Une échéance qui redessine chaque plan IT
Depuis deux décennies, l’ADSL est le haut débit entreprise de fait en Algérie. Il est bon marché, largement déployé et — surtout — il fonctionne dans des bâtiments où la fibre n’a jamais été tirée. Mais il est aussi lent (typiquement 4-20 Mbps), se dégrade avec la distance au répartiteur et ne passe pas à l’échelle du profil de bande passante que supposent les SaaS et charges cloud modernes.
Le gouvernement algérien et Algérie Télécom ont signalé que l’ADSL sur cuivre serait décommissionné au profit d’un socle national fibre d’abord, sur un horizon que les observateurs sectoriels situent désormais autour de 2027. La mise à niveau tarifaire d’avril 2026 — qui a doublé l’offre FTTH de base de 50 Mbps à 100 Mbps sans surcoût — est le signal public le plus clair que la migration entre dans sa phase opérationnelle. Ecofin Agency, le SAMENA Council et Telecom Review Africa ont tous documenté ce déploiement progressif.
Pour les DSI algériens, ce n’est pas une manchette politique lointaine. C’est une échéance qui concerne chaque agence, chaque point de vente connecté en ADSL, chaque kiosque et chaque ligne de bureau à domicile d’un collaborateur à distance.
Ce que la « sortie du cuivre » signifie en pratique
Une extinction du cuivre est un événement au ralenti. Les opérateurs n’actionnent pas un interrupteur unique ; ils procèdent progressivement :
- Arrêt de la vente de nouvelles lignes ADSL dans les zones couvertes en fibre.
- Arrêt du renouvellement des contrats cuivre à leur expiration, avec proposition d’alternatives fibre.
- Migration des abonnés ADSL actifs vers la FTTH à des tarifs équivalents ou meilleurs.
- Décommissionnement des répartiteurs une fois que le nombre d’abonnés cuivre tombe sous les seuils opérationnels.
L’Algérie est déjà visiblement dans les phases 1 et 2. La mise à niveau FTTH d’avril 2026, combinée aux déploiements agressifs de fibre rapportés tout au long de 2024-2025, fait du cuivre le choix inférieur en prix comme en performance. Les phases 3 et 4 — migration active et décommissionnement des répartiteurs — s’accéléreront entre 2026 et 2027.
L’implication pratique pour les entreprises : la justification économique du maintien sur ADSL s’est évaporée, et l’horizon de planification de la migration se mesure désormais en mois, plus en années.
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Où le cuivre subsiste dans l’IT d’entreprise algérienne
Avant de planifier la migration, les responsables IT ont besoin d’un inventaire honnête des endroits où le cuivre est encore présent. Localisations typiques :
- Petites agences dans les quartiers commerçants où le déploiement fibre a accusé du retard
- Points de vente legacy (pharmacies, agences bancaires, administrations) avec des lignes ADSL anciennes
- Bureaux à domicile de télétravailleurs où la couverture fibre était partielle en 2023-2024
- Lignes internet de secours provisionnées en cuivre pour la redondance
- Connectivité d’ATM et de TPE dans certains déploiements
- Passerelles IoT en contexte industriel ou agricole
Chacun de ces cas nécessite un plan de migration. La bonne nouvelle est que la couverture fibre s’est fortement étendue — Algérie Télécom déclare plusieurs millions de foyers éligibles — et la plupart des sites entreprise urbains peuvent être migrés sans longue attente.
Le réexamen du cloud et de l’architecture
La sortie du cuivre n’est pas qu’une mise à niveau de connectivité. C’est l’occasion de revisiter des décisions d’architecture qui étaient contraintes par le plafond ADSL :
Les apps limitées par la bande passante partent vers le cloud
Les instances ERP on-premise legacy, les serveurs de fichiers et les applications métier internes étaient souvent conservés on-prem parce que l’accès distant via ADSL était trop pénible. Avec 100 Mbps fibre comme base, ces charges peuvent crédiblement migrer vers le cloud (qu’il s’agisse d’un fournisseur local agréé ARPCE ou d’un hyperscaler lorsque la résidence des données le permet).
Le SD-WAN devient viable
Les overlays SD-WAN — qui équilibrent dynamiquement le trafic sur plusieurs liens — reposent sur une connectivité primaire correcte sur chaque site. La fibre à 100+ Mbps rend les déploiements SD-WAN réels (et non des schémas théoriques) pratiques pour les entreprises algériennes multi-sites.
La voix et la vidéo finissent par se consolider
Le PBX cloud, Teams/Zoom comme système téléphonique principal, et la culture de réunions vidéo-first ont été limités par la bande passante dans les agences algériennes. La connectivité sans cuivre lève cette friction.
La reprise d’activité passe de « bande magnétique mensuelle » à « réplique chaude »
La bande passante pour répliquer bases de données et partages de fichiers en continu vers un site secondaire devient disponible. Les entreprises peuvent passer d’un RPO mesuré en jours à un RPO mesuré en minutes.
Un plan de migration à 12 mois
Un plan d’action pratique pour les responsables IT algériens en 2026 :
- Mois 0-2 : Inventorier chaque site et ligne connectés en cuivre. Classifier par criticité métier et disponibilité fibre.
- Mois 3-4 : Négocier des contrats FTTH entreprise avec Algérie Télécom et, le cas échéant, des FAI agréés alternatifs. Verrouiller des SLA pour la connectivité des agences.
- Mois 5-8 : Exécuter les migrations fibre site par site. Prioriser les sites critiques et ceux où l’ADSL décroche déjà sous la charge SaaS moderne.
- Mois 9-12 : Exploiter la marge de bande passante pour consolider les charges dans le cloud, déployer le SD-WAN là où cela a du sens et retirer les infrastructures on-prem legacy qui n’existaient que parce que l’ADSL rendait le cloud impraticable.
Au moment où l’extinction du cuivre en 2027 s’accélérera, les entreprises algériennes ayant exécuté ce plan disposeront d’une base IT moderne, prête pour le cloud. Celles qui ne l’auront pas fait se bousculeront pour des installations fibre dans un contexte tendu côté offre.
Questions Fréquemment Posées
Quand exactement l’Algérie cessera-t-elle de vendre des connexions ADSL ?
La date de coupure nationale précise n’a pas été fixée publiquement, mais la direction est claire : Algérie Télécom privilégie progressivement la FTTH sur le cuivre, a doublé l’offre fibre de base à 100 Mbps sans surcoût en avril 2026, et les observateurs sectoriels s’attendent à ce que l’ADSL cuivre soit largement décommissionné au profit de la fibre d’ici 2027. Les entreprises devraient planifier comme si l’ADSL était indisponible pour de nouveaux contrats d’ici fin 2026.
Que faire si mon agence n’est pas encore en zone fibre ?
La couverture s’est fortement étendue, Algérie Télécom rapportant des empreintes fibre-éligibles se comptant en millions de foyers. Pour les sites réellement hors couverture fibre, les options intermédiaires incluent le fixe sans fil 4G/5G professionnel, les liaisons radio point à point et le VSAT pour les sites très éloignés. Toutes sont des ponts de court terme — on s’attend à ce que la couverture fibre se complète avant 2027.
La sortie du cuivre impose-t-elle de changer notre stratégie cloud ?
Pas nécessairement, mais elle ouvre la porte à des choix qui n’étaient pas praticables sur ADSL. Les charges maintenues on-prem uniquement parce que l’accès distant à 8 Mbps était trop pénible (serveurs de fichiers, ERP legacy, applications internes) deviennent des candidates crédibles à la migration cloud à 100 Mbps. Le SD-WAN, la voix hébergée dans le cloud et les répliques chaudes de PRA deviennent également viables. Profitez de la fenêtre de migration fibre pour revisiter ces décisions d’architecture.
















