⚡ Points Clés

L’Initiative IA 10 Milliards de la Banque africaine de développement et du PNUD vise à mobiliser 10 milliards de dollars d’ici 2035 et à créer 40 millions d’emplois à travers l’Afrique — et les 859 publications scientifiques en IA de l’Algérie en 2024, ses 74 masters en IA et son partenariat renforcé avec la BAD la positionnent comme un bénéficiaire de premier plan en Afrique du Nord.

En résumé : Les universités algériennes devraient immédiatement formaliser des partenariats avec le Hub IA pour le développement durable, les startups devraient suivre les appels à propositions de la BAD en mettant l’accent sur la collaboration transfrontalière africaine, et le ministère de l’Économie de la connaissance devrait plaider pour que l’Algérie accueille un hub régional d’innovation en IA pendant la phase d’Ignition.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’AlgérieÉlevée
L’Algérie est explicitement nommée dans la Stratégie pays 2025-2030 de la BAD et a co-organisé l’IATF 2025 où un fonds dédié aux startups africaines a été créé. Les 859 publications en IA du pays, les 74 masters en IA et le fonds de 11 M$ d’Algerie Telecom la positionnent comme un concurrent de premier plan en Afrique du Nord pour les ressources de l’Initiative IA 10 Milliards.
Calendrier d’actionImmédiat
La phase d’Ignition (2025-2027) est la fenêtre critique pour façonner les critères de financement et obtenir les allocations de démarrage. Les universités et startups qui formalisent leurs partenariats maintenant auront un avantage structurel sur les retardataires.
Parties prenantes clésMinistère de l’Économie de la connaissance, ministère de l’Enseignement supérieur, CDTA, ENSIA, Agence algérienne de coopération internationale, startups IA en agriculture/énergie/santé/fintech, centres de recherche universitaires
Type de décisionStratégique
Il s’agit d’un cadre de financement continental unique en une décennie. Le niveau de participation de l’Algérie pendant la phase d’Ignition déterminera sa part des 10 milliards de dollars de capital mobilisé d’ici 2035.
Niveau de prioritéCritique
La combinaison du partenariat existant avec la BAD, de l’écosystème de recherche actif et du financement gouvernemental des startups crée une voie concrète pour capter des financements précoces disproportionnés — mais seulement si la coordination intervient dans les 12 à 18 prochains mois.

En bref : Les universités algériennes devraient immédiatement formaliser des partenariats avec le Hub IA pour le développement durable, les startups devraient suivre les appels à propositions de la BAD en mettant l’accent sur la collaboration transfrontalière africaine, et le ministère de l’Économie de la connaissance devrait plaider pour que l’Algérie accueille un hub régional d’innovation en IA pendant la phase d’Ignition.

Un pari continental de 10 milliards de dollars sur l’intelligence artificielle

Les 9 et 10 février 2026, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont dévoilé l’Initiative IA 10 Milliards lors du Forum IA de Nairobi au Kenya. Le partenariat, qui inclut également le Hub IA pour le développement durable, vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars d’ici 2035 pour accélérer l’adoption responsable de l’IA et la croissance économique numérique inclusive à travers l’Afrique.

Les enjeux sont considérables. Selon le rapport de la BAD de juin 2025, Africa’s AI Productivity Gain: Pathways to Labour Efficiency, Economic Growth and Inclusive Transformation, développé dans le cadre du Groupe de travail du G20 sur la transformation numérique, un déploiement inclusif de l’IA pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de PIB supplémentaire d’ici 2035 — soit près d’un tiers de la production économique actuelle du continent. L’initiative ne vise rien de moins que 40 millions de nouveaux emplois à travers le continent d’ici 2035, avec des financements orientés vers l’entrepreneuriat, l’infrastructure de données, le développement des compétences et les cadres politiques de soutien.

Pour l’Algérie, un pays qui construit activement ses capacités en IA tout en approfondissant ses partenariats continentaux, cette initiative ouvre une fenêtre d’opportunité concrète.

Cinq leviers et une feuille de route en trois phases

Le cadre stratégique de la BAD repose sur cinq leviers interconnectés qui détermineront quels pays capteront le plus de valeur de l’initiative :

  • Données — Développer des écosystèmes de données interopérables, sécurisés et accessibles
  • Calcul — Étendre l’infrastructure cloud et les centres de données régionaux
  • Compétences — Former la main-d’oeuvre et alimenter les filières de talents en IA
  • Confiance — Établir une gouvernance éthique et des cadres réglementaires
  • Capital — Mobiliser des financements mixtes pour accélérer l’innovation

Ces leviers sont structurés selon un calendrier en trois phases : Ignition (2025–2027), axée sur les investissements fondateurs dans l’infrastructure de données, le développement des compétences et les projets pilotes ; Consolidation (2028–2031), pour la mise à l’échelle des pilotes réussis et l’approfondissement de l’intégration régionale ; et Mise à l’échelle (2032–2035), visant une adoption de l’IA à l’échelle continentale et une transformation économique.

La phase d’Ignition en cours est le point d’entrée critique. Les pays qui se positionnent maintenant — avec des écosystèmes de recherche actifs, une infrastructure pour les startups et un engagement gouvernemental — façonneront la direction de l’initiative et capteront une part disproportionnée des premiers financements.

Le partenariat renforcé entre l’Algérie et la BAD

L’Algérie n’aborde pas cette initiative en partant de zéro. La relation entre Alger et la BAD s’est intensifiée sur plusieurs fronts.

Fin 2025, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé une nouvelle Stratégie pays 2025–2030 pour l’Algérie, conçue pour soutenir la diversification économique, renforcer les infrastructures stratégiques et faire avancer l’intégration régionale. Si les deux piliers principaux de la stratégie portent sur le développement des infrastructures et la transformation économique structurelle, l’économie numérique y figure en bonne place en tant que priorité transversale.

Le partenariat s’est encore approfondi lors de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), organisée à Alger du 4 au 10 septembre 2025. À la clôture de la foire, le ministre Yacine El-Mahdi Ouadah a annoncé la création d’un nouveau fonds d’investissement dédié aux startups africaines — une initiative du président Abdelmadjid Tebboune. Le fonds, géré par l’Agence algérienne de coopération internationale, a immédiatement financé 30 startups présentées à la foire. Le ministre Ouadah a souligné que ce fonds apportera un soutien financier crucial aux projets portés par la jeunesse, avec le potentiel de stimuler la croissance durable et de renforcer la compétitivité de l’Afrique dans l’économie mondiale.

Ce partenariat direct entre la BAD et l’Algérie autour des startups crée un pont institutionnel vers les canaux de financement de l’Initiative IA 10 Milliards.

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L’écosystème de recherche en IA de l’Algérie comme avantage compétitif

L’atout le plus fort de l’Algérie dans la compétition pour les ressources de l’Initiative IA 10 Milliards pourrait être son infrastructure de recherche. Le pays possède l’une des bases éducatives en informatique les plus développées d’Afrique, avec 57 702 étudiants inscrits dans 74 masters en IA répartis dans 52 universités. Un réseau croissant de 12 laboratoires de recherche spécialisés en IA a collectivement produit 859 publications scientifiques en IA évaluées par des pairs en 2024, selon l’analyse des données d’indexation Scopus et Web of Science.

Le Centre de développement des technologies avancées (CDTA), institution de recherche phare de l’Algérie, étend ses capacités en IA et en semi-conducteurs, tandis que la stratégie nationale d’IA pour 2025-2030, pilotée par le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, vise à renforcer la R&D en IA dans plusieurs secteurs.

Du côté des startups, des dizaines de startups actives en IA et utilisant l’IA opèrent désormais en Algérie, couvrant l’agriculture, l’énergie, la santé et la fintech. Le marché de l’IA en Algérie devrait passer de 498,9 millions de dollars en 2025 à 1,69 milliard de dollars d’ici 2030, soit un taux de croissance annuel composé de 27,67 %, selon Statista. Cette trajectoire de croissance, combinée aux financements gouvernementaux complémentaires — notamment l’investissement de 1,5 milliard de dinars (11 millions de dollars) d’Algerie Telecom dans les startups d’IA, de cybersécurité et de robotique — signale un écosystème en maturation, prêt à absorber des financements continentaux à plus grande échelle.

Voies concrètes de participation algérienne

La structure de l’Initiative IA 10 Milliards offre plusieurs points d’entrée spécifiques pour les acteurs algériens :

Pour les startups : La phase d’Ignition priorise les projets pilotes et le soutien à l’entrepreneuriat. Les startups algériennes en IA — en particulier celles travaillant dans l’agriculture, l’énergie, la santé et la fintech — peuvent se positionner pour des subventions de démarrage et des instruments de financement mixte. Le fonds BAD-Algérie pour les startups, établi à l’IATF 2025, pourrait servir de pipeline direct vers des allocations plus importantes dédiées à l’IA.

Pour les chercheurs : Une part significative des financements soutiendra les programmes académiques, les formations techniques, les bourses, les fellowships de recherche et la création de hubs d’innovation et centres d’excellence. Les 12 centres de recherche et 52 universités algériennes proposant des programmes en IA sont des candidats naturels pour ces investissements, d’autant plus que la BAD a un partenariat distinct avec Intel pour former 3 millions d’Africains aux compétences en IA.

Pour le gouvernement : La loi algérienne sur la protection des données (Loi 11-25), le cadre émergent d’identité numérique et la stratégie nationale d’IA répondent directement aux leviers Confiance et Compétences. Une participation active aux structures de gouvernance de l’initiative pendant la phase d’Ignition permettrait à l’Algérie d’influencer les critères de financement et l’allocation régionale.

Ce que les acteurs algériens devraient faire maintenant

La phase d’Ignition court jusqu’en 2027, mais la fenêtre pour façonner la direction de l’initiative se rétrécit. Plusieurs actions sont immédiatement pertinentes :

Premièrement, les universités et centres de recherche algériens devraient formaliser des partenariats avec le Hub IA pour le développement durable, l’un des co-concepteurs de l’initiative. Les relations institutionnelles précoces détermineront quels réseaux de recherche recevront un financement prioritaire.

Deuxièmement, les startups devraient suivre les canaux de passation de marchés et d’appels à propositions de la BAD. La Banque a historiquement favorisé les projets démontrant une collaboration transfrontalière africaine — les startups algériennes ayant des partenaires en Afrique de l’Ouest ou de l’Est auront un avantage structurel.

Troisièmement, le ministère de l’Économie de la connaissance devrait plaider pour que l’Algérie accueille l’un des hubs d’innovation régionaux de l’initiative. La position géographique de l’Algérie, sa main-d’oeuvre francophone et arabophone, et sa densité de recherche existante en font un candidat naturel pour un centre d’excellence en IA en Afrique du Nord.

L’Initiative IA 10 Milliards n’est pas de la charité — c’est un cadre d’investissement conçu pour générer des rendements. Les pays qui présenteront la combinaison la plus convaincante de talents, d’infrastructures et de préparation institutionnelle attireront la plus grande part. Le défi de l’Algérie n’est pas la capacité, mais la rapidité de coordination.

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❓ Foire aux questions

Quelle part des 10 milliards de dollars est spécifiquement allouée à l’Afrique du Nord ?

L’Initiative IA 10 Milliards ne pré-alloue pas de financement par région. Au lieu de cela, la feuille de route en trois phases — Ignition, Consolidation et Mise à l’échelle — distribue les ressources en fonction de la préparation des pays, des partenariats institutionnels et de la qualité des propositions soumises. Les pays qui s’engagent tôt pendant la phase d’Ignition (2025-2027) influenceront les critères de financement et capteront des allocations disproportionnées. La Stratégie pays existante de la BAD pour l’Algérie et le fonds de startups établi à l’IATF 2025 créent un pont institutionnel direct vers ces canaux de financement.

Les startups algériennes peuvent-elles postuler directement, ou doivent-elles passer par les canaux gouvernementaux ?

Les deux voies existent. Le soutien à l’entrepreneuriat de la BAD cible directement les startups via des subventions et des instruments de financement mixte, tandis que l’Agence algérienne de coopération internationale gère le fonds de startups soutenu par le gouvernement qui a déjà financé 30 startups à l’IATF 2025. Les startups ayant des partenariats transfrontaliers africains — en particulier celles actives en Afrique de l’Ouest ou de l’Est — auront un avantage structurel dans les programmes financés par la BAD.

Quel est le lien entre cette initiative et la stratégie nationale d’IA existante de l’Algérie ?

Les initiatives sont complémentaires. La stratégie nationale d’IA à six piliers de l’Algérie (2025-2030) couvre la recherche, les compétences, les applications sectorielles, l’investissement, la gouvernance des données et la construction de l’écosystème — tous ces éléments correspondent directement aux cinq leviers de la BAD (Données, Calcul, Compétences, Confiance, Capital). Cet alignement signifie que les institutions algériennes peuvent utiliser leur stratégie nationale comme cadre pour les propositions adressées à la BAD, démontrant la cohérence politique que les bailleurs de fonds internationaux privilégient.

Sources et lectures complémentaires