⚡ Points Clés

Le qanun al-maliya 2025 de l’Algérie a interdit les paiements en espèces pour l’immobilier, les véhicules, les équipements industriels et les assurances obligatoires depuis le 1er janvier 2025. Le volume des e-paiements a bondi de 46 % à 939 milliards de dinars, mais avec seulement 3 % des entreprises équipées pour les paiements numériques en 2023 et DZMobPay à seulement 79 000 utilisateurs, le déficit d’infrastructure reste le goulot d’étranglement critique avant l’objectif d’économie sans cash de 2028.

En résumé : Les professionnels de l’immobilier et les concessionnaires automobiles doivent assurer une conformité immédiate au paiement numérique, tandis que les fondateurs fintech devraient cibler le déficit d’intégration des marchands — le mandat réglementaire a créé une demande que l’infrastructure existante ne peut pas encore servir.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

Il s’agit d’une loi algérienne directe déjà en vigueur depuis le 1er janvier 2025, modifiant fondamentalement la conduite des transactions immobilières, automobiles et d’assurance dans tout le pays.
Calendrier d’action
Immédiat

L’interdiction du cash est déjà applicable. Les notaires refusent les actes réglés en espèces. Les entreprises des secteurs concernés doivent disposer de capacités de paiement numérique maintenant.
Parties prenantes clés
Promoteurs immobiliers, concessionnaires automobiles, compagnies d’assurance, notaires, startups fintech, banques, GIE Monétique, acheteurs immobiliers de la diaspora
Type de décision
Stratégique

Cela représente un virage structurel dans l’économie algérienne qui remodelera les marchés immobiliers, l’inclusion financière et le paysage fintech pour les années à venir.
Niveau de priorité
Critique

La loi est déjà en vigueur avec des mécanismes d’application actifs. Le non-respect signifie l’incapacité de conclure des transactions majeures. Les opportunités fintech sont sensibles au temps.

En bref : Les professionnels de l’immobilier, les concessionnaires automobiles et les compagnies d’assurance doivent assurer une conformité complète au paiement numérique immédiatement — les notaires refusent déjà les actes réglés en espèces. Les entrepreneurs fintech devraient reconnaître la vague de demande réglementaire : l’intégration de marchands, le SoftPos et les solutions de paiement mobile représentent des opportunités de marché significatives tandis que l’Algérie fonce vers son objectif sans cash de 2028. Le volume d’e-paiement de 939 milliards de dinars montre l’élan, mais le déficit d’acceptation marchande est le plus grand problème non résolu.

Que prohibe exactement la loi ?

Le 1er janvier 2025, l’Algérie a franchi une ligne qu’aucune réglementation précédente n’avait osé tracer. La loi de finances 2025, publiée au Journal Officiel le 29 décembre 2024, a rendu illégal le paiement en espèces pour l’immobilier, les véhicules, les équipements industriels, les bateaux de plaisance et les polices d’assurance obligatoires. Pas découragé. Pas taxé à un taux supérieur. Interdit purement et simplement.

L’article 207 exige que ces transactions soient effectuées exclusivement par les canaux bancaires et financiers : virements bancaires, chèques certifiés et transactions électroniques. Le cash n’est plus une option pour aucune de ces catégories, quel que soit le montant.

La Chambre Nationale des Notaires a déjà instruit tous les notaires du pays de refuser tout acte de vente réglé en espèces. Puisque les notaires authentifient chaque transaction immobilière en Algérie, l’interdiction dispose d’un point de contrôle institutionnel immédiat.

Pour un pays où l’on estime que 30 à 50 % du PIB circule par des canaux informels et où le cash est depuis longtemps le langage par défaut du commerce, cela représente le mandat de numérisation le plus contraignant de l’histoire économique algérienne.

La carotte accompagnant le bâton

La loi de finances 2025 n’est pas purement punitive. Pour accélérer l’adoption, le gouvernement a associé l’interdiction du cash à des incitations fiscales :

  • Exonération totale des droits de timbre pour les paiements effectués par voie électronique. Auparavant, le droit de timbre s’appliquait universellement ; désormais, les payeurs numériques paient zéro.
  • Augmentation des droits de timbre sur les paiements en espèces pour les transactions encore légalement autorisées en cash, avec la suppression totale du seuil de perception précédent de 10 000 DA.

Pour les entreprises traitant des centaines de transactions mensuelles, le différentiel de droit de timbre rend à lui seul l’adoption numérique financièrement rationnelle.

L’infrastructure d’e-paiement : croissance rapide, encore insuffisante

L’interdiction du cash serait un mandat vide sans l’infrastructure pour absorber le volume. Les chiffres suggèrent que l’Algérie a construit des capacités de manière agressive.

Les transactions d’e-paiement ont atteint 939 milliards de dinars en 2025, une hausse de 46 % par rapport aux 643,8 milliards de dinars en 2024 :

  • Les valeurs de paiement en ligne ont bondi de 179 % à 145 milliards de dinars, avec plus de 27 millions de transactions
  • La valeur des terminaux de point de vente a doublé à 89,5 milliards de dinars, avec des terminaux passant de 68 140 à 78 774 unités (hausse de 15,6 %)
  • Les paiements mobiles ont atteint 58,4 millions de transactions pour 43,5 milliards de dinars en 2024, contre 39,2 millions en 2023
  • Les marchands en ligne ont atteint 644 fin 2025, une hausse de 26 % avec 134 nouvelles intégrations
  • Les transactions aux GAB ont dépassé 235 millions en 2025, en hausse de 19 %, desservies par 4 679 machines

La plateforme de paiement mobile interopérable DZMobPay, lancée en janvier 2025, comptait 79 130 utilisateurs et 11 873 marchands enregistrés en novembre 2025. Sept banques et Algérie Poste proposent actuellement le service, avec une extension à 15 banques prévue pour 2026.

Pourtant, l’écart reste important. Un rapport de 2023 a révélé que seulement 3 % des entreprises algériennes étaient équipées pour traiter les paiements numériques. Même avec un déploiement agressif de terminaux, le réseau d’acceptation marchande doit croître considérablement pour soutenir une économie véritablement sans cash pour les transactions de grande valeur.

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SoftPos : le changement de donne pour l’adoption marchande

Le développement le plus prometteur est peut-être la technologie SoftPos (Software Point of Sale), que le GIE Monétique prévoit de lancer fin 2026. Le SoftPos transforme tout smartphone équipé NFC en terminal de paiement, éliminant le besoin de matériel dédié.

C’est d’une importance capitale pour le tissu marchand algérien. Les terminaux de paiement traditionnels comportent des coûts initiaux qui découragent les petits commerçants, les vendeurs de marchés informels, les chauffeurs VTC et les livreurs. Le SoftPos supprime entièrement cette barrière. S’il est déployé avec succès, le SoftPos pourrait combler l’écart entre le mandat légal de la loi de finances et la conformité pratique sur le terrain, en particulier dans des secteurs comme la vente de véhicules d’occasion où les transactions ont historiquement été entièrement en espèces.

Qui ressent le plus l’impact ?

Le secteur immobilier fait face à l’ajustement le plus dramatique. Le marché immobilier algérien a longtemps fonctionné selon un système de double prix : un prix officiel déclaré à des fins fiscales et un complément en espèces sous la table. La loi de finances perturbe cette pratique en exigeant une traçabilité complète via les canaux bancaires. Pour les Algériens de la diaspora qui convertissaient auparavant des euros en dinars sur le marché parallèle pour financer des achats immobiliers, cette voie est désormais formellement fermée.

Les concessionnaires automobiles doivent désormais acheminer toutes les ventes par des canaux de paiement documentés, introduisant de nouvelles exigences de conformité mais apportant aussi une reconnaissance formelle des revenus et une comptabilité plus transparente.

Les compagnies d’assurance bénéficient directement, car les paiements électroniques réduisent le risque de fraude et améliorent le recouvrement sur les polices obligatoires comme l’assurance auto, où les irrégularités de paiement en espèces ont été persistantes.

L’ambition d’une économie sans cash en 2028

La loi de finances 2025 n’est pas une mesure isolée. Le 18 octobre 2025, le gouverneur de la Banque d’Algérie Salah Eddine Taleb a annoncé une stratégie nationale pour atteindre une économie sans cash d’ici 2028. Le Comité National des Paiements, créé en 2024, supervise la feuille de route qui comprend :

  • L’extension du switch de paiements instantanés SATIM à toutes les banques
  • Le déploiement de DZMobPay vers une interopérabilité universelle
  • Le déploiement du SoftPos pour augmenter considérablement les points d’acceptation marchands
  • L’exploration d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) comme prévu dans la loi monétaire et bancaire de 2023

L’objectif 2028 est ambitieux pour n’importe quel pays ; pour l’Algérie, où la pénétration bancaire reste inférieure aux moyennes régionales et où la préférence culturelle pour le cash est profondément ancrée, il exige une transformation qui va bien au-delà de la législation. Mais la loi de finances 2025 démontre que le gouvernement est prêt à utiliser la force réglementaire, et pas seulement les incitations, pour conduire cette transformation.

La vue d’ensemble pour l’économie numérique algérienne

L’interdiction du cash est plus qu’une réglementation des paiements. C’est une réforme structurelle qui affecte simultanément la transparence de l’évaluation immobilière, l’efficacité du recouvrement fiscal, la conformité anti-blanchiment et les indicateurs d’inclusion financière.

Les revues de progrès du GAFI sur l’Algérie ont souligné les flux de trésorerie informels comme une vulnérabilité persistante en matière de LBC. En forçant les transactions de grande valeur dans des canaux documentés, la loi de finances comble directement cette lacune.

Pour l’écosystème fintech algérien, la loi crée une demande de marché immédiate. Les processeurs de paiement, les fournisseurs de portefeuilles mobiles, les plateformes d’intégration de marchands et les services de vérification d’identité numérique bénéficient tous d’un vent réglementaire favorable qui n’existait pas avant janvier 2025.

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Questions Fréquemment Posées

Peut-on encore payer en espèces les achats quotidiens comme l’alimentation et le commerce de détail ?

Oui. L’interdiction du cash de la loi de finances 2025 s’applique spécifiquement à l’immobilier, aux véhicules vendus par concessionnaires et distributeurs, aux équipements industriels, aux bateaux de plaisance et aux assurances obligatoires. Les achats de consommation courante, les petites transactions de détail et le commerce informel ne sont pas concernés. Cependant, l’augmentation des droits de timbre sur les paiements en espèces incite financièrement à utiliser les méthodes numériques même pour les transactions où le cash reste légal.

Que se passe-t-il si un notaire traite une vente immobilière payée en espèces après janvier 2025 ?

La Chambre Nationale des Notaires a instruit tous les notaires de refuser tout acte de vente réglé en espèces. Un notaire procédant à une transaction immobilière en cash violerait les directives professionnelles et les dispositions de l’article 207 de la loi de finances 2025. Les acheteurs doivent présenter une preuve de paiement par virement bancaire, chèque certifié ou transaction électronique avant que la vente puisse être authentifiée.

L’infrastructure de paiement numérique algérienne est-elle prête à gérer le volume des transactions en espèces interdites ?

L’infrastructure a considérablement progressé, avec des e-paiements atteignant 939 milliards de dinars en 2025 (en hausse de 46 %) et des terminaux de paiement en expansion à près de 79 000 unités. Cependant, des défis subsistent : seuls 3 % des entreprises étaient équipées pour les paiements numériques en 2023, et DZMobPay comptait environ 79 000 utilisateurs fin 2025. Le déploiement prévu du SoftPos fin 2026, qui transforme les smartphones en terminaux de paiement, devrait élargir considérablement l’acceptation marchande et combler le déficit d’infrastructure.

Sources et lectures complémentaires