⚡ Points Clés

L’Algérie a intercepté plus de 70 millions de cyberattaques et bloqué plus de 13 millions de tentatives de phishing en 2024, se classant 17e au niveau mondial parmi les nations les plus ciblées. Le décret présidentiel 26-07 (janvier 2026) impose désormais des unités de cybersécurité dédiées dans chaque institution publique, et la Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029 offre aux institutions un plan concret pour convertir ce volume d’attaques mesuré en capacité de détection et de réponse.

En résumé : Les RSSI et directeurs informatiques du secteur public algérien devraient traiter le décret 26-07 comme un plan de capacité de détection — en érigeant l’unité de cybersécurité comme une ligne hiérarchique distincte, en construisant une cartographie des menaces vivante et en répétant le relais avec l’ASSI avant un incident.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

Le décret 26-07 impose directement des unités de cybersécurité dans toutes les institutions publiques algériennes, et la télémétrie d’attaques de 2024 s’applique à l’échelle nationale aux systèmes bancaires, de santé, énergétiques et gouvernementaux.
Calendrier d’action
Immédiat

Le décret est déjà en vigueur depuis janvier 2026, et les institutions publiques doivent former leurs unités dès maintenant — les 6 à 12 prochains mois déterminent si elles deviennent de réelles capacités de détection ou des coquilles de conformité.
Parties prenantes clés
RSSI, directeurs informatiques du secteur public, analystes de sécurité, opérateurs bancaires et énergétiques

Assessment: RSSI, directeurs informatiques du secteur public, analystes de sécurité, opérateurs bancaires et énergétiques. Review the full article for detailed context and recommendations.
Type de décision
Stratégique

Cela façonne la manière dont une institution structure, dote en personnel et gouverne l’ensemble de sa fonction de détection et de réponse pour la période de la stratégie 2025-2029.
Niveau de priorité
Élevé

La capacité de détection et de réponse protège directement les services critiques de l’Algérie, et le mandat juridique conjugué au volume d’attaques mesuré rend l’action à court terme essentielle.

En bref : Traitez le décret 26-07 comme un plan de capacité de détection, et non comme une case à cocher. Érigez l’unité de cybersécurité comme une ligne hiérarchique distincte, construisez une cartographie des menaces vivante à partir de votre propre télémétrie, répétez le relais avec l’ASSI avant un incident, et financez les analystes avant l’outillage. La base de 2024 montre exactement par où commencer : le phishing et la défense de la messagerie.

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Une base mesurée devient un socle de construction

En cybersécurité, les institutions qui progressent le plus vite sont généralement celles qui mesurent déjà ce qui leur arrive. L’Algérie entame son renforcement de capacités 2026 à partir d’une base remarquablement claire. Selon la télémétrie 2024 de Kaspersky rapportée par Algérie 360, les solutions de sécurité opérant dans le pays ont intercepté plus de 70 millions de cyberattaques au cours de 2024, tout en bloquant plus de 13 millions de tentatives de phishing — une hausse de 17 % sur un an — et en neutralisant près de 750 000 pièces jointes malveillantes.

Ces chiffres ne constituent pas tant un avertissement qu’une mesure. Chaque attaque interceptée est un signal qui a été détecté, classé et stoppé — ce qui signifie que la télémétrie sous-jacente existe déjà. La question stratégique pour 2026 n’est plus de savoir si l’Algérie est une cible ; le 17e rang mondial parmi les nations les plus ciblées tranche cette question. Il s’agit de savoir comment convertir un volume élevé d’événements interceptés en une capacité nationale d’anticipation de la prochaine vague. C’est précisément ce que la nouvelle architecture juridique est conçue pour permettre.

Deux décrets qui transforment la stratégie en opérations

Le fondement réglementaire est arrivé en deux étapes délibérées au tournant de 2026. Le 30 décembre 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a signé le décret présidentiel n° 25-321, approuvant formellement la Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029. Une semaine plus tard, le 7 janvier 2026, le décret présidentiel n° 26-07 a établi le cadre opérationnel de la cybersécurité au sein des institutions publiques, et a été publié au Journal officiel le 21 janvier 2026.

Le choix de conception du décret 26-07 est ce qui le rend opérationnellement significatif. Il impose à chaque institution publique de créer une unité de cybersécurité dédiée — structurellement distincte de la gestion informatique — rendant compte directement au responsable de l’organisation. Ces unités sont chargées de concevoir des cartographies des menaces, de déployer des plans de remédiation et de coordonner la réponse aux incidents avec l’ASSI, l’Agence de la Sécurité des Systèmes d’Information, qui opère sous l’autorité du ministère de la Défense nationale et pilote le cadre national de cybersécurité de l’Algérie depuis 2020.

Lors de la présentation de la stratégie le 4 mars 2026 par le général-major Abdeslam Belghoul, directeur général de l’ASSI, celle-ci s’articulait autour de quatre objectifs stratégiques : renforcer la résilience des systèmes d’information nationaux, développer un écosystème national de cybersécurité favorable, cultiver des ressources humaines qualifiées grâce à une formation structurée, et consolider la coopération nationale et internationale. Le décret présidentiel 20-05 antérieur avait déjà institutionnalisé les fonctions de responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) au sein des organismes étatiques, de sorte que le cadre de 2026 s’appuie sur une fonction RSSI qui existe déjà plutôt que de la créer de toutes pièces.

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Ce que les équipes de sécurité algériennes devraient faire

La stratégie et les décrets fixent la destination. Le travail des douze prochains mois revient aux responsables de la sécurité, aux RSSI et aux unités de cybersécurité nouvellement formées au sein des institutions publiques, des banques, des établissements de santé et des opérateurs énergétiques algériens. Cinq actions transforment le cadre en force de détection mesurable.

1. Construire la cartographie des menaces exigée par le décret 26-07 comme un modèle de détection vivant, et non un document ponctuel

Le décret 26-07 charge explicitement chaque unité de cybersécurité de concevoir une cartographie des menaces. Traitez cette exigence comme le fondement d’un programme de détection plutôt que comme un artefact de conformité. Inventoriez chaque actif exposé à Internet, reliez-le aux schémas d’attaque que l’Algérie subit réellement — les 13 millions de tentatives de phishing et 750 000 pièces jointes malveillantes mesurées par Kaspersky en 2024 vous indiquent où concentrer vos efforts d’abord — et attribuez à chaque risque cartographié un responsable nommé et une règle de détection. Une cartographie des menaces régénérée chaque trimestre à partir d’une télémétrie fraîche devient un modèle de détection ; une cartographie classée une fois et oubliée n’est que de la paperasse. Ne laissez pas le document devenir le livrable.

2. Ériger l’unité de cybersécurité comme une ligne hiérarchique distincte, exactement comme le décret le spécifie

La caractéristique de conception la plus importante du décret est structurelle : l’unité rend compte au responsable de l’organisation, et non au directeur informatique. Respectez cette séparation. Lorsque la détection et la réponse se trouvent au sein des opérations informatiques, les incidents qui impliquent les propres systèmes ou décisions de l’informatique sont sous-déclarés. Une unité qui répond directement à la direction de l’institution peut escalader sans conflit d’intérêts. Dotez-la d’au moins un analyste dont le métier à plein temps est la surveillance, et non un ingénieur réseau détectant les attaques entre deux autres tâches. La hausse de 17 % sur un an des tentatives de phishing bloquées signifie que le volume d’alertes grimpe, et un responsable à temps partiel manquera le signal important au milieu du bruit.

3. Relier chaque unité à la coordination de l’ASSI avant un incident, et non pendant

Le décret 26-07 exige une coordination avec l’ASSI sur la réponse aux incidents. Construisez ce canal pendant que tout est calme. Établissez le point de contact nommé, confirmez les seuils d’escalade et menez au moins un exercice de simulation qui éprouve le relais avec l’ASSI de bout en bout. L’agence opère le cadre national depuis 2020 et constitue le bras opérationnel pour la coordination des incidents, la divulgation des vulnérabilités et la certification des produits — de sorte qu’une unité qui connaît le protocole à l’avance se rétablit plus vite. Le pire moment pour échanger les premiers courriels avec un coordinateur national est à la deuxième heure d’une intrusion en cours.

4. Prioriser le phishing et la défense de la messagerie, car c’est là que se concentre le volume mesuré

La télémétrie 2024 est sans ambiguïté sur le vecteur dominant : le phishing et les pièces jointes malveillantes représentent ensemble des dizaines de millions d’événements interceptés. Concentrez-y l’investissement précoce en détection. Déployez l’authentification de la messagerie (DMARC, SPF, DKIM) sur chaque domaine, activez le bac à sable des pièces jointes, et associez les contrôles techniques à une formation de simulation de phishing pour le personnel. Les obligations de protection des données de l’Algérie au titre de la loi n° 18-07 renforcent l’argument en faveur du durcissement des canaux par lesquels les données personnelles fuient le plus souvent. N’étalez pas un budget restreint uniformément sur chaque risque théorique alors que les données montrent où le volume se concentre.

5. Investir dans les analystes dès maintenant, pendant que la filière de formation s’élargit

Le troisième objectif de la stratégie — cultiver des ressources humaines qualifiées grâce à une formation et une éducation structurées — est la contrainte qui détermine si les quatre premières actions fonctionnent. Les outils de détection génèrent des alertes ; les personnes les trient. Profitez de l’accent mis par la stratégie sur la formation pour financer les certifications (les filières CISSP et CEH vers lesquelles les institutions algériennes s’orientent déjà) et pour fidéliser les analystes que vous formez. Une capacité de détection ne vaut que par l’équipe qui lit le tableau de bord à 2 heures du matin. Prévoyez le budget des effectifs et de la fidélisation avant l’outillage, et non après.

La leçon structurelle

La posture de cybersécurité de l’Algérie en 2026 se lit non comme une réaction à une crise, mais comme l’institutionnalisation délibérée d’une capacité. Le chiffre des 70 millions d’attaques est fréquemment cité comme alarmant, mais sa lecture la plus utile est que l’appareil national de détection fonctionne déjà — ces attaques ont été vues et stoppées. Ce que la stratégie 2025-2029 et le décret 26-07 ajoutent, c’est la machinerie organisationnelle pour rendre cette détection systématique, responsable et reliée à un coordinateur national. L’enseignement structurel pour chaque institution est que la force de détection se construit autant à partir de choix de gouvernance que de technologie : une ligne hiérarchique distincte, une cartographie des menaces vivante, un relais répété avec l’ASSI et une équipe d’analystes financée surpasseront tout outil déployé sans eux. Les institutions qui considèrent les douze prochains mois comme un chantier de construction — convertissant une base exceptionnellement claire en détection et réponse reproductibles — sont celles qui mesureront leur propre résilience d’ici 2029, et non plus seulement leur volume d’attaques.

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Questions Fréquemment Posées

Qu’exige réellement le décret 26-07 algérien des institutions ?

Le décret présidentiel n° 26-07, signé le 7 janvier 2026 et publié au Journal officiel le 21 janvier 2026, impose à chaque institution publique de créer une unité de cybersécurité dédiée, structurellement distincte de la gestion informatique et rendant compte directement au responsable de l’organisation. Ces unités doivent concevoir des cartographies des menaces, déployer des plans de remédiation et coordonner la réponse aux incidents avec l’ASSI, l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information.

Quelle est la gravité de la menace cyber pour l’Algérie selon les données de 2024 ?

Selon la télémétrie 2024 de Kaspersky, les solutions de sécurité en Algérie ont intercepté plus de 70 millions de cyberattaques, bloqué plus de 13 millions de tentatives de phishing (une hausse de 17 % sur un an) et neutralisé près de 750 000 pièces jointes malveillantes. L’Algérie s’est classée 17e au niveau mondial parmi les nations les plus ciblées, ce qui fait de la détection et de la réponse systématiques une priorité opérationnelle à court terme plutôt qu’une préoccupation à long terme.

Où une équipe de sécurité algérienne devrait-elle concentrer ses premiers investissements ?

Les données de 2024 désignent clairement le phishing et les menaces véhiculées par la messagerie comme le vecteur dominant ; ainsi, l’authentification de la messagerie (DMARC, SPF, DKIM), le bac à sable des pièces jointes et la formation par simulation de phishing offrent le meilleur rendement précoce. En parallèle, les équipes devraient établir leur canal de coordination avec l’ASSI avant un incident et financer les effectifs et certifications d’analystes, car l’outillage de détection ne vaut que par les personnes qui trient ses alertes.

Sources et lectures complémentaires