⚡ Points Clés

Le ministère de la Formation professionnelle algérien a signé un protocole d’accord avec Huawei en mai 2025 pour offrir des diplômes conjoints en cloud, cybersécurité et IA dans trois instituts (Rahmania, Bousmail, Boumerdès) à partir de septembre 2025. Avec 8 000 étudiants déjà formés et des équipes algériennes remportant des Grands Prix aux compétitions mondiales Huawei ICT, le parcours offre des certifications HCIA/HCIP sans coût pour les étudiants. Huawei détient environ 2% du marché cloud mondial contre 32% pour AWS, mais domine l’infrastructure télécom en Algérie — rendant ces certifications directement employables dans les rôles d’exploitation, de support et d’ingénierie réseau locaux.

En résumé : Envisagez le parcours Huawei-formation professionnelle pour les rôles d’opérations cloud, réseau et cybersécurité — plus rapide et moins coûteux que l’université, avec une forte pertinence locale là où l’infrastructure Huawei est déployée.

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🧭 Radar de Décision

Pertinence pour l’Algérie
Élevée

Élevée — élargit directement les parcours de carrière technologique pour les jeunes non-universitaires grâce à des certifications Huawei soutenues par le gouvernement
Calendrier d’action
Immédiat

Immédiat — première cohorte inscrite en septembre 2025, résultats de certification attendus d’ici 2027-2028
Parties prenantes clés
Étudiants en formation professionnelle
Type de décision
Stratégique

Stratégique — développement de la main-d’œuvre à long terme avec des implications de parcours professionnel pour le chômage des jeunes à 29,7 % en Algérie
Niveau de priorité
Élevé

Niveau de priorité évalué à Élevé en fonction de l’impact et de l’urgence.

En bref : Synthèse express : Les étudiants algériens qui ne peuvent pas accéder aux diplômes d’ingénieur universitaires traditionnels ou qui préfèrent ne pas les poursuivre devraient sérieusement considérer le parcours Huawei-formation professionnelle comme point d’entrée dans la carrière, en particulier pour les rôles d’infrastructure cloud, d’exploitation réseau et de cybersécurité. Les certifications ont un poids significatif dans les secteurs où les équipements Huawei sont déployés, et le diplôme conjoint offre à la fois une reconnaissance nationale et une portabilité internationale à travers l’Afrique et le Moyen-Orient.

Le plus grand accord de formation internationale signé par l’Algérie

Lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Yacine El Mahdi Oualid, le ministère a signé un protocole d’accord avec Huawei en mai 2025, représentant le plus important investissement direct d’une entreprise technologique internationale dans le système de formation professionnelle algérien. La signature a eu lieu à Alger, en présence de l’ambassadeur de Chine Dong Guangli et du PDG de Huawei Algérie, Eason Yi.

L’accord comprend trois protocoles distincts et cible trois institutions spécifiques : l’Institut national spécialisé en TIC de Rahmania (dans la zone technologique de Sidi Abdellah), l’Institut national de formation professionnelle (INSFP) de Bousmail dédié aux TIC et télécommunications, et l’Institut africain de formation professionnelle de Boumerdès. À partir de septembre 2025, ces institutions proposent des programmes de formation aboutissant à un diplôme délivré conjointement par le ministère et Huawei, couvrant le cloud computing, la cybersécurité et l’intelligence artificielle.

Le partenariat inclut également l’intégration d’environ 30 nouvelles spécialités dans les domaines de la technologie numérique dans le système de formation professionnelle. Il ne s’agit pas d’un programme pilote ni d’une lettre d’intention. C’est un engagement structuré visant à intégrer l’écosystème de certification Huawei dans l’infrastructure de formation professionnelle formelle de l’Algérie.

Pour situer le contexte, 8 000 étudiants algériens ont déjà bénéficié des programmes de formation antérieurs de Huawei grâce au partenariat existant entre le ministère de l’Enseignement supérieur et Huawei. Le protocole d’accord sur la formation professionnelle étend cette relation à un système éducatif parallèle destiné à un public différent : les étudiants qui choisissent une formation technique appliquée plutôt que les programmes universitaires traditionnels.

L’architecture de certification de Huawei

Pour comprendre ce que les étudiants de la formation professionnelle algérienne vont apprendre, il est utile de comprendre le cadre de certification à trois niveaux de Huawei.

HCIA (Huawei Certified ICT Associate) est la certification de niveau débutant, conçue pour les individus commençant leur carrière dans les TIC. En cloud computing, la HCIA couvre les fondamentaux de la virtualisation, les modèles de services cloud et les concepts d’architecture d’introduction. En IA, la certification HCIA-AI couvre les algorithmes d’apprentissage automatique et d’apprentissage profond à un niveau fondamental. En cybersécurité, elle couvre les bases de la sécurité réseau, la configuration des pare-feu et les fondamentaux des politiques de sécurité.

HCIP (Huawei Certified ICT Professional) est le niveau intermédiaire, destiné aux ingénieurs et administrateurs qui gèrent des environnements de production. La HCIP en cloud computing couvre les environnements cloud complexes, l’architecture OpenStack et l’orchestration de conteneurs.

HCIE (Huawei Certified ICT Expert) est la certification de niveau supérieur, conçue pour les professionnels expérimentés qui conçoivent, déploient et gèrent des infrastructures cloud à grande échelle. La HCIE comprend à la fois des examens écrits et des examens pratiques en laboratoire.

Les programmes de formation professionnelle de Rahmania, Bousmail et Boumerdès se concentreront probablement sur les certifications de niveau HCIA, avec la possibilité pour les meilleurs étudiants de progresser vers la HCIP. Le modèle de diplôme conjoint signifie que les étudiants obtiennent à la fois un diplôme algérien de formation professionnelle reconnu par le ministère et une certification Huawei reconnue à l’international — notamment dans les marchés où l’infrastructure réseau de Huawei est dominante.

Le bilan : les étudiants algériens dans les compétitions internationales

Un argument en faveur du parcours Huawei est la performance remarquable des étudiants algériens lors des compétitions mondiales de Huawei.

Lors de la finale mondiale de la Huawei ICT Competition 2024-2025 tenue à Shenzhen en mai 2025, les équipes algériennes ont remporté des Grands Prix en Cloud et Computing, un Premier Prix en réseau, une troisième place en Innovation (première participation de l’Algérie à cette catégorie) et un Grand Prix dans la catégorie Enseignement. La compétition a réuni plus de 210 000 étudiants et enseignants de plus de 2 000 établissements dans plus de 100 pays, conférant aux victoires algériennes une portée mondiale. Tous les mentors ayant encadré les équipes gagnantes étaient diplômés d’universités algériennes et formateurs certifiés Huawei ICT Academy.

Il ne s’agit pas d’un résultat isolé. Lors de la finale mondiale 2023-2024, des étudiants algériens ont remporté des Grands Prix avec des équipes issues d’universités telles que Béjaïa, Sidi Bel Abbès, Oran, Alger et Batna. Le président Tebboune a publiquement félicité les lauréats. Et lors de la compétition 2019-2020, l’équipe Algérie a remporté le Grand Prix de la catégorie réseau.

Ces résultats en compétition démontrent que les étudiants algériens peuvent rivaliser au plus haut niveau international lorsqu’ils ont accès aux matériels de formation et aux parcours de certification de Huawei. La question est de savoir si ce succès compétitif se traduit en résultats en matière d’emploi.

Certifications Huawei vs. AWS, Google Cloud et Microsoft Azure

La réponse honnête à la question de savoir si les certifications Huawei ont le même poids que celles d’AWS, Azure ou Google Cloud dépend entièrement du marché et de l’employeur.

En termes de parts de marché mondiales de l’infrastructure cloud fin 2025, AWS détient environ 32 %, Microsoft Azure environ 22 % et Google Cloud environ 11 %. Huawei Cloud détient environ 2 % du marché mondial IaaS/PaaS. Cette part de marché influence directement la demande de certifications : il y a nettement plus d’offres d’emploi dans le monde exigeant des compétences AWS que pour toute autre plateforme cloud.

Toutefois, le panorama mondial est trompeur s’il est appliqué sans nuance au contexte algérien. Plusieurs facteurs rendent les certifications Huawei stratégiquement pertinentes pour les professionnels algériens, d’une manière que les certifications AWS ou Azure ne le sont pas nécessairement.

Premièrement, la présence infrastructurelle de Huawei en Algérie et à travers l’Afrique est considérable. Huawei construit et maintient une part significative de l’infrastructure de télécommunications algérienne. Les entreprises qui déploient, exploitent et maintiennent cette infrastructure ont besoin de professionnels certifiés Huawei. Dans ce contexte, une HCIA ou HCIP en réseau ou cloud est directement applicable à l’emploi chez les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs de services managés et les agences informatiques gouvernementales dans toute l’Algérie et les pays voisins.

Deuxièmement, les certifications Huawei sont administrées via Pearson VUE, la même plateforme de test utilisée par AWS, Microsoft, Cisco et d’autres grands organismes de certification. Cela leur confère un degré de crédibilité de processus que les programmes de certification plus petits ou régionaux n’ont pas.

Troisièmement, fin 2020, Huawei avait certifié plus de 400 000 professionnels dans le monde, avec une concentration particulière en Asie-Pacifique, en Afrique et au Moyen-Orient. Les chiffres plus récents indiquent que le total dépasse désormais le million. Pour les professionnels algériens ciblant des carrières dans des entreprises opérant dans ces régions, une certification Huawei peut être plus pertinente qu’une certification AWS.

Quatrièmement, et c’est peut-être le plus important pour les étudiants de la formation professionnelle : les certifications Huawei sont disponibles et accessibles en Algérie dès maintenant, intégrées dans un programme de formation soutenu par le gouvernement et sans aucun coût pour l’étudiant. Les examens de certification Huawei coûtent généralement environ 200 $ pour la HCIA et 300 $ ou plus pour la HCIP via Pearson VUE. Les étudiants du programme de diplôme conjoint reçoivent la certification dans le cadre de leur qualification professionnelle, éliminant entièrement cette barrière financière.

Cela peut-il créer une alternative à l’ESI et l’ENSIA ?

C’est la question qui importe le plus pour les jeunes Algériens qui choisissent leur parcours éducatif.

L’ESI (École Nationale Supérieure d’Informatique), créée à l’origine en 1969 sous le nom de CERI (Centre d’Études et de Recherche en Informatique), est l’institution d’informatique la plus prestigieuse d’Algérie. Avec un taux d’acceptation d’environ 8 % et un effectif d’environ 1 300 étudiants pour environ 250 places par an, elle produit une petite élite de diplômés en informatique qui commandent le haut de l’échelle salariale locale des développeurs en Algérie.

L’ENSIA (École Nationale Supérieure d’Intelligence Artificielle), ouverte pour l’année universitaire 2021-2022, est l’institution la plus récente et la plus spécialisée d’Algérie, formant spécifiquement des ingénieurs en IA et sciences des données depuis son campus du centre technologique de Sidi Abdellah.

Le parcours Huawei-formation professionnelle n’est pas conçu pour concurrencer directement ces institutions. L’ESI et l’ENSIA produisent des diplômes d’ingénieur de cinq ans avec de larges fondements théoriques en mathématiques, algorithmique, conception de systèmes et méthodologie de recherche. Les programmes de formation professionnelle produiront des techniciens dotés de compétences spécifiques et certifiables dans des domaines technologiques définis.

La comparaison se formule plus justement ainsi : le diplômé de formation professionnelle certifié Huawei dispose-t-il d’un parcours professionnel viable, et comment ce parcours se compare-t-il à la trajectoire du diplômé de l’ESI ou de l’ENSIA ?

L’argument en faveur est pratique. Un étudiant en formation professionnelle qui complète le programme conjoint Huawei-Ministère en deux à trois ans en ressort avec un diplôme professionnel reconnu et une certification HCIA, prêt à travailler comme technicien cloud, administrateur réseau ou analyste en opérations de sécurité. Sur le marché de l’emploi algérien, où 93 % des offres d’emploi pour développeurs exigent un diplôme (d’après une analyse de 48 offres d’emploi sur la plus grande plateforme d’emploi algérienne), la certification Huawei fournit un élément différenciateur qui compense l’absence d’un diplôme universitaire d’ingénieur.

L’argument contre est tout aussi pratique. Sans la profondeur théorique d’un diplôme universitaire, les diplômés de la formation professionnelle peuvent faire face à des plafonds salariaux plus bas et à des possibilités d’avancement limitées vers les rôles d’architecture, de conception et de direction. La certification Huawei valide des compétences techniques spécifiques, mais les employeurs évaluant les candidats pour des postes seniors pondèrent généralement les compétences analytiques et de résolution de problèmes plus larges que les programmes universitaires mettent en avant.

Le juste milieu réaliste est que les deux parcours desservent des segments de marché différents. Le parcours formation professionnelle-Huawei est le plus fort pour les rôles d’exploitation, de support et d’implémentation où la certification démontre une capacité pratique. Le parcours ESI/ENSIA est le plus fort pour les rôles d’ingénierie, de développement et de recherche où la profondeur théorique compte. Une stratégie de carrière intelligente pourrait consister à commencer par le parcours formation professionnelle-Huawei pour entrer rapidement sur le marché du travail, puis à poursuivre des études universitaires à temps partiel ou via des programmes de formation continue.

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Le contexte plus large de la formation professionnelle

Le partenariat avec Huawei arrive à un moment où l’Algérie développe agressivement ses capacités de formation professionnelle. Lors de la rentrée d’octobre 2025, près de 385 000 nouveaux stagiaires et apprentis se sont inscrits dans les institutions de formation professionnelle à travers le pays. 285 000 nouvelles places de formation professionnelle supplémentaires ont été ouvertes à partir de février 2026.

Ces chiffres reflètent une stratégie nationale visant à répondre au chômage des jeunes, qui s’élevait à environ 29,7 % en 2024 selon les données de la Banque mondiale, en fournissant une formation pratique orientée vers l’emploi. L’intégration des certifications TIC de Huawei dans ce système ajoute une dimension technologique internationale que la plupart des programmes de formation professionnelle n’avaient traditionnellement pas.

La Stratégie nationale de transformation numérique (SNTN-2030) de l’Algérie, dévoilée en mai 2025, fournit le cadre politique de cette expansion. La stratégie vise à former 500 000 spécialistes en TIC, à réduire l’émigration des talents technologiques de 40 % et cible une contribution de 20 % du secteur numérique au PIB d’ici 2030.

Le partenariat Huawei en formation professionnelle est une mise en œuvre concrète de cette stratégie plus large. Le ministère du Travail et le ministère de la Formation professionnelle ont également signé des accords pour interconnecter leurs plateformes numériques, harmonisant les données de formation et d’emploi pour mieux orienter les diplômés vers les opportunités d’emploi. Dans le cadre de cette initiative, plus de 516 000 bénéficiaires d’allocations de chômage ont été orientés vers des formations de courte durée, dont 263 000 ont obtenu une certification professionnelle.

Les partenariats universitaires avec Huawei déjà en cours

Le protocole d’accord sur la formation professionnelle n’est pas la première incursion de Huawei dans l’éducation algérienne. Un accord-cadre de partenariat distinct entre le ministère de l’Enseignement supérieur (MESRS) et Huawei, signé le 28 novembre 2023, est opérationnel depuis plus de deux ans. Dans le cadre de cet accord, Huawei a équipé six universités de salles de classe intelligentes de pointe et a développé des programmes de formation complets pour les enseignants et les étudiants.

L’ENSIA elle-même a une coopération formelle Huawei ICT Academy, proposant des programmes de certification Huawei à ses étudiants parallèlement à leur cursus d’ingénierie en IA. L’USTO-MB (Université des Sciences et de la Technologie d’Oran) gère également un programme Huawei ICT Academy, tout comme l’École supérieure nationale des énergies renouvelables de Batna. Selon Huawei, l’entreprise forme plus de 3 000 jeunes Algériens chaque année à travers ces différents programmes liés aux TIC.

L’écosystème Huawei ICT Academy fonctionne à travers Seeds for the Future (un programme phare de responsabilité sociale d’entreprise), la compétition ICT (annuelle, mondiale, reconnue par la Global Skills Academy de l’UNESCO) et le fonds spécial de l’ICT Academy, qui forment collectivement ce que Huawei décrit comme un écosystème de talents.

L’extension à la formation professionnelle signifie que le parcours de certification Huawei couvre désormais l’ensemble du spectre de l’éducation algérienne : des instituts de formation professionnelle (niveau INSFP) aux universités (ESI, ENSIA, USTO et autres) en passant par les programmes d’excellence basés sur les compétitions. Un étudiant peut entrer dans l’écosystème à n’importe quel niveau et progresser à travers les certifications HCIA, HCIP et potentiellement HCIE tout au long de sa carrière.

Ce que les employeurs algériens valorisent réellement

La question pratique pour les diplômés de la formation professionnelle est de savoir si les employeurs algériens reconnaissent les certifications Huawei comme critères d’embauche. La réponse varie selon le secteur.

Dans les télécommunications, où les équipements Huawei sont largement déployés, les certifications ont une valeur opérationnelle directe. Les ingénieurs réseau, techniciens de terrain et personnels des centres d’opérations qui détiennent des certifications HCIA ou HCIP en routage, commutation ou technologies 5G sont immédiatement employables dans les entreprises qui maintiennent l’infrastructure Huawei. Pour ces rôles, la certification peut être plus immédiatement pertinente qu’un diplôme généraliste en informatique.

Sur le marché plus large du développement logiciel, les certifications de tout type jouent un rôle secondaire par rapport à la capacité de codage démontrée et à l’expérience projet. L’enquête State of Software Engineering montre que si 93 % des offres d’emploi exigent un diplôme, l’accent est mis sur le diplôme lui-même plutôt que sur des certifications spécifiques. Une certification cloud Huawei apporte de la valeur au profil d’un développeur mais ne se substitue pas à un diplôme dans les critères d’embauche de la plupart des employeurs.

Dans le segment croissant du travail à distance, les employeurs internationaux tendent à évaluer les candidats sur les compétences, le portfolio et la performance en entretien plutôt que sur des certifications spécifiques. Un développeur avec une certification cloud Huawei travaillant à distance pour une entreprise européenne pourrait constater que la certification n’apporte qu’un bénéfice marginal par rapport à la démonstration de solides compétences en programmation et de capacités de communication en anglais.

Le positionnement le plus valorisant pour une certification Huawei sur le marché algérien se situe probablement à l’intersection de l’infrastructure cloud et de l’informatique d’entreprise locale : les postes au sein des agences gouvernementales, des grandes entreprises privées, des banques et des opérateurs de télécommunications qui déploient une infrastructure cloud et de sécurité et ont besoin de professionnels certifiés pour la gérer.

L’avantage du coût de la certification

Un facteur qui joue fortement en faveur du parcours Huawei-formation professionnelle est le coût. L’enseignement universitaire en Algérie, bien que largement subventionné par l’État, impose encore des coûts indirects significatifs aux étudiants : cinq années de revenus perdus, transport, logement pour les étudiants originaires de l’extérieur d’Alger, manuels et dépenses personnelles. Un étudiant de Batna, Oran ou Constantine qui fréquente l’ESI à Alger fait face à des années de frais de vie dans la ville la plus chère du pays.

Le parcours Huawei-formation professionnelle est à la fois plus court et moins cher. La formation professionnelle en Algérie est gratuite, subventionnée par le gouvernement. La composante certification Huawei, intégrée au programme, ne comporte pas les frais d’examen individuels que les candidats à la certification privée paient habituellement. Les examens de certification HCIA coûtent généralement environ 200 $ via Pearson VUE, et les examens HCIP peuvent coûter 300 $ ou plus par examen. Les étudiants du programme de diplôme conjoint reçoivent la certification dans le cadre de leur qualification professionnelle, éliminant entièrement cette barrière financière.

Pour un jeune Algérien issu d’un milieu modeste qui a besoin d’entrer rapidement sur le marché du travail, la différence entre un programme de formation professionnelle de deux à trois ans qui délivre une certification immédiatement employable et un programme universitaire de cinq ans qui offre des fondements théoriques plus solides mais des revenus différés n’est pas simplement une distinction académique. C’est une décision économique matérielle qui affecte les finances de leur famille, leur propre indépendance financière et leur capacité à commencer à construire une carrière.

Le risque, bien sûr, est que le parcours plus court mène à un plafond de carrière plus bas. Mais dans un marché où les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs de services managés, les départements informatiques gouvernementaux et les clients entreprises ont tous besoin de techniciens réseau et cloud certifiés, les perspectives d’emploi immédiates pour les diplômés de formation professionnelle certifiés HCIA sont solides.

Le calcul stratégique

La décision de l’Algérie d’intégrer les certifications Huawei dans son système de formation professionnelle est un pari stratégique sur plusieurs fronts.

Ce pari mise sur le fait que les rôles en cloud computing, cybersécurité et opérations d’IA connaîtront une croissance significative dans l’économie algérienne au cours des cinq à dix prochaines années, portés par l’objectif de la stratégie Digital 2030 d’une contribution de 20 % du secteur numérique au PIB.

Ce pari mise sur le fait que la présence mondiale de Huawei, en particulier en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, créera des opportunités d’emploi pour les diplômés algériens au-delà des frontières de l’Algérie. Pour les diplômés de la formation professionnelle qui ne peuvent pas accéder facilement aux marchés de l’emploi européens ou nord-américains, l’empreinte de Huawei offre une géographie alternative d’opportunités de carrière.

Ce pari mise sur le fait que le modèle de diplôme conjoint, combinant un diplôme professionnel gouvernemental avec une certification industrielle, produit des diplômés plus employables que ne le ferait l’un ou l’autre des deux titres seul.

Et ce pari mise sur le fait que lancer ce pipeline maintenant, avec la première cohorte inscrite en septembre 2025, produira des diplômés certifiés d’ici 2027 ou 2028, coïncidant avec la maturation attendue des investissements de transformation numérique de l’Algérie.

Que ces paris soient payants dépend de l’exécution : la qualité des programmes, la compétence des instructeurs, la disponibilité des équipements de laboratoire et la volonté des employeurs algériens d’embaucher des diplômés de la formation professionnelle pour des rôles traditionnellement réservés aux détenteurs de diplômes universitaires. Les fondations ont été posées. Les résultats prendront des années à mesurer.

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Questions Fréquemment Posées

Quelles certifications les étudiants algériens en formation professionnelle obtiennent-ils grâce au partenariat Huawei ICT Academy, et sont-elles gratuites ?

Les étudiants des trois instituts désignés (Rahmania, Bousmail et Boumerdes) peuvent obtenir les certifications HCIA (Associate) et HCIP (Professional) en cloud computing, cybersécurité et intelligence artificielle. Ces certifications sont fournies gratuitement aux étudiants dans le cadre du protocole d’accord signé en mai 2025 entre le Ministère de la Formation Professionnelle et Huawei, et aboutissent à un diplôme conjoint délivré par le Ministère et Huawei.

Combien d’étudiants algériens ont déjà été formés par Huawei, et quels résultats ont-ils obtenus dans les compétitions mondiales ?

Environ 8 000 étudiants algériens ont déjà bénéficié des programmes de formation Huawei antérieurs via le partenariat avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Lors des compétitions mondiales Huawei ICT Competition, les équipes algériennes ont remporté des Grand Prix, démontrant la qualité du talent technique algérien sur la scène internationale.

Pourquoi les certifications Huawei sont-elles particulièrement employables en Algérie malgré une part de marché cloud mondial de seulement ~2 % ?

Bien que Huawei ne détienne qu’environ 2 % du marché cloud mondial contre 32 % pour AWS, Huawei domine l’infrastructure télécom de l’Algérie. Les opérateurs comme Mobilis, Djezzy et Ooredoo s’appuient sur les équipements Huawei, ce qui rend les certifications HCIA/HCIP directement pertinentes pour les postes locaux en exploitation réseau, ingénierie et support. Ces certifications sont également transférables à travers l’Afrique et le Moyen-Orient où l’infrastructure Huawei est largement déployée.

Sources et lectures complémentaires