pays d'atterrissement confirmés, aux côtés de l'Espagne, de la France, de l'Italie, du Portugal, du Maroc, de la Tunisie, de l'Égypte et d'autres. Il est opéré par AFR-IX Telecom en tant qu'infrastructure neutre à accès ouvert — ce qui signifie que tout opérateur ou FAI peut acheter de la capacité. Pour l'Algérie, c'est la plus grande mise à niveau de bande passante en plus d'une décennie.
Quand la capacité algérienne entrera-t-elle en service ?
Marseille a été activée en octobre 2025, Bizerte en novembre 2025 et Nador en décembre 2025. D'autres atterrissements sont programmés en 2026. Le système est conçu pour une durée de vie opérationnelle de 25 ans et est financé par un partenariat de 342 M€ (~400 M$) incluant AFR-IX Telecom, Orange et des programmes européens comme le Connecting Europe Facility – Digital et NextGenerationEU.
Les prix internet algériens baisseront-ils grâce à Medusa ?
Probablement oui au niveau de gros sur 12-24 mois — la nouvelle capacité sous-marine tire historiquement les prix de transit à la baisse dans le bassin concerné. Mais savoir si ces économies atteindront les clients de détail algériens dépend des règles d'accès ouvert de l'ARPCE et des décisions tarifaires d'Algérie Télécom. Les acheteurs d'entreprise qui négocient des contrats de transit en 2026 devraient demander explicitement aux opérateurs de chiffrer les chemins activés par Medusa.














