Ce Que le Décret 26-07 Exige Réellement — et Pourquoi les Entreprises Privées Ne Peuvent l’Ignorer
Le Décret 26-07 d’Algérie, signé en janvier 2026, répond directement à une recrudescence documentée de cyberattaques contre les institutions publiques algériennes. La réponse du décret est structurelle, non procédurale : chaque institution publique doit créer une unité cybersécurité avec sa propre ligne hiérarchique vers le chef de l’institution, contournant le directeur informatique. Cette séparation d’autorité est intentionnelle — dans les incidents analysés, les départements informatiques étaient simultanément responsables de la gestion de l’infrastructure et de la détection des violations dans cette même infrastructure.
TechAfricaNews a confirmé la portée du cadre : le mandat couvre toutes les institutions publiques — gouvernement central, administration de wilaya, entreprises publiques et organismes parastataux. L’unité cybersécurité n’est pas simplement un rôle de sécurité informatique rebaptisé ; c’est une entité organisationnelle distincte avec un personnel dédié, une charte documentée, une ligne budgétaire séparée du budget informatique et un chemin d’escalade direct vers la direction institutionnelle.
L’implication pour le secteur privé est actuellement contractuelle plutôt que statutaire. Depuis l’entrée en vigueur du Décret 26-07, les acheteurs publics du Ministère des Finances, du Ministère des Travaux Publics et de plusieurs entreprises publiques ont commencé à insérer des exigences de posture cybersécurité dans les listes de qualification des fournisseurs. Ces exigences reflètent la structure du secteur public : preuve d’une fonction de sécurité désignée, une politique d’intervention documentée et une preuve d’alignement réglementaire dans le cadre juridique existant de la cybersécurité algérienne.
Pour les entreprises privées fournissant des entités publiques — ce qui décrit une grande partie du secteur privé formel algérien — il ne s’agit pas d’une exigence future théorique. C’est une barrière d’accès aux marchés active aujourd’hui.
Le Fossé de Sécurité entre Mandat Public et Réalité Privée
La posture cybersécurité du secteur privé algérien est fragmentée. Un petit nombre de grands groupes privés (télécommunications, banque, construction) ont investi dans des centres d’opérations de sécurité et du personnel certifié. La majorité du secteur privé formel — bureaux d’études, entreprises logistiques, éditeurs de logiciels, cabinets de conseil — fonctionne avec des informaticiens généralistes qui couvrent les responsabilités de sécurité de manière incidente.
L’architecture juridique existante de la cybersécurité en Algérie — Loi 09-04, le mandat DZ-CERT, la Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029 et maintenant le Décret 26-07 — crée un cadre que les entreprises privées doivent cartographier face à leurs propres structures. Le guide expert de CMS Law documente les obligations réglementaires algériennes pour les opérateurs privés dans les secteurs sensibles. Mais la cartographie réglementaire seule ne crée pas une fonction de sécurité — elle identifie le fossé.
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Ce Que les Entreprises Privées Algériennes Doivent Construire Avant l’Arrivée du Mandat
Le cadre suivant est calibré pour une entreprise privée de 50 à 500 employés, avec un chiffre d’affaires suffisant pour se qualifier aux marchés publics de niveau intermédiaire, et sans fonction de sécurité dédiée existante.
1. Nommer un Responsable Sécurité — Même Si Ce N’est Pas un RSSI à Temps Plein
L’exigence structurelle du Décret 26-07 dans le secteur public — une fonction de sécurité avec ligne hiérarchique directe vers la direction institutionnelle — a un analogue dans le secteur privé : quelqu’un doit être nommé responsable des décisions de sécurité, et cette personne doit avoir accès au PDG ou au conseil d’administration, pas seulement au directeur informatique. Pour les entreprises de moins de 200 employés, il s’agit souvent d’un responsable IT senior doté d’un mandat élargi et d’un changement de titre formel. Pour les entreprises entre 200 et 500 employés, un engagement vCISO à temps partiel (disponible auprès de plusieurs cabinets de conseil en sécurité algériens à 80 000–150 000 DA/mois) fournit la responsabilité organisationnelle sans le coût d’une embauche à temps plein. L’exigence critique n’est pas le nombre de têtes — c’est un individu nommé dont la description de poste inclut explicitement le rapport sur les risques de sécurité à la direction.
2. Documenter Trois Politiques Fondamentales Avant Toute Demande d’Audit
Les questionnaires de sécurité des marchés publics des entités algériennes demandent de plus en plus des politiques documentées, pas seulement des affirmations verbales. Les trois politiques qui apparaissent le plus fréquemment dans ces questionnaires sont : une Politique de Contrôle d’Accès (qui a des droits d’administrateur, comment les comptes sont provisionnés et dé-provisionnés, comment l’accès privilégié est géré), une Politique d’Intervention en cas d’Incident (qui décide d’escalader, comment les incidents sont classifiés, à quoi ressemble le déclencheur de notification ANPDP de 5 jours pour les événements de données personnelles en vertu de la Loi 25-11), et une Politique de Classification des Données (quelles données l’entreprise détient, quelles données sont sensibles, comment les données sensibles sont stockées et transmises). Ces politiques n’ont pas besoin d’être longues — les versions efficaces font de 3 à 6 pages chacune.
3. Réaliser une Évaluation de Vulnérabilité de Base sur Tous les Systèmes Exposés
Une entreprise privée qui n’a jamais évalué formellement sa surface d’attaque ne peut pas répondre de manière crédible à un questionnaire de sécurité des marchés publics. Une évaluation de vulnérabilité de base sur les actifs exposés à Internet — le site web de l’entreprise, la passerelle de messagerie, le portail client, le système ERP s’il a une interface web — produit un document qui répond aux questions techniques les plus courantes des audits de marchés publics et identifie les éléments les plus risqués à corriger. En Algérie, cette évaluation peut être réalisée par des entreprises accréditées par DZ-CERT ou par des consultants en sécurité indépendants. Le coût d’une évaluation délimitée pour une entreprise de 50 à 200 employés se situe généralement dans la plage de 200 000 à 500 000 DA.
4. S’Aligner sur les Orientations de l’ASSI et s’Inscrire aux Alertes DZ-CERT
L’ASSI (Agence de Sécurité des Systèmes d’Information) et DZ-CERT publient des documents d’orientation et des alertes de vulnérabilité directement pertinents pour le secteur privé, même s’ils ne sont pas légalement contraignants pour les opérateurs non-infrastructure critique. L’inscription aux alertes DZ-CERT (gratuite, via dz-cert.dz) fournit un flux d’avis courant. La révision des cadres publiés par l’ASSI fournit le vocabulaire et la structure que les évaluateurs des marchés publics algériens utilisent pour évaluer les postures de sécurité des fournisseurs.
Où Cela S’Inscrit dans le Paysage de Conformité Algérien 2026
Le Décret 26-07 est le dernier élément d’une construction réglementaire pluriannuelle en cybersécurité algérienne. La Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029 a fixé la direction stratégique. La Loi 25-11 (notification de violation de données) a créé le premier déclencheur de responsabilité directe pour les entreprises privées traitant des données personnelles. Le Décret 25-320 (gouvernance des données pour l’utilisation du cloud dans le secteur public) a étendu le cadre aux décisions de marchés. Le Décret 26-07 crée désormais le modèle organisationnel — à quoi ressemble une fonction de sécurité dans le modèle institutionnel algérien — que les acheteurs publics utilisent comme référence pour évaluer les fournisseurs privés.
Les entreprises qui traitent cette trajectoire de conformité comme une demande cohérente unique — et non comme trois projets réglementaires séparés — construiront la fonction de sécurité une seule fois et satisferont plusieurs exigences simultanément. La conformité cybersécurité du secteur privé algérien devient une condition d’accès aux marchés publics plus vite que le seul mandat légal ne le prédirait.
Questions Fréquemment Posées
Le Décret 26-07 oblige-t-il légalement les entreprises privées algériennes à créer des unités cybersécurité ?
Non — le Décret 26-07 s’applique actuellement uniquement aux institutions publiques. Cependant, la conséquence sur les marchés publics est réelle : les organismes publics contractants insèrent des exigences de posture de sécurité dans les cadres de qualification des fournisseurs qui reflètent la structure du décret. Les entreprises privées sans fonction de sécurité documentée échouent de plus en plus à ces vérifications de qualification, même avant toute extension statutaire du mandat au secteur privé.
Quelle est la fonction de sécurité minimale viable pour une entreprise privée algérienne sans équipe de sécurité actuelle ?
La structure minimale viable est un responsable sécurité désigné avec accès direct au PDG, trois politiques documentées (contrôle d’accès, intervention en cas d’incident, classification des données) et une évaluation de vulnérabilité de base complétée. Pour les entreprises de moins de 200 employés, un engagement vCISO à temps partiel à 80 000–150 000 DA/mois fournit la responsabilité organisationnelle requise pour la qualification aux marchés sans le coût d’une embauche à temps plein.
Comment le Décret 26-07 interagit-il avec les lois algériennes existantes sur la cybersécurité pour les entreprises privées ?
Le Décret 26-07 ajoute un modèle organisationnel à un cadre juridique existant. La Loi 25-11 a créé des obligations de notification des violations de données (déclencheur de notification ANPDP de 5 jours) pour tous les responsables de traitement, publics et privés. Le Décret 25-320 régit la gouvernance des données pour les services cloud. La Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029 fixe la direction. Le Décret 26-07 fournit désormais le modèle de référence pour ce à quoi ressemble le leadership institutionnel en cybersécurité — un modèle que les acheteurs publics appliquent aux évaluations des fournisseurs même là où l’obligation statutaire n’atteint pas encore.
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Sources et lectures complémentaires
- L’Algérie ordonne des unités cybersécurité dans le secteur public face à la recrudescence des cyberattaques — EcoFinAgency
- L’Algérie renforce son cadre de cybersécurité pour protéger l’infrastructure nationale — TechAfricaNews
- Aperçu des réglementations cybersécurité en Algérie — Generis Online
- Guide expert CMS sur la protection des données et la cybersécurité — Algérie — CMS Law
- Analyse de la Stratégie nationale de cybersécurité 2025-2029 — AlgeriaTech













