Les chiffres derrière le code algérien
Pendant des années, les conversations sur le talent tech algérien reposaient sur des anecdotes et des impressions LinkedIn. Cela a commencé à changer avec l’enquête State of Software Engineering in Algeria — une initiative communautaire inspirée de l’enquête annuelle de Stack Overflow — qui a collecté les réponses de plus de 500 professionnels et étudiants algériens en IT début 2024. Les résultats offrent le regard le plus systématique à ce jour sur un écosystème à la fois mondialement connecté et distinctement façonné par les réalités locales.
Le constat principal n’est pas surprenant : JavaScript et Python dominent. Mais les détails racontent une histoire plus nuancée sur ce que les développeurs algériens construisent, comment ils le construisent, et ce que les employeurs doivent comprendre.
Langages : JavaScript en tête, Python en forte progression
Selon l’enquête, JavaScript reste le langage le plus utilisé parmi les développeurs algériens, suivi de près par Python en deuxième position et PHP en troisième. La forte présence de Python reflète deux tendances convergentes : l’accent croissant sur l’IA/ML dans les cursus universitaires algériens comme USTHB et ESI, et le marché freelance en expansion sur des plateformes comme Upwork.
Java maintient une position solide, ancrée par son rôle établi dans les secteurs IT d’entreprise algériens. Les opérateurs télécom comme Djezzy et les grandes entreprises comme Sonatrach maintiennent des systèmes legacy substantiels. PHP reflète la grande communauté freelance WordPress et Laravel algérienne. C et C++ restent proéminents, portés quasi entièrement par les cursus universitaires. L’adoption de TypeScript croît en phase avec la tendance mondiale.
Advertisement
Frameworks : React domine, mais Laravel est le géant silencieux
En frontend, l’écosystème JavaScript domine avec React, Vue.js, Angular et Next.js. React mène, et sa dominance est encore plus prononcée chez les jeunes développeurs. Next.js a émergé comme choix de meta-framework populaire.
En backend, Django et Flask servent la communauté Python, tandis que Laravel — le framework PHP — propulse silencieusement une part énorme des projets web algériens. Yassir emploie activement des développeurs Laravel. Pour le développement mobile, Flutter mène devant React Native dans l’enquête algérienne. Le développement Android natif avec Kotlin reste pertinent vu la part de marché Android d’environ 88% en Algérie, tandis que le développement iOS est contraint par la petite base utilisateurs iOS d’environ 12%.
IDE, systèmes d’exploitation et réalités d’infrastructure
Visual Studio Code est pratiquement universel parmi les développeurs algériens, reflétant la tendance mondiale de 76% d’utilisation dans l’enquête Stack Overflow 2025. Les outils JetBrains font face à une barrière de prix : le pack All Products coûte environ 289$/an, ce qui représente une part significative du salaire mensuel d’un développeur junior. Selon l’enquête, les développeurs juniors gagnent une médiane d’environ 60 000 DZD par mois (460$).
Windows détient 85% du marché desktop algérien selon StatCounter. Linux est à un peu plus de 3% et macOS sous 1%. L’adoption de macOS reste faible, contrainte par les prix d’Apple et l’absence de présence commerciale officielle en Algérie. Le MacBook Air M4 de base commence à 999$ — environ cinq à dix fois le salaire mensuel d’un développeur junior.
Ce que cela signifie pour les employeurs
Pour les entreprises recrutant en Algérie, les données indiquent plusieurs enseignements. Premièrement, recruter en JavaScript et Python donnera les plus grands bassins de candidats, mais la compétition est féroce — l’enquête a trouvé que 29% des répondants travaillent à distance pour des entreprises étrangères, certains gagnant jusqu’à 85 000 euros par an. Un développeur mid-level à Alger gagne une médiane d’environ 100 000 DZD (770$) localement.
Deuxièmement, le bassin Java penche vers les entreprises établies. Troisièmement, le split Flutter/React Native impose un choix de framework précoce. Enfin, la dominance de VS Code et la culture open-source suggèrent que les développeurs sont à l’aise avec les chaînes d’outils modernes et les workflows cloud-natifs. L’écart n’est pas dans les capacités des développeurs mais dans l’écosystème : pipelines CI/CD fiables, options d’hébergement cloud local et pratiques DevOps de niveau entreprise restent en développement. Seuls 39% des répondants utilisent des fournisseurs cloud.
Advertisement
🧭 Radar de Décision
| Dimension | Évaluation |
|---|---|
| Pertinence pour l’Algérie | Élevé — cartographie l’offre réelle de talent développeur pour les décisions de recrutement et de formation |
| Calendrier d’action | Immédiat — les responsables RH et programmes de formation peuvent utiliser ces données maintenant |
| Parties prenantes clés | Employeurs tech, équipes RH, départements universitaires d’informatique, CTO de startups, bootcamps de formation |
| Type de décision | Tactique |
| Niveau de priorité | Élevé |
En bref : L’écosystème développeur algérien mûrit rapidement, avec des compétences Python et JavaScript largement disponibles et une adoption des frameworks suivant les tendances mondiales avec 12-18 mois de décalage. Les employeurs devraient recruter agressivement pour les compétences en demande tout en investissant dans la formation pour les lacunes émergentes comme le DevOps, l’iOS et le Rust.
Sources et lectures complémentaires
- The State of Software Engineering in Algeria — 2024 Survey Results
- Technology Trends — State of Software Engineering in Algeria
- Salaries & Remuneration — State of Software Engineering in Algeria
- Stack Overflow Developer Survey 2025
- JetBrains Developer Ecosystem Survey 2025
- StatCounter — Desktop Operating System Market Share Algeria
- StatCounter — Mobile Operating System Market Share Algeria
- Yassir — Senior Back-end Developer (PHP Laravel) Job Posting
- Yassir Case Study — Google Cloud
- Apple MacBook Air — Official Pricing
Advertisement