⚡ Points Clés

Le projet Tawdif du BIT a mis en place des Career Centres et Maisons de l’Entrepreneuriat dans les universités algériennes et a formé des centaines de diplômés via les Job Search Clubs. Tawdif II, financé par le Royaume-Uni, a consolidé les outils et contribué à une plateforme numérique d’orientation professionnelle avec des partenaires comme ANEM, ANADE, UGTA et CGEA.

En résumé : Les universités, ministères et fédérations d’employeurs algériens devraient bâtir les nouveaux programmes d’emploi des diplômés sur l’architecture existante de Tawdif — Career Centres, Maisons de l’Entrepreneuriat et Job Search Clubs — plutôt que de la réinventer.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’AlgérieÉlevé
Les Career Centres et Maisons de l’Entrepreneuriat de Tawdif se situent exactement dans les institutions — universités et ministères — qui doivent mettre à l’échelle les passerelles diplômés-employeurs pour les objectifs 2030 de l’Algérie.
Calendrier d’action6-12 mois
Les programmes domestiques peuvent se brancher sur l’échafaudage institutionnel existant dans un cycle académique.
Parties prenantes clésMinistère de l’Enseignement Supérieur, Ministère du Travail, ANEM, ANADE (ex-ANSEJ), services carrière universitaires
Type de décisionStratégique
C’est une décision de modèle sur la structuration de la transition diplôme-premier emploi, pas une initiative unique à lancer.
Niveau de prioritéÉlevé
Sans infrastructure institutionnelle de coaching, même des programmes de formation bien financés produisent des certificats qui ne se convertissent pas en emploi.

En bref : Les universités, ministères et fédérations patronales algériennes devraient traiter les Career Centres, Maisons de l’Entrepreneuriat et Job Search Clubs de Tawdif comme l’architecture par défaut de toute nouvelle initiative d’emploi des diplômés — et les financer sur les budgets domestiques plutôt que d’attendre un nouveau cycle de bailleur.

Le projet que les universités algériennes utilisent encore, discrètement

La plupart des analyses sur l’emploi des diplômés en Algérie se concentrent sur le décalage macro : les universités produisent des milliers de diplômés, le secteur privé peine à trouver des profils aux compétences adéquates, et l’écart s’élargit. Moins visible : l’infrastructure que les partenaires internationaux ont construite à l’intérieur des universités algériennes pour combler cet écart. Le projet Tawdif du BIT — « recrutement » en arabe — en est l’exemple le plus durable.

Selon la page projet Tawdif du BIT, l’objectif général de Tawdif est d’améliorer les perspectives d’emploi des diplômés universitaires et de faciliter la transition de la salle de classe vers le marché du travail. Le projet s’articule autour de trois axes : renforcer les compétences des étudiants en recherche d’emploi et en entrepreneuriat, mieux aligner la formation sur les besoins du marché du travail, et renforcer la capacité des structures publiques qui accompagnent les jeunes diplômés.

Career Centres et Maisons de l’Entrepreneuriat

Deux structures physiques ancrent le modèle Tawdif dans les universités participantes. Les Career Centres accueillent conseillers carrière, ateliers CV, simulations d’entretiens et sessions d’approche employeur. Les Maisons de l’Entrepreneuriat offrent du coaching aux étudiants qui veulent lancer leur propre activité plutôt que chercher un emploi salarié.

Ce ne sont pas des salles symboliques. Le modèle du BIT consistait à les doter de personnel formé et à les connecter à un réseau national d’outils, d’instruments d’évaluation et d’institutions partenaires. Les étudiants qui entraient dans un Career Centre Tawdif accédaient à des programmes structurés plutôt qu’à un flyer et une poignée de main.

Job Search Clubs : le composant le plus mis à l’échelle

Au sein des Career Centres, l’innovation signature de Tawdif est le Job Search Club — un format en groupe où une cohorte de diplômés récents passe plusieurs semaines ensemble à maîtriser les méthodes de recherche d’emploi modernes : rédaction de CV ciblé, recherche du marché caché de l’emploi, approche réseau, techniques d’entretien et négociation.

La page pays Algérie du BIT indique que « des centaines de jeunes diplômés » sont passés par ces clubs durant la première phase de Tawdif. Les clubs servaient aussi de cohortes informelles où les participants s’entraidaient pour trouver des offres — une dynamique inhabituelle dans la culture traditionnellement individualiste de recherche d’emploi en Algérie.

Lorsque le premier projet Tawdif s’est terminé en 2019, le BIT a étendu le réseau de Job Search Clubs plutôt que de le fermer, en formant le personnel ministériel à faire fonctionner de nouveaux clubs dans les structures publiques de l’emploi.

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Tawdif II : bâtir sur ce qui a marché

La phase de suivi — TAWDIF II : Construire ensemble des compétences pour l’emploi des jeunes — est mise en œuvre par le Bureau du BIT à Alger (qui couvre l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie) et financée par le Royaume-Uni. Tawdif II a déplacé l’accent de l’ouverture de nouveaux centres physiques vers la consolidation des outils, curricula et partenariats institutionnels établis lors de la première phase.

Un livrable concret est l’outil d’orientation intersectoriel « Comprendre l’entreprise », développé avec le personnel ministériel et déployé aux structures partenaires. L’idée est simple : avant que les universités puissent aligner leurs curricula sur les besoins des employeurs, il faut un langage commun pour décrire ce que font réellement les entreprises, pour quelles compétences elles recrutent et comment les rôles évoluent.

La plomberie institutionnelle

La liste des partenaires compte plus que le nom du projet. Tawdif et Tawdif II ont travaillé avec :

  • Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique — pour la mise en œuvre au niveau universitaire
  • Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale — pour la connexion aux services publics de l’emploi
  • ANEM (Agence Nationale de l’Emploi) — l’agence nationale de l’emploi
  • ANSEJ (devenue ANADE) — l’agence d’appui aux jeunes entrepreneurs
  • UGTA (syndicat des travailleurs) et CGEA (confédération patronale) — pour l’adhésion des partenaires sociaux

Cette architecture inter-ministérielle est ce qui distingue Tawdif des programmes ONG à plus courte durée de vie. Un Career Centre inséré dans une université n’est utile que s’il peut orienter les étudiants vers de vrais employeurs, de vrais programmes de financement et de vraies données du marché du travail. Tawdif a branché ces connexions.

La plateforme numérique d’orientation

Après les phases initiales, le BIT a contribué à la mise en place d’une plateforme numérique d’orientation professionnelle pour les jeunes — une évolution du modèle Career Centre en présentiel pour une population de diplômés qui cherche et postule de plus en plus en ligne. La plateforme s’appuie sur les méthodologies (modèles de CV, modules de préparation aux entretiens, cadres de recherche d’entreprise) développées pendant Tawdif et les rend accessibles au-delà de la poignée de Centres physiques.

Pourquoi c’est encore pertinent en 2026

Les chiffres du marché du travail qui ont motivé Tawdif n’ont pas disparu. Les universités algériennes continuent de diplômer chaque année de larges cohortes dans des filières où la demande privée est inégale, et les employeurs signalent encore la difficulté à trouver des diplômés prêts pour leur premier emploi. Ce qui a changé, c’est que l’échafaudage institutionnel construit par Tawdif — Career Centres, Maisons de l’Entrepreneuriat, Job Search Clubs, personnel ministériel formé, plateforme numérique — est désormais disponible pour que des programmes domestiques l’étendent, le localisent et le financent à l’échelle.

Pour la nouvelle génération d’initiatives algériennes en compétences numériques — les 40 programmes de formation numérique annoncés en 2025, les 285 000 places de formation professionnelle, les 74 masters IA — l’héritage de Tawdif offre un modèle pratique. L’écart entre un certificat de formation et un premier emploi ne se comble pas par plus de certificats. Il se comble par l’infrastructure de coaching que Tawdif a démontré, imparfaitement mais concrètement, que les universités algériennes peuvent accueillir.

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Questions Fréquemment Posées

Qu’est-ce que le projet Tawdif du BIT et quand s’est-il déroulé ?

Tawdif (« recrutement » en arabe) est un projet du BIT visant à améliorer la transition université-marché du travail pour les diplômés algériens. La première phase s’est terminée en 2019. Tawdif II, financé par le Royaume-Uni, a suivi et est mis en œuvre par le Bureau du BIT à Alger.

Quelle est la différence entre un Career Centre et une Maison de l’Entrepreneuriat ?

Les Career Centres aident les diplômés à préparer l’emploi salarié — ateliers CV, entretiens, réseau, Job Search Clubs. Les Maisons de l’Entrepreneuriat accompagnent les étudiants qui veulent lancer leur propre activité. Les deux sont implantées dans les universités partenaires.

Quelles institutions algériennes sont partenaires de Tawdif ?

Le projet travaille avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Ministère du Travail, ANEM (agence nationale de l’emploi), ANSEJ/ANADE (appui à l’entrepreneuriat des jeunes), UGTA (syndicat) et CGEA (confédération patronale).

Sources et lectures complémentaires