⚡ Points Clés

Le décret exécutif n°25-311, signé le 1er décembre 2025 et publié au Journal Officiel n°81, ajoute un troisième palier « Scale-up » au dispositif algérien de labellisation des startups. Il récompense les entreprises affichant au moins 20 % de croissance du chiffre d’affaires sur trois ans et 3 % du chiffre d’affaires ou du capital consacrés à la R&D, en s’appuyant sur un système comptant plus de 7 800 entreprises inscrites et 2 300 startups labellisées.

En résumé : Le label Scale-up est le complément structurel de l’objectif algérien de 20 000 startups d’ici 2029, offrant aux entreprises à plus forte croissance de l’écosystème un palier reconnu au-dessus du label startup.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevé

Le décret 25-311 prolonge directement le dispositif national de labellisation des startups, touchant les 2 300 startups labellisées et les 7 800+ inscrites sur Startup.dz.
Calendrier d’action
Immédiat

Le décret a été signé le 1er décembre 2025 et est déjà en vigueur ; les entreprises éligibles peuvent auditer leurs chiffres et postuler via le portail Startup.dz dès maintenant.
Parties prenantes clés
Fondateurs de startups, Ministère de l’Économie de la connaissance, investisseurs

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Type de décision
Stratégique

Cela façonne la manière dont les fondateurs à forte croissance positionnent leur entreprise et dont les décideurs mesurent la maturité de l’écosystème, et non une tâche tactique ponctuelle.
Niveau de priorité
Élevé

Le palier Scale-up définit la voie de progression pour les entreprises les plus performantes de l’écosystème et constitue le complément structurel de l’objectif de 20 000 startups d’ici 2029.

En bref : Si votre startup dépasse 20 % de croissance annuelle du chiffre d’affaires et investit en R&D, auditez vos chiffres sur trois ans dès maintenant et préparez une candidature Scale-up via Startup.dz — les critères sont arithmétiques, donc les fondateurs qui arrivent avec leurs données déjà en ordre avanceront le plus vite. Les décideurs devraient commencer à suivre le taux de conversion startup-vers-scale-up comme véritable signal de maturité de l’écosystème.

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Un nouveau palier s’insère dans l’architecture de labellisation algérienne

Pendant cinq ans, le système de labellisation des startups algériennes ne reconnaissait que deux statuts : une entreprise était soit une « Startup » labellisée, soit un « Projet innovant » en chemin vers ce label. Ce système binaire fonctionnait bien au stade de la création, mais laissait un vide au sommet. Une startup labellisée qui croissait vite, recrutait des centaines de personnes et commençait à exporter portait toujours le même label qu’une équipe de deux personnes venant de s’immatriculer. Le décret 25-311 comble ce vide en introduisant une catégorie distincte de Scale-up pour les entreprises ayant, selon les termes mêmes du décret, dépassé la phase de lancement et affichant une croissance rapide.

Le changement est intervenu via le décret exécutif 25-311, signé par le Premier ministre Saïfi Ghrieb le 1er décembre 2025 et publié au Journal Officiel n°81. Plutôt que de créer un programme distinct, le décret modifie le décret 20-254 du 15 septembre 2020 — le texte ayant établi le Comité national de labellisation. Ce comité, qui supervisait auparavant les startups, les projets innovants et les incubateurs, doit désormais certifier une quatrième catégorie : les scale-ups. L’analyse juridique du décret le présente comme un renforcement structurel du cadre existant plutôt que comme un régime parallèle — un choix de conception délibéré qui maintient l’ensemble du système sous un seul comité et un seul portail.

Cela compte pour la manière dont la politique se cumule. Lorsqu’un pays construit un régime de labellisation palier par palier au lieu d’empiler des programmes sans lien, chaque nouvelle couche hérite de la crédibilité, de la gouvernance et des données des couches inférieures. Une scale-up ne part pas de zéro — elle s’appuie sur un label startup déjà obtenu.

Des critères quantitatifs, et non discrétionnaires

La caractéristique la plus déterminante du label Scale-up est la précision de sa définition. De nombreux pays attribuent des désignations de phase de croissance sur la base d’un vague langage de « fort potentiel » qui laisse une marge d’interprétation énorme. L’Algérie a fait l’inverse. Pour obtenir le label Scale-up, une entreprise doit remplir cumulativement trois conditions : être une entité juridique de droit algérien fondée sur un produit, un service ou un business model innovant ; afficher une croissance du chiffre d’affaires d’au moins 20 % sur les trois dernières années ; et consacrer un minimum de 3 % de son chiffre d’affaires ou de son capital à la recherche et développement.

Ces deux chiffres — 20 % de croissance et 3 % de R&D — font un travail considérable. Le seuil de croissance filtre les entreprises ayant prouvé leur adéquation produit-marché et qui développent leur demande, pas seulement celles qui survivent. Le plancher de R&D garantit que le label récompense une véritable capacité d’innovation plutôt que des entreprises qui ont simplement grossi. Selon les informations entourant le décret, les candidats documentent cela via la plateforme nationale Startup.dz, en soumettant des indicateurs de performance, une vidéo de trois minutes démontrant la croissance de l’entreprise, des documents de propriété intellectuelle et des preuves d’expansion internationale ou d’exportations.

Le label est valable quatre ans et renouvelable, le renouvellement étant lié à des performances démontrées. Cette renouvelabilité est en soi un signal politique : une scale-up ne peut pas obtenir le statut une fois et se reposer dessus. Elle doit continuer à croître pour conserver son badge.

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Ce à quoi le label donne accès

Un label ne vaut que par ce qu’il débloque. Selon l’annonce officielle du label Scale-up par l’APS, le Ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises — dirigé par le ministre Noureddine Ouadah — présente le nouveau palier comme permettant aux startups d’accéder à un soutien renforcé et à de meilleures opportunités de développement aux niveaux national et international. En pratique, le cadre de labellisation est la porte d’entrée vers les mesures de soutien aux startups en Algérie : avantages fiscaux, soutien institutionnel et accès aux mécanismes d’aide de l’État dont bénéficient déjà les 2 300 startups actuellement labellisées.

Le palier Scale-up s’inscrit dans une dynamique bien plus large. La plateforme Startup.dz compte désormais plus de 7 800 entreprises inscrites, dont environ 20 % créées par des membres de la diaspora algérienne, et le gouvernement s’est fixé un objectif public de 20 000 startups d’ici 2029. Le label Scale-up est le mécanisme qui offre aux entreprises les plus performantes de l’écosystème un horizon — un échelon supérieur reconnu plutôt qu’un plafond.

Ce que les fondateurs et les décideurs algériens devraient faire

Le décret est signé et en vigueur, ce qui signifie que la question pratique n’est plus de savoir s’il faut s’engager, mais comment se positionner. Voici comment les parties prenantes les plus concernées devraient réagir.

1. Auditez vos chiffres de croissance et de R&D sur trois ans avant de postuler

Les critères Scale-up relèvent de l’arithmétique : traitez-les donc d’abord comme une liste de contrôle interne. Récupérez vos trois dernières années de chiffre d’affaires et confirmez que la trajectoire franchit la barre des 20 % de croissance ; calculez ensuite la part du chiffre d’affaires ou du capital que vous avez réellement consacrée à la recherche et développement face au plancher de 3 %. Si vous êtes proche mais en deçà sur la R&D, la solution peut consister à reclasser des travaux d’ingénierie et de produit qui qualifient déjà, plutôt qu’à dépenser davantage. Les fondateurs qui arrivent sur le portail Startup.dz avec ces chiffres déjà audités passeront l’examen bien plus vite que ceux qui considèrent la candidature comme le moment de commencer à compter.

2. Constituez le dossier de preuves qu’exige le modèle de renouvellement, pas seulement la candidature

Comme le label est valable quatre ans et renouvelable sur performance, le bon réflexe est de bâtir la documentation comme un système continu plutôt que comme une soumission ponctuelle. Mettez en place une cadence trimestrielle pour capturer les indicateurs de croissance des clients et des utilisateurs, l’historique des levées de fonds, les brevets et logiciels enregistrés, ainsi que les jalons d’exportation ou d’expansion internationale. La vidéo de croissance de trois minutes exigée par la plateforme est plus facile à produire lorsque vous avez consigné les données sous-jacentes tout du long. Traitez le renouvellement en quatrième année comme la véritable échéance et la candidature initiale comme un point de contrôle.

3. Reliez le label aux mesures de soutien spécifiques qu’il débloque

Un label n’est un levier que si vous l’utilisez. Avant de postuler, identifiez quels avantages fiscaux, canaux institutionnels et mesures d’aide de l’État le statut Scale-up ouvre réellement pour une entreprise de votre taille, et séquencez vos demandes en conséquence. Le cadre maintient délibérément tout sous un seul comité et un seul portail, de sorte que le chemin administratif du label vers le bénéfice est plus court qu’il ne le serait entre programmes distincts. Les fondateurs devraient solliciter tôt les canaux de soutien du Ministère de l’Économie de la connaissance pour comprendre exactement quelles portes le nouveau palier leur ouvre.

4. Pour les décideurs, surveillez l’entonnoir de progression, pas seulement le nombre d’entreprises

L’indicateur phare de l’écosystème — 20 000 startups d’ici 2029 — mesure la création. Le label Scale-up introduit un second indicateur, plus révélateur : combien de startups labellisées accèdent chaque année au statut de scale-up. Ce taux de conversion est le véritable signal de santé de l’écosystème, car il montre si les entreprises en phase précoce mûrissent réellement ou se contentent de s’accumuler. Suivre et publier cet entonnoir ajouterait au cadre une précieuse boucle de rétroaction.

Où cela s’inscrit dans la trajectoire politique de l’Algérie en 2026

Le décret 25-311 se comprend mieux non comme une annonce isolée, mais comme un mouvement dans une séquence régulière et cumulative. Le Startup Act de 2020 a créé la machinerie de labellisation ; des mesures ultérieures ont ajouté des avantages fiscaux et une passerelle pour la diaspora ; des réformes des marchés de capitaux ont ouvert une voie de cotation aux entreprises labellisées ; et désormais le palier Scale-up dote le cadre d’une catégorie à forte croissance qui lui manquait. Chaque couche s’insère dans le même comité, le même portail et la même colonne vertébrale de données — c’est précisément pourquoi le système gagne en cohérence à mesure qu’il grandit.

Le constat honnête est que le cadre mûrit dans la bonne direction. Les critères sont assez précis pour être crédibles, la renouvelabilité maintient les incitations alignées sur la performance continue, et la conception à comité unique réduit les frictions administratives. La prochaine couche à bâtir est la profondeur — des pools de capitaux plus profonds et des mesures de soutien plus riches pour que l’obtention du label Scale-up se traduise par une croissance nettement plus rapide. Mais en tant que pièce d’architecture politique, le décret 25-311 fait exactement ce que fait une bonne construction d’écosystème : il offre aux entreprises les plus prometteuses du pays une prochaine étape clairement balisée, et il les récompense de la franchir.

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Questions Fréquemment Posées

Que change exactement le décret 25-311 pour les startups algériennes ?

Le décret 25-311, signé le 1er décembre 2025 et publié au Journal Officiel n°81, modifie le décret initial 20-254 de 2020 pour ajouter un nouveau label « Scale-up » au système algérien de labellisation des startups. Il crée un palier reconnu au-dessus du label Startup existant pour les entreprises ayant dépassé la phase de lancement et affichant une croissance rapide, le tout régi par le même Comité national de labellisation.

Quels sont les critères d’éligibilité au label Scale-up ?

Une entreprise doit être une entité juridique de droit algérien dotée d’un produit, d’un service ou d’un business model innovant, afficher une croissance du chiffre d’affaires d’au moins 20 % sur les trois dernières années, et consacrer un minimum de 3 % de son chiffre d’affaires ou de son capital à la recherche et développement. Le label est valable quatre ans et renouvelable sur la base de performances démontrées.

Comment une startup postule-t-elle au label Scale-up en Algérie ?

Les candidatures sont déposées en ligne via la plateforme nationale Startup.dz. Les candidats fournissent des indicateurs de performance, une vidéo de trois minutes démontrant la croissance de l’entreprise, des documents de propriété intellectuelle et des preuves d’expansion internationale ou d’exportations, après quoi le Comité national de labellisation examine le dossier.

Sources et lectures complémentaires