La poussée à 939 Mds DZD et l’ouverture SoftPOS en Algérie
L’histoire algérienne du paiement a changé de braquet en 2025. La valeur totale des paiements électroniques — TPE, transactions en ligne et QR mobile cumulés — a atteint 939 milliards de DZD, en hausse de 46% par rapport aux 643,8 milliards de DZD un an plus tôt, selon les chiffres publiés par le service premium d’Algeria Invest. Les paiements en ligne seuls ont bondi de 179% à 145 milliards de DZD sur plus de 27 millions de transactions, tandis que les volumes TPE ont doublé à 89,5 milliards de DZD. Comme l’a rapporté la rédaction anglophone de DzairTube, le parc de TPE est également passé de 68 140 unités en décembre 2024 à 78 774 en décembre 2025, une progression de 15,6%.
Le chiffre vedette traduit l’élan, mais le parc de terminaux signale une ouverture. Près de 79 000 TPE pour une population marchande estimée à plus d’un million : un déficit de couverture que le matériel traditionnel ne peut pas combler à la vitesse ni à l’économie unitaire que les petits commerces peuvent absorber. SoftPOS renverse ce calcul : tout téléphone Android moderne équipé NFC devient le terminal, et le coût d’entrée s’effondre, passant d’un contrat de location de lecteur de carte à un simple téléchargement d’application.
C’est précisément l’écart que vise le Regroupement des Guichets Automatiques (RGA). Selon la note d’Algerie360 sur la feuille de route paiement mobile 2026, l’intégration SoftPOS est « attendue pour la fin 2026 » et permettra aux commerçants d’accepter les paiements sans contact — cartes bancaires comme smartphones — directement via leur propre téléphone. La même feuille de route prévoit que DZ Mob Pay connecte 15 banques courant 2026, en s’appuyant sur les 79 130 utilisateurs et 11 873 marchands déjà inscrits sur la plateforme début novembre 2025.
Ce que SoftPOS change pour les petits commerçants : acceptation sans matériel
SoftPOS — également commercialisé sous le nom de Tap to Phone (Visa) ou Tap on Phone (Mastercard) — utilise la puce NFC déjà présente dans les smartphones modernes pour lire les cartes sans contact et les portefeuilles numériques. Au lieu d’acheter ou de louer un terminal dédié, le commerçant installe une application certifiée de sa banque acquéreur, s’enregistre, puis commence à encaisser. L’écran du téléphone joue le rôle de pavé PIN pour les transactions au-dessus du plafond sans contact, et le dos du téléphone devient le point de contact pour la carte ou le portefeuille du client.
Pour un commerçant algérien habitué à refuser les paiements par carte ou à partager un unique terminal sous le comptoir, le changement est structurel. Pas de location, pas de carte SIM séparée, pas de cycle de renouvellement matériel. Toute la pile de risque et de conformité de la banque acquéreur — KYC, règlement, gestion des litiges — réside dans l’application plutôt que dans l’appareil. Des guides indépendants comme l’explicateur de Mobile Transaction sur SoftPOS notent que le déploiement peut s’effectuer en quelques minutes une fois l’onboarding marchand validé, contre plusieurs semaines pour la logistique d’un terminal classique.
Le modèle s’inscrit aussi dans la trajectoire réglementaire que l’Algérie a déjà tracée. L’Instruction 06-2025 de la Banque d’Algérie a établi un régime de Prestataires de Services de Paiement (PSP) avec des portefeuilles numériques à paliers et des règles de protection du consommateur, et le sandbox réglementaire fintech est positionné pour accueillir de nouveaux modèles de paiement en 2026 sous supervision. Les déploiements SoftPOS s’insèrent directement dans ce régime PSP : la relation marchande est portée par un établissement agréé, les rails transactionnels sont DZ Mob Pay et les réseaux CIB/Edahabia existants, et les certifications Visa et Mastercard voyagent avec l’application plutôt qu’avec le terminal. La couverture de The Fintech Times sur l’écosystème algérien 2026 décrit ce moment comme un progrès institutionnel plus qu’une croissance explosive — une description qui colle à un modèle d’acceptation sans matériel conçu pour élargir la base marchande plutôt que courir après les volumes vedettes.
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Comment les commerçants algériens peuvent se préparer au déploiement NFC
1. Inscrire son commerce auprès d’une banque membre de DZ Mob Pay avant l’ouverture du créneau SoftPOS
Le premier geste est administratif, pas technique. Les déploiements SoftPOS dans d’autres marchés ont montré que l’étape la plus lente pour les marchands n’est pas l’installation de l’application mais la finalisation de l’onboarding marchand auprès d’une banque acquéreur — KYC, vérifications au registre du commerce, comptes de cantonnement de fonds et attribution du code de catégorie d’activité. Les commerçants et cafetiers algériens doivent s’adresser dès maintenant à l’une des neuf institutions déjà actives sur DZ Mob Pay — BNA, CPA, BDL, BEA, CNEP-Banque, AGB, Al Salam Bank, BADR ou Algérie Poste via Baridi Mob — et ouvrir un compte marchand maintenant, pas après l’annonce du lancement SoftPOS. Boucler la paperasse pendant un trimestre calme permet à votre commerce d’être dans la première vague éligible à l’application SoftPOS, plutôt que de faire la queue derrière des dizaines de milliers d’entrants tardifs fin 2026.
2. Auditer le parc de téléphones pour la compatibilité NFC et la version Android avant le T4 2026
Les certifications SoftPOS de Visa et Mastercard exigent une version Android minimale, un keystore matériel et un contrôleur NFC fonctionnel. Les appareils d’entrée de gamme courants dans le petit commerce algérien — terminaux à bas prix tournant sous Android 9 ou antérieur, ou modèles dont le NFC est désactivé — ne seront pas éligibles. Avant le déploiement de fin 2026, auditez les téléphones réellement utilisés en magasin : confirmez que chaque appareil tourne sous Android 11 ou plus récent, que le commutateur NFC existe dans les paramètres et fonctionne face à une carte de transport ou une carte bancaire sans contact, et que l’appareil n’a pas été « rooté » (les appareils rootés sont bloqués par l’attestation). Si votre téléphone de caisse échoue à l’audit, planifiez un seul renouvellement vers un milieu de gamme Android NFC plutôt que d’attendre la semaine du lancement, où l’offre et les prix tendent à flamber.
3. Former les caissiers aux flux sans contact et à l’écran PIN SoftPOS avant la haute saison
Le flux côté client est familier — tap and go pour les montants sous le plafond sans contact, saisie du PIN à l’écran au-dessus. Le flux côté marchand est nouveau. Les caissiers devront apprendre à lancer l’application SoftPOS, à tenir l’appareil dans le bon angle pour la carte ou le téléphone du client, à gérer les transactions refusées sans re-taper, et à rapprocher les rapports de règlement de fin de journée dans l’application plutôt que sur un ticket papier. Organisez une formation interne d’une heure avant la prochaine saison à fort volume — Ramadan, rentrée scolaire ou fin d’année — en utilisant une carte de test sans contact empruntée. Documentez les trois états d’erreur que le personnel rencontrera le plus souvent (pas de champ NFC, carte refusée, client annule le PIN) et la bonne réponse pour chacun. Les commerçants qui sautent cette étape perdent typiquement 10 à 15% des tentatives sans contact dans les premières semaines à cause d’erreurs d’opérateur.
4. Choisir un compte de règlement unique et y câbler sa comptabilité avant de passer en production
SoftPOS transforme chaque téléphone de caissier en point d’acceptation, ce qui veut dire que les données de transactions arrivent sur votre compte de banque acquéreur depuis plusieurs appareils en parallèle. Choisissez un compte de règlement unique par commerce — pas un par téléphone — et routez chaque téléphone équipé SoftPOS vers ce compte. Connectez ensuite ce compte à votre comptabilité existante, qu’il s’agisse d’Excel, d’un comptable local ou d’une plateforme de comptabilité PME. Aligner règlement et comptabilité avant le lancement évite le regret le plus fréquent de l’onboarding SoftPOS : un mois de paiements encaissés mais jamais correctement rapprochés, qui force ensuite un rattrapage criminalistique le trimestre suivant. La couverture d’El Watan sur l’expansion DZ Mob Pay note que la nouvelle vague de solutions vise à la fois les clients et les commerçants — la discipline côté marchand est ce qui transforme ces solutions en valeur business plutôt qu’en reçus éparpillés.
Le moment de saut technologique de l’Algérie dans les paiements marchands
Ce qui rend la fenêtre SoftPOS de fin 2026 véritablement différente des vagues précédentes, c’est que les rails réglementaires, la plateforme interbancaire et la courbe de demande marchande arrivent au même moment pour la première fois. L’Instruction 06-2025 a doté l’Algérie de son premier rulebook PSP. DZ Mob Pay a donné au pays son premier commutateur de paiement mobile interopérable et est en passe d’atteindre 15 banques en 2026. Le chiffre de 939 milliards de DZD de paiements pour 2025 — confirmé par Algerie Eco, Algeria Invest et DzairTube — établit que les consommateurs algériens ont dépassé la phase d’adoption précoce. SoftPOS est ce qui permet à l’offre d’acceptation de rattraper enfin cette demande sans exiger de 1,1 million de marchands qu’ils achètent 1,1 million de terminaux.
Pour un café à Bab El Oued, un tailleur à Constantine ou un livreur gig travaillant avec les applis de quick-commerce, la promesse pratique est que l’acceptation sans contact devient un téléchargement, pas un achat d’immobilisation. Pour un détaillant de taille moyenne avec cinq succursales, cela devient la capacité d’ajouter un point d’acceptation à chaque caisse sans renégocier de location de terminal. Et pour l’écosystème plus large, cela signifie que la prochaine étape de la poussée des paiements algériens peut venir non pas de plus de terminaux mais de plus de marchands — ce qui est la bonne forme pour une économie où la transition cashless reste majoritairement en amont de la longue traîne des petits commerces.
Les commerçants qui se préparent durant le second semestre 2026 seront ceux dont la première transaction sans contact aura lieu la semaine du lancement de l’application, pas six mois plus tard. Le guide ci-dessus — inscription bancaire, audit des téléphones, formation du personnel, discipline de règlement — fait la différence entre regarder le moment du saut technologique et y participer.
Questions Fréquemment Posées
Qu’est-ce que SoftPOS et en quoi diffère-t-il d’un TPE traditionnel ?
SoftPOS est une solution d’acceptation de paiement logicielle qui transforme un smartphone ou une tablette équipé NFC en terminal de paiement sans contact. Au lieu d’acheter ou de louer un lecteur de carte dédié, le marchand installe une application certifiée d’une banque acquéreur et utilise la puce NFC du téléphone pour accepter les cartes sans contact et les portefeuilles numériques. Visa le commercialise sous le nom de Tap to Phone et Mastercard sous celui de Tap on Phone. Pour les commerçants algériens, les différences pratiques les plus importantes sont l’absence de coût matériel, un onboarding plus rapide et la possibilité d’ajouter l’acceptation à chaque caisse sans nouvelle location de terminal.
Quand SoftPOS sera-t-il réellement disponible pour les commerçants en Algérie ?
Le Regroupement des Guichets Automatiques (RGA) vise fin 2026 pour l’intégration de SoftPOS dans l’écosystème de paiement interbancaire algérien, d’après la couverture publiée par Algerie360 et confirmée par plusieurs médias financiers algériens fin 2025. Une fois lancé, le déploiement suivra le même schéma que DZ Mob Pay — d’abord via un sous-ensemble de banques membres, puis progressivement étendu à l’ensemble des 15 banques attendues sur le réseau de paiement mobile interbancaire courant 2026. Les marchands qui finalisent l’onboarding côté banque avant l’annonce du lancement seront éligibles à la première vague.
Les petits commerçants algériens ont-ils besoin d’une licence ou d’un nouveau contrat pour accepter les paiements SoftPOS ?
Les commerçants n’ont pas besoin d’une licence séparée, mais ils doivent avoir une relation marchande avec une banque acquéreur qui a activé SoftPOS, plus une inscription au registre du commerce et la documentation KYC habituelle. L’échafaudage juridique repose sur l’Instruction 06-2025 de la Banque d’Algérie, qui a créé le régime des Prestataires de Services de Paiement (PSP) régissant les portefeuilles numériques, les réseaux d’agents et la protection du consommateur en Algérie. En pratique, le commerçant signe le même type de contrat d’acceptation qu’il signerait pour un TPE, la banque lui attribue un code de catégorie marchande, et l’application SoftPOS fonctionne alors sous ce contrat.
Sources et lectures complémentaires
- DZ Mob Pay : Le Paiement Mobile Interbancaire en Algerie s’etendra a 15 Banques d’ici 2026 — Algerie360
- E-paiement : 939 milliards de dinars en 2025, +46% en un an — Algeria Invest
- Electronic Payments in Algeria Surge by 46% in 2025 — DzairTube
- Algeria’s Fintech Ecosystem in 2026 by Building Momentum — The Fintech Times
- Paiement electronique : DZMobPay generalise a 15 banques en 2026 — El Watan
- Algerie : Le montant des paiements electroniques s’est eleve a 939 milliards de dinars en 2025 (+46%) — Algerie Eco
- What is SoftPOS (or Tap to Pay) and how does it work? — Mobile Transaction












