Le déficit mondial de main-d’œuvre en cybersécurité a atteint 4 763 963 postes non pourvus, selon l’étude ISC2 2024 sur les effectifs en cybersécurité — une augmentation par rapport à 2023. Ce n’est pas une pénurie projetée dans le futur : les organisations fonctionnent dès aujourd’hui avec des équipes de sécurité sous-dotées, et l’écart se creuse plus vite que les systèmes éducatifs ne peuvent y répondre. En Afrique, le déséquilibre est particulièrement sévère : environ 20 000 professionnels certifiés en sécurité servent un continent de 1,4 milliard de personnes.
Pour l’Algérie, cela crée à la fois une urgence et une opportunité. L’urgence : un décret présidentiel de janvier 2026 (Décret présidentiel n° 26-07) oblige désormais légalement chaque institution publique, administration et organisme public à établir une structure de cybersécurité dédiée — indépendante de l’informatique, rapportant directement au dirigeant de l’entité, et responsable de la politique de sécurité, cartographie des risques, audits, surveillance continue, signalement des incidents et sensibilisation du personnel. Cette réglementation crée une demande de recrutement structurée dans tout le secteur public algérien.
L’opportunité : l’Algérie se positionne comme un hub cybersécurité rentable pour les entreprises européennes. Un spécialiste en cybersécurité en France peut facturer 900 € par jour — un ingénieur algérien qualifié aux compétences équivalentes peut offrir des services comparables pour environ 250 € par jour, avec l’avantage supplémentaire de la maîtrise du français et des fuseaux horaires compatibles.
La réponse institutionnelle algérienne
- École Nationale de Cybersécurité : Le gouvernement algérien a annoncé la création d’une institution dédiée à Sidi Abdellah, entièrement consacrée à la formation d’experts en tests de pénétration, opérations de sécurité, forensique et détection native à l’IA.
- Partenariat Algérie–Huawei : Un accord de coopération pour l’économie numérique signé en 2024 fournira une formation professionnelle certifiée à 8 000 Algériens en cloud computing et cybersécurité à partir de septembre 2026, avec des diplômes co-délivrés par le Ministère et Huawei.
- 57 702 étudiants inscrits dans 74 masters en IA dans 52 universités algériennes en 2025 — un pipeline fondamental solide pour la spécialisation en cybersécurité.
Les métiers les plus demandés en ce moment
- Analyste SOC (Niveaux 1-3) : Opérations de sécurité et surveillance des menaces. L’exigence du décret 2026 de « surveillance continue » et de « signalement des incidents aux autorités compétentes » fait de ce rôle le besoin le plus immédiat dans tous les organismes publics.
- Testeur de pénétration / Hacker éthique : Forte demande, salaires premium, nécessite une pratique intensive en lab et des certifications comme CEH ou OSCP.
- Spécialiste en sécurité cloud : Au fur et à mesure que les organisations migrent vers AWS et Azure, la sécurisation des environnements cloud est un écart critique et croissant.
- Délégué à la Protection des Données (DPD) : La loi 25-11 (2025) a formellement introduit ce rôle de type DPO avec des obligations de tenue de registres et d’audit — une nouvelle fonction de conformité qui n’existait pas formellement dans la loi algérienne auparavant.
Les certifications qui ouvrent des portes
- CompTIA Security+ — Base neutre, largement reconnue, réalisable en 3–4 mois d’étude. Le meilleur point de départ pour la plupart des débutants.
- CEH (Certified Ethical Hacker) — Standard industrie pour les tests de pénétration. Reconnu par les acheteurs gouvernementaux et d’entreprise dans toute la région MENA.
- AWS Security Specialty ou Microsoft SC-900 — Certifications de sécurité cloud de plus en plus requises à mesure que l’infrastructure migre vers le cloud.
- CISSP — Niveau senior, 5 ans d’expérience requis. L’étalon-or pour les rôles de gouvernance et gestion de la sécurité.
Une note sur les délais de formation : les affirmations « six mois pour être employable » sont courantes mais rarement vérifiables — la préparation dépend des compétences de base, de l’accès aux labs, du mentorat et de l’exposition en situation réelle. Un cadrage plus honnête : Security+ est réalisable en 3–4 mois d’étude sérieuse, et construire un lab à la maison avec des plateformes gratuites comme TryHackMe ou Hack The Box accélère significativement la préparation pratique.
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Radar de Décision
| Dimension | Assessment |
|---|---|
| Pertinence pour l’Algérie | Élevée |
| Horizon d’action | Immédiat — le décret 2026 crée une demande dans le secteur public dès maintenant |
| Parties prenantes | Étudiants en informatique, universités, centres de formation, RH d’entreprise, offices gouvernementaux de sécurité numérique |
| Type de décision | Éducatif / Stratégique |
| Niveau de priorité | Élevé |
| Conclusion | Si vous êtes un étudiant en informatique choisissant une spécialisation, la cybersécurité offre le chemin d’emploi le plus clair en 2026 — soutenu par un nouveau mandat légal exigeant ces rôles dans chaque institution publique. Commencez par CompTIA Security+ et développez des compétences pratiques sur des plateformes gratuites avant de viser des certifications avancées. |
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