La structure des licences et ce qu’elle établit
L’enchère de spectre 5G algérienne, administrée par l’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE) et conclue en novembre 2025, a été l’événement réglementaire télécom le plus financièrement significatif de l’histoire récente des infrastructures algériennes. Trois opérateurs ont reçu leurs licences le 20 novembre 2025 et ont commencé leurs déploiements commerciaux en décembre 2025 :
- Mobilis (ATM) : 3,5 GHz (100 MHz) + 2,6 GHz (40 MHz, avec 30 MHz en phase ultérieure) = 170 MHz au total
- Ooredoo (Wataniya Télécom Algérie) : 3,5 GHz (100 MHz) + 2,6 GHz (70 MHz en phase ultérieure) = 170 MHz au total
- Djezzy (Optimum Télécom Algérie) : 3,5 GHz (170 MHz au total dans une seule bande)
Les paiements combinés de licences ont dépassé 62,1 milliards DZD — environ 492 millions USD — représentant un signal fort d’investissement dans les infrastructures. Mobilis avait déjà démontré les performances techniques de la 5G en février 2025, atteignant des débits descendants de 1,2 Gbps lors de tests réalisés en coopération avec l’ARPCE. Ooredoo avait commencé ses travaux de préparation à la 5G en 2023 en contractant Nokia pour moderniser ses infrastructures réseau algériennes.
La durée de la licence de 15 ans, courant jusqu’au 20 novembre 2040, comprend des incréments de renouvellement de cinq ans. Cependant, le renouvellement n’est pas automatique — il est conditionné au respect des obligations de service inscrites dans la licence. Cette structure de renouvellement conditionnel est le mécanisme d’application qui donne à l’ARPCE un levier sur la cadence de déploiement et la qualité de service des opérateurs.
Le déploiement initial cible huit wilayas comme zones pilotes, avec un mandat gouvernemental d’atteindre une couverture nationale dans les six ans suivant l’attribution des licences — soit d’ici novembre 2031. Ce déploiement phasé donne aux entreprises situées dans les wilayas pilotes un accès précoce aux services 5G commerciaux.
Ce que le cadre de QoS signifie opérationnellement
Les conditions de licence 5G en Algérie combinent des obligations de couverture (portée géographique) et des obligations de QoS (normes de service) comme les deux piliers de la conformité à la licence. Les obligations de couverture spécifient les seuils minimaux de population et de géographie que chaque opérateur doit atteindre à des jalons définis. Pour la 5G, l’objectif stratégique du gouvernement est de soutenir l’Industrie 4.0, les villes intelligentes, la numérisation des soins de santé et l’infrastructure éducative — nécessitant une couverture ubiquitaire plutôt que uniquement urbaine. Les obligations de QoS établissent des normes minimales de qualité de service : seuils de latence, planchers de débit descendant et montant, pourcentages de disponibilité du réseau et performances de transfert en environnement urbain dense.
Pour les entreprises, ce cadre de QoS crée un filet réglementaire pour les négociations de SLA entreprise. Lorsqu’un opérateur télécom s’engage sur un niveau de service spécifique dans un accord entreprise, les normes minimales de l’ARPCE définissent le plancher en dessous duquel la performance constitue un manquement à la licence — et non simplement une violation commerciale.
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Ce que cela signifie pour les équipes IT et télécoms des entreprises algériennes
1. Utilisez l’obligation de licence comme levier dans les négociations de SLA entreprise
Lors de la négociation d’accords de connectivité 5G entreprise avec Mobilis, Djezzy ou Ooredoo, les équipes IT entreprise doivent demander la divulgation des engagements de QoS spécifiques intégrés dans la licence de chaque opérateur. Ces engagements constituent le plancher réglementaire pour les conditions de SLA — tout SLA entreprise offrant moins de protection que l’obligation de licence est, fonctionnellement, plus faible que le référentiel réglementaire. Les contrats doivent inclure des clauses de remédiation liées aux données de surveillance de l’ARPCE, permettant aux entreprises d’invoquer le dossier réglementaire si un opérateur conteste la mesure de la qualité de service.
2. Priorisez l’infrastructure des wilayas pilotes pour les déploiements IoT et usine intelligente
Le déploiement pilote 5G initial dans huit wilayas crée une fenêtre de priorité géographique. Les entreprises industrielles algériennes et les opérateurs d’usines intelligentes dont les installations se trouvent dans les wilayas pilotes ont accès aux services 5G commerciaux dès maintenant — et sont positionnés pour réaliser des déploiements 5G précoces avant que le déploiement national n’atteigne les concurrents des wilayas de phase ultérieure. Les entreprises planifiant des mises à niveau Industrie 4.0 doivent évaluer si leurs principaux sites de production se trouvent dans la zone pilote et, si c’est le cas, accélérer la planification du déploiement.
3. Établissez des procédures de réclamation auprès de l’ARPCE avant que les problèmes ne surviennent
L’ARPCE opère à la fois comme attributeur de spectre et comme autorité de protection des consommateurs et des entreprises dans le secteur télécom. Lorsqu’un client entreprise estime qu’un opérateur fournit un service en dessous des normes de QoS de la licence, une réclamation formelle auprès de l’ARPCE déclenche une enquête réglementaire distincte de — et souvent plus rapide que — l’arbitrage commercial. Les équipes juridiques et achats des entreprises doivent documenter la procédure de réclamation ARPCE dans leurs accords télécom entreprise, et doivent maintenir des enregistrements structurés des données de performance de connectivité pouvant étayer une réclamation formelle.
4. Planifiez dès maintenant la préparation de l’infrastructure 5G interne en parallèle du déploiement des opérateurs
Les bandes de fréquences 5G attribuées en Algérie — 3,5 GHz (mid-band, déploiement principal) et 2,6 GHz (complémentaire) — nécessitent des équipements d’antennes et radio mis à jour sur les sites entreprise. Les équipes d’infrastructure IT doivent effectuer une évaluation de propagation RF intérieure pour tout bâtiment qu’elles souhaitent connecter via la 5G, et évaluer si des déploiements de petites cellules 5G privées sont plus appropriés que de s’appuyer uniquement sur le réseau macro. Prévoir les routeurs compatibles 5G, les équipements d’accès sans fil fixe et, le cas échéant, les systèmes d’antennes distribuées intérieures dans le cycle de planification 2026-2027.
L’horizon réglementaire : où va le cadre 5G de l’ARPCE
L’obligation de couverture nationale dans les six ans crée un rythme réglementaire structuré. L’ARPCE conduira des évaluations de couverture à des jalons définis — probablement tous les deux ans — par rapport auxquels la conformité des opérateurs est mesurée. Ces jalons sont des événements publics : les opérateurs doivent soumettre des cartes de couverture, et les constats de non-conformité déclenchent des procédures réglementaires formelles.
L’incrément de renouvellement de cinq ans dans la structure des licences crée également un moment naturel de révision réglementaire, provisoirement en 2030, auquel l’ARPCE peut ajuster les normes de QoS pour refléter la maturité technologique de la 5G et les attentes des utilisateurs. Le cadre 5G algérien, construit sur des licences de 15 ans avec renouvellement conditionnel et un engagement d’investissement de 62,1 milliards DZD, donne au pays l’une des fondations réglementaires télécom les plus solides d’Afrique du Nord. Pour les entreprises, le moment stratégique est maintenant : les wilayas pilotes sont actives, le cadre réglementaire est établi, et les entreprises qui construiront des opérations 5G en premier porteront un avantage de connectivité dans la seconde moitié de la décennie.
Foire aux questions
Q : Quelles sont les huit wilayas incluses dans le déploiement pilote 5G initial ?
L’ARPCE et le Ministère des Postes et des Télécommunications n’ont pas publié de liste officielle définitive des huit wilayas pilotes à la date d’attribution des licences. Les opérateurs devraient prioriser les grands centres urbains — Alger, Oran, Constantine et Annaba — comme premières cibles de déploiement. Les entreprises doivent contacter leur responsable de compte opérateur pour obtenir la carte de couverture actuelle de la zone pilote.
Q : Une entreprise algérienne peut-elle choisir quel opérateur fournit son service 5G entreprise ?
Oui. Les trois opérateurs — Mobilis, Djezzy et Ooredoo — ont reçu des allocations de spectre égales (170 MHz chacun) et sont en concurrence sur les conditions entreprise. Les entreprises peuvent mettre leur contrat 5G entreprise en appel d’offres auprès des trois opérateurs et choisir en fonction de la couverture dans leurs emplacements spécifiques, des conditions de SLA, du prix et de tout service cloud ou IoT groupé proposé.
Q : Que se passe-t-il si un opérateur ne respecte pas l’obligation de couverture nationale d’ici 2031 ?
Le non-respect des obligations de couverture est un manquement aux conditions de licence, que l’ARPCE peut traiter par des sanctions financières, une suspension géographique de la licence (retirant le droit de l’opérateur à offrir des services dans les zones non couvertes) ou, dans des cas extrêmes, des procédures de révocation de licence. L’incrément de renouvellement de cinq ans signifie également qu’un opérateur avec un non-respect documenté risque le non-renouvellement de blocs de spectre spécifiques lors de la révision de 2030.
Sources et lectures complémentaires
- Détails de l’enchère de spectre 5G en Algérie — Spectrum Tracker
- Déploiement 5G en Algérie : Mobilis, Djezzy, Ooredoo démarrent — Developing Telecoms
- ARPCE — Site officiel de l’autorité de régulation
- Le paysage télécom algérien en évolution — Telecom Review Africa
- L’Algérie lance son déploiement 5G — Connecting Africa
















