⚡ Points Clés

L’Algérie met en service 1 480 MW de capacité solaire à travers neuf centrales photovoltaïques d’ici août 2026, quadruplant sa base installée de 437 MW. La centrale phare de M’Sila de 1 000 MW, soutenue par 1,2 milliard de dollars de financement, sera l’une des plus grandes installations solaires d’Afrique du Nord. Le nouveau système SCADA de Sonelgaz — une première en Afrique du Nord — se synchronise avec le calendrier de mise en service pour permettre la gestion intelligente du réseau.

En résumé : Évaluez les opportunités de colocalisation à proximité des centrales solaires en cours de mise en service à Biskra, El M’Ghair et M’Sila pour les déploiements de centres de données et d’edge computing.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevée

Le déploiement solaire de 1 480 MW permet directement les ambitions d’infrastructure numérique de l’Algérie en fournissant l’énergie propre et évolutive dont les centres de données et les déploiements cloud ont besoin.
Calendrier d’action
6-12 mois

La mise en service s’étend jusqu’à août 2026. Les planificateurs d’infrastructure numérique devraient commencer les évaluations de sites dans les wilayas solaires dès maintenant pour s’aligner avec la nouvelle capacité.
Parties prenantes clés
Opérateurs de centres de données, fournisseurs de services cloud, équipes d’infrastructure télécom, planificateurs de politique énergétique, responsables de la transformation numérique
Type de décision
Stratégique

La convergence de la capacité solaire, de la modernisation SCADA du réseau et de la connectivité fibre crée une fenêtre pour positionner l’Algérie comme hub régional pour les opérations numériques énergivores.
Niveau de priorité
Élevé

Un quadruplement de la capacité solaire en une seule année est un basculement infrastructurel qui ne se produit qu’une fois par décennie et qui change fondamentalement le calcul pour les investissements intensifs en calcul en Algérie.

En bref : Les équipes d’infrastructure numérique devraient évaluer les opportunités de colocalisation à proximité des neuf sites de centrales solaires, en particulier à Biskra, El M’Ghair et M’Sila où la mise en service est la plus avancée. La combinaison d’une énergie solaire abondante, de la modernisation SCADA du réseau par Sonelgaz et du réseau dorsal de 400 Gbit/s d’Algeria Telecom crée les conditions pour des déploiements de cloud souverain et d’edge computing qui n’étaient pas envisageables il y a encore 12 mois.

Des panneaux solaires aux baies de serveurs

La transition énergétique de l’Algérie n’est plus théorique. Neuf centrales photovoltaïques d’une capacité combinée de 1 480 MW sont en bonne voie pour une mise en service d’ici août 2026, représentant la première phase d’un programme national visant 3 200 MW de capacité renouvelable. L’ampleur est significative : la capacité solaire totale installée en Algérie était d’environ 437 MW en septembre 2024, ce qui signifie que les ajouts de 2026 quadrupleront la base de production solaire du pays en une seule année.

Ce déploiement est important pour les professionnels de la technologie et les acteurs de l’économie numérique car l’infrastructure numérique moderne est une infrastructure énergivore. Chaque centre de données, chaque déploiement cloud, chaque cluster d’entraînement d’IA nécessite une énergie fiable, abordable et de plus en plus propre. L’expansion solaire de l’Algérie n’est pas seulement une histoire d’énergie. C’est un catalyseur pour les ambitions de transformation numérique du pays.

La plateforme Solar Week

La troisième édition de Solar Week Algeria 2026, tenue à Alger fin janvier, a servi de plateforme de convergence pour l’écosystème moteur de cette transition. L’événement a réuni décideurs politiques, institutions de recherche, services publics, développeurs, EPC, investisseurs, financiers et fournisseurs de technologies pour s’aligner sur les voies d’accélération du déploiement solaire, d’intégration du stockage d’énergie et de renforcement de la résilience du réseau.

Deux panels thématiques ont ancré les discussions. Le premier a examiné le passage à l’échelle du programme solaire utilitaire de l’Algérie, en se concentrant sur les cadres d’investissement, les structures de financement, la préparation du réseau et le rôle émergent de l’hydrogène vert dans le soutien au développement solaire à grande échelle. Le second a exploré l’énergie décentralisée, analysant les leviers réglementaires, les modèles économiques et les approches de financement pour développer le solaire commercial et résidentiel à l’échelle nationale.

Pour les planificateurs d’infrastructure numérique, le volet énergie décentralisée est particulièrement pertinent. Les déploiements d’edge computing, les centres de données régionaux et les sites de tours de télécommunication peuvent tous bénéficier d’installations solaires sur site ou à proximité qui réduisent la dépendance à l’alimentation centralisée du réseau et diminuent les coûts d’exploitation.

Les neuf centrales : géographie et échelle

Le calendrier de mise en service couvre plusieurs wilayas, distribuant la capacité de production à travers les régions solaires du sud et des hauts plateaux de l’Algérie :

Les deux installations les plus avancées, à El Ghrous dans la wilaya de Biskra (200 MW) et à Tendla dans la wilaya d’El M’Ghair (200 MW), étaient proches de l’achèvement début 2026, avec un avancement des travaux de 86 et 93 pour cent respectivement. Des centrales supplémentaires sont prévues à Bechar, Laghouat, Touggourt, Djelfa, El-Bayadh, Ghardaia et Ouargla.

Le projet phare est la centrale solaire de M’Sila de 1 000 MW, une coentreprise entre China Petroleum Engineering and Construction Corp (CPECC) et la compagnie algérienne de l’énergie (AEC). Avec 1,2 milliard de dollars de financement sécurisé, l’installation de M’Sila est appelée à devenir l’une des plus grandes installations solaires d’Afrique du Nord, avec une production annuelle estimée à 2 TWh et un objectif de lancement à la mi-2026.

La distribution géographique est stratégique. Plutôt que de concentrer toute la capacité en un seul site, le programme répartit la production sur douze wilayas couvrant 8 000 hectares. Cette approche réduit les pertes de transmission, améliore la stabilité du réseau et positionne la capacité renouvelable plus près des centres de demande industrielle et des sites potentiels d’infrastructure numérique.

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Modernisation du réseau : la mise à niveau SCADA

La capacité solaire n’est utile que si le réseau peut l’absorber et la distribuer. Conscient de cela, Sonelgaz déploie un nouveau système SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) pour moderniser le réseau électrique algérien, faisant du pays le premier en Afrique du Nord à adopter cette génération de technologie de gestion de réseau.

La mise à niveau SCADA est conçue pour être pleinement opérationnelle d’ici 2026, synchronisée avec le calendrier de mise en service solaire. Pour l’infrastructure numérique, un système SCADA modernisé offre plusieurs avantages : surveillance en temps réel des conditions du réseau, détection et réponse plus rapides aux pannes, et capacité de gérer la production variable inhérente à la génération solaire. Ces capacités sont des prérequis pour le niveau de fiabilité du réseau que les opérateurs de centres de données et les fournisseurs de services cloud exigent avant d’engager des capitaux sur un marché.

L’opportunité pour l’infrastructure numérique

L’agenda de transformation numérique de l’Algérie a produit des objectifs concrets : plus de 500 projets numériques en cours, avec 80 pour cent des services publics essentiels ciblés pour la numérisation d’ici 2026. Le déploiement par Algeria Telecom d’un réseau dorsal optique de 400 Gbit/s, en partenariat avec Huawei, fournit la couche de connectivité. Ce qui manquait, c’est la couche énergétique — spécifiquement une production d’énergie propre, abordable et évolutive capable de soutenir des charges de calcul intensives sans l’empreinte carbone qui préoccupe de plus en plus les partenaires et investisseurs internationaux.

Le programme solaire de 1 480 MW commence à combler cette lacune. Plusieurs scénarios émergent :

Infrastructure cloud souveraine. Alors que l’Algérie développe sa capacité cloud domestique, des centres de données alimentés par le solaire dans les wilayas ensoleillées du sud pourraient offrir à la fois des avantages de coûts et des références en matière de durabilité. Les fournisseurs cloud internationaux évaluant une expansion en Afrique du Nord intègrent de plus en plus la composition des sources d’énergie dans leurs critères de sélection de sites.

Hydrogène vert et calcul. L’accent mis par Solar Week sur l’intégration de l’hydrogène vert ouvre une possibilité à plus long terme : utiliser l’excédent de production solaire pour produire de l’hydrogène destiné à des piles à combustible capables de fournir une alimentation de secours aux centres de données, remplaçant les générateurs diesel par une alternative à zéro émission.

Infrastructure télécom. L’expansion de la 4G en Algérie et le futur déploiement de la 5G nécessitent des milliers de stations de base, chacune consommant de l’énergie. Les stations de base alimentées par le solaire sont déjà commercialement éprouvées dans des marchés à irradiance solaire comparable, et le déploiement renouvelable de l’Algérie rend cette approche de plus en plus viable à grande échelle.

De 1 480 MW à 22 000 MW

Le programme de mise en service 2026 est le chapitre inaugural. Le Programme National des Énergies Renouvelables (PNER) 2030 de l’Algérie vise 22 000 MW de capacité renouvelable d’ici la fin de la décennie, avec le solaire comme technologie dominante. Si le rythme actuel se maintient, la production combinée des projets solaires pourrait couvrir environ 20 pour cent de la demande nationale projetée d’électricité d’ici fin 2026.

Pour les leaders technologiques et les stratèges de l’économie numérique, cette trajectoire modifie le calcul concernant l’Algérie comme site pour des opérations numériques énergivores. Un pays capable d’offrir une énergie solaire abondante et abordable, associée à un réseau modernisé et une connectivité fibre en expansion, présente une proposition convaincante pour l’investissement régional dans les centres de données, l’hébergement de calcul IA et la fourniture de services numériques.

Les panneaux solaires installés dans neuf wilayas ne génèrent pas seulement de l’électricité. Ils génèrent les conditions préalables à la prochaine phase de croissance numérique de l’Algérie.

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Questions Fréquemment Posées

Quelle capacité solaire l’Algérie ajoute-t-elle en 2026 et où ?

L’Algérie met en service 1 480 MW de capacité solaire à travers neuf centrales photovoltaïques d’ici août 2026, quadruplant sa base solaire installée d’environ 437 MW. Les centrales sont réparties sur douze wilayas dont Biskra (200 MW à El Ghrous), El M’Ghair (200 MW à Tendla) et la centrale phare de M’Sila de 1 000 MW. La distribution géographique réduit les pertes de transmission et positionne la production plus près des sites potentiels d’infrastructure numérique.

Pourquoi l’énergie solaire est-elle importante pour le secteur technologique algérien ?

L’infrastructure numérique moderne est énergivore : les centres de données, les déploiements cloud et les clusters d’entraînement d’IA nécessitent tous une énergie fiable, abordable et de plus en plus propre. Les fournisseurs cloud internationaux intègrent la composition des sources d’énergie dans la sélection de sites, et les investisseurs soucieux de durabilité privilégient les marchés disposant d’un accès aux énergies renouvelables. L’expansion solaire de l’Algérie fournit le socle énergétique pour l’infrastructure cloud souveraine, les stations de base télécom alimentées par le solaire et, à terme, l’alimentation de secours par hydrogène vert pour les centres de données.

Qu’est-ce que la mise à niveau SCADA du réseau et pourquoi est-elle importante ?

Sonelgaz déploie un nouveau système SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) pour moderniser le réseau électrique algérien, faisant de l’Algérie le premier pays d’Afrique du Nord à adopter cette génération de technologie de gestion de réseau. La mise à niveau permet la surveillance en temps réel du réseau, une détection plus rapide des pannes et la capacité de gérer la production solaire variable. Ces capacités sont des prérequis pour la fiabilité du réseau que les opérateurs de centres de données et les fournisseurs cloud exigent avant d’engager des investissements.

Sources et lectures complémentaires