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Réglementation des technologies spatiales : comment l’internet satellite, les débris et les licences de lancement créent de nouveaux défis politiques

février 24, 2026

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La nouvelle course spatiale est un vide réglementaire

La constellation Starlink de SpaceX a atteint environ 9 800 satellites en orbite début 2026, dont environ 7 000 opérationnels, desservant plus de 10 millions de clients dans plus de 110 pays et territoires. En janvier 2026, SpaceX a annoncé l’abaissement d’environ 4 400 satellites de 550 km à 480 km d’altitude pour améliorer la sécurité spatiale. OneWeb, désormais intégré au Groupe Eutelsat suite à leur fusion de septembre 2023, exploite plus de 600 satellites. Amazon Leo (anciennement Project Kuiper) a lancé ses 27 premiers satellites de production en avril 2025 et en comptait plus de 200 en orbite fin 2025. La constellation chinoise Guowang — la réponse étatique à Starlink — a déposé pour 12 992 satellites auprès de l’UIT et en a dépassé 100 en orbite fin 2025. En décembre 2025, des entités chinoises ont déposé des documents UIT pour des méga-constellations totalisant près de 200 000 satellites.

Le cadre réglementaire gouvernant cette expansion sans précédent des infrastructures orbitales a été conçu pour une autre époque. Le Traité de l’espace extra-atmosphérique de 1967, la Convention d’enregistrement de 1975 et la Convention sur la responsabilité de 1972 précèdent tous le vol spatial commercial, les méga-constellations satellitaires et les débris orbitaux comme risque systémique. Ils assignent la responsabilité aux États, pas aux entreprises.

Le résultat est un déficit de gouvernance qui s’élargit à chaque lancement. Aucun organisme international n’a l’autorité de limiter le nombre de satellites qu’une nation ou entreprise peut déployer. Aucun mécanisme d’application n’existe pour les directives d’atténuation des débris orbitaux.


Le spectre : le champ de bataille invisible

L’internet satellite nécessite du spectre radio. L’UIT, une agence de l’ONU, coordonne l’allocation mondiale du spectre. Le problème central est l’interférence. Starlink opère principalement en bande Ku et Ka. OneWeb utilise la bande Ku. Amazon Leo prévoit d’utiliser la bande Ka. Quand plusieurs constellations opèrent dans les mêmes bandes de fréquences, le risque d’interférence augmente considérablement.

Les nations en développement risquent de trouver les bandes de spectre les plus commercialement précieuses occupées par des constellations des États-Unis, d’Europe et de Chine avant même d’avoir la capacité technique de réclamer leurs allocations. Le principe du « premier arrivé, premier servi » de l’UIT fonctionne en pratique comme un avantage pour les nations capables de déployer des satellites le plus rapidement.


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Débris orbitaux : une tragédie des communs non réglementée

Selon le rapport 2025 de l’ESA sur l’environnement spatial, les réseaux de surveillance spatiale suivent désormais environ 40 000 objets en orbite terrestre, dont environ 11 000 sont des charges utiles actives. L’ESA estime plus de 1,2 million d’objets de plus d’1 cm et plus de 50 000 de plus de 10 cm. Les satellites Starlink ont effectué environ 300 000 manœuvres d’évitement en 2025.

Le Syndrome de Kessler — une cascade théorique où les collisions génèrent des débris qui causent d’autres collisions — n’est plus purement théorique. Le test antisatellite chinois de 2007 a créé plus de 3 400 fragments catalogués. Le test ASAT russe de 2021 a ajouté au moins 1 500 fragments traçables. La Charte Zéro Débris de l’ESA, plus de 20 pays et 200 entreprises l’ont signée — mais la participation reste volontaire.


Nations en développement, internet satellite et le prisme algérien

L’internet satellite détient un potentiel transformateur pour les nations en développement avec des infrastructures terrestres inadéquates — et l’Algérie est un cas d’école. Le territoire algérien de 2,38 millions de km2 inclut de vastes régions sahariennes où le déploiement de la fibre est économiquement inviable. Cependant, Starlink n’est pas autorisé à opérer en Algérie. Le cadre réglementaire algérien exige que les opérateurs télécoms obtiennent une licence de l’ARPCE, et aucun fournisseur d’internet satellite n’a reçu d’autorisation en février 2026.

Le défi politique pour l’Algérie est réel : comment capter les bénéfices de connectivité de l’internet satellite tout en maintenant un contrôle souverain sur les infrastructures de communication. Une approche pragmatique impliquerait l’octroi de licences aux fournisseurs d’internet satellite sous supervision de l’ARPCE, exigeant le routage des données via des stations sol algériennes. L’alternative — maintenir une interdiction globale pendant que les nations sahéliennes voisines obtiennent la connectivité satellite (le Niger a autorisé Starlink en mars 2025 ; le Tchad a accordé une licence fin 2024) — risque de créer un fossé de connectivité qui compromet les ambitions de développement numérique de l’Algérie.

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🧭 Radar de Décision (Prisme Algérien)

Dimension Évaluation
Pertinence pour l’Algérie Élevé — l’internet satellite pourrait résoudre la connectivité rurale sur les 2,38 millions de km2 du territoire algérien ; l’ASAL possède une expérience orbitale avec les satellites Alsat
Infrastructure prête ? Partiel — l’Algérie dispose d’infrastructures de stations sol (ASAL) mais d’aucun cadre réglementaire pour l’internet satellite commercial ; les terminaux Starlink ne sont pas autorisés
Compétences disponibles ? Partiel — l’ASAL a une expertise en ingénierie satellite ; les capacités de gestion réglementaire et du spectre pour les constellations NGSO nécessitent un développement
Calendrier d’action 6-12 mois — un cadre de licence pour l’internet satellite est urgemment nécessaire pour éviter de prendre du retard sur les pairs régionaux (Niger, Tchad ont déjà licencié Starlink)
Parties prenantes clés ARPCE, ASAL, Ministère de la Poste et des Télécommunications, Algérie Télécom, UIT, Starlink/SpaceX
Type de décision Stratégique

En bref : La révolution de l’internet satellite se poursuit avec ou sans la participation de l’Algérie. Les nations sahéliennes voisines ont déjà licencié Starlink. Un cadre réglementaire autorisant l’internet satellite sous supervision de l’ARPCE débloquerait la connectivité pour les régions les plus mal desservies du sud algérien tout en maintenant le contrôle souverain.


Sources et lectures complémentaires

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